Samedi, 27 juin 2026-Le Regroupement des déclarants consciencieux (REDECO/Asbl) accuse la Division provinciale de l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP) du Kongo Central d’imposer une procédure administrative parallèle qui, selon lui, perturbe le fonctionnement du Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUICE).
D’après cette organisation de commissionnaires en douane, les autorisations d’importation des produits pharmaceutiques, pourtant délivrées de manière dématérialisée via la Société d’exploitation du Guichet unique du commerce extérieur (SEGUCE), seraient systématiquement soumises à une nouvelle étape d’authentification manuelle sur support papier auprès de la division provinciale de l’ACOREP à Matadi.
Le REDECO estime que cette exigence est contraire aux réformes engagées par le gouvernement en matière de facilitation des échanges commerciaux, notamment celles consacrées par le décret du 14 octobre 2015 instituant le Guichet unique intégral du commerce extérieur ainsi que par les notes circulaires interministérielles de 2025 relatives à la transmission électronique obligatoire des documents commerciaux.
L’organisation met directement en cause le chef de division provinciale de l’ACOREP, le Dr Phanzu Luvunu Ariel. Elle lui reproche d’avoir instauré cette procédure supplémentaire et de créer un climat d’insécurité juridique pour les opérateurs économiques de la province.
Le différend a pris une tournure judiciaire après l’arrestation d’un commissionnaire en douane, Assana Mboma, surnommé « Le Petit ». Selon le REDECO, celui-ci a été interpellé après avoir présenté une autorisation d’importation que le responsable provincial de l’ACOREP soupçonnait d’être falsifiée. L’organisation affirme toutefois que le document était authentique et régulièrement obtenu auprès des services compétents.
Toujours selon le REDECO, le déclarant aurait été placé en garde à vue pendant plusieurs jours avant d’être transféré au parquet puis à la prison centrale du Camp Molayi à Matadi, où il demeurerait détenu. Le regroupement estime que cette arrestation est injustifiée et affirme avoir entrepris plusieurs démarches pour obtenir sa libération.
Le REDECO indique également que plusieurs organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que certains opérateurs économiques du Kongo Central dénoncent cette situation, qu’ils considèrent comme une atteinte aux droits du déclarant et susceptible de fragiliser la confiance des investisseurs dans les réformes engagées par l’État.
Face à cette affaire, le regroupement appelle le ministre du Commerce extérieur à intervenir afin de vérifier la conformité de la procédure actuellement appliquée par l’ACOREP au Kongo Central, de rappeler les règles relatives aux documents dématérialisés du Guichet unique, d’examiner avec le ministère de la Santé les circonstances de l’arrestation du déclarant et de veiller à l’application uniforme des réformes sur l’ensemble du territoire national.
À l’heure de la publication, la version du Dr Phanzu Luvunu Ariel et celle de l’ACOREP n’ont pas été obtenues. Elles pourront être publiées dès qu’elles seront disponibles, conformément au principe du contradictoire.
Dieudonné MUAKA DIMBI


