
Dimanche, 24 mai 2026-À l’issue d’un atelier organisé les 21 et 22 mai 2026 à Beni, une soixantaine de femmes leaders venues de Beni, Butembo et Lubero, au Nord-Kivu, ont réaffirmé leur engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la lutte contre la désinformation dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Cette rencontre a été initiée par la MONUSCO, à travers sa Section des Affaires civiles, en collaboration avec le Bureau d’études et d’accompagnement des relations internationales en RDC (BEARIC) ainsi que les autorités provinciales.
Renforcer le rôle des femmes dans les processus de paix
L’atelier a réuni des femmes leaders communautaires, des représentantes de la société civile, des déplacées de guerre, des femmes vivant avec handicap, des représentantes de partis politiques, des organisations religieuses ainsi que des structures de jeunesse.
Durant deux jours, les participantes ont pris part à plusieurs sessions consacrées aux processus de paix en cours en RDC, notamment ceux de Washington, Doha, Luanda et Nairobi. Elles ont également été formées aux techniques de plaidoyer et sensibilisées aux résolutions 1325 et 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, portant sur la participation des femmes aux processus de paix et la protection des civils.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les femmes dans les efforts de stabilisation.
Pour Jean-Paul Lusenge, les femmes ne doivent plus être considérées comme de simples observatrices.
« Nous avons pensé remonter le moral des femmes sur les enjeux de l’heure, notamment les accords de Washington et de Doha, et ne pas faire d’elles de simples spectatrices, mais des actrices parce que leur place est sur la table. Nous avons également travaillé sur le leadership, la résolution des conflits et les techniques de plaidoyer. Il était important de partager le contenu des accords en cours afin d’éviter la désinformation et les manipulations qui peuvent pousser certains jeunes vers les groupes armés. »
Une implication indispensable dans la prévention des conflits
De son côté, Julienne Masika a plaidé pour une participation active des femmes dans les mécanismes de prévention et de résolution des conflits.
« Il faut que les femmes participent à la prévention des conflits et surtout dans les violences engendrées par les conflits. Pas seulement les violences basées sur le genre, car il y a plusieurs sortes de violences. Les femmes doivent être capables d’influencer et de changer des décisions, vu que la résolution 1325 nous donne le pouvoir de participer à des négociations de paix à tous les niveaux. »
Des engagements concrets au niveau communautaire
Au terme des échanges, les participantes ont pris plusieurs engagements pour renforcer la cohésion sociale et combattre les fausses informations dans leurs communautés respectives.
Selon Guilaine Kavira Mwangaza, cette formation a permis aux femmes de mieux comprendre les enjeux actuels et de renforcer leurs capacités en matière de plaidoyer.
« Nous sommes engagées à sensibiliser toutes les femmes afin de contribuer à la cohésion sociale et lutter contre la désinformation. Cette formation nous a permis de mieux comprendre plusieurs enjeux et de corriger certaines perceptions erronées. Concernant la résolution 1325, nous allons encourager les femmes à s’impliquer davantage pour sa mise en œuvre effective. »
À travers cette initiative, la MONUSCO réaffirme son engagement à soutenir la participation des femmes dans les processus de paix et la stabilisation durable du Nord-Kivu.
Les organisateurs estiment que la sensibilisation communautaire, le plaidoyer et la lutte contre la désinformation constituent des leviers essentiels pour renforcer la protection des civils et prévenir l’enrôlement des jeunes dans les groupes armés.
Trésor Kamavu, Martial Mukeba wa Mukeba et Jean Tobie Okala



