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RDC : « Nous souhaitons que cette marche puisse effectivement se tenir » : Steve Mbikayi appelle l’opposition à modifier son point de chute pour éviter une interdiction !

Lundi, 13 juillet 2026-Le député national et président du Parti Travailliste, Steve Mbikayi Mabuluki, estime que la marche pacifique projetée par l’opposition le 22 juillet doit pouvoir se tenir. Toutefois, dans sa carte blanche n°296, il met en garde contre le choix du Palais de la Nation comme destination finale, estimant qu’un tel itinéraire pourrait fournir aux autorités des motifs d’interdire la manifestation. Il invite ainsi les organisateurs à revoir leur point de chute afin de préserver leur droit constitutionnel de manifester.

Dans son analyse, Steve Mbikayi revient d’abord sur l’évolution de l’opposition depuis l’accession du président Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. Selon lui, pendant plusieurs années, celle-ci a pratiquement disparu du paysage politique, au point d’être devenue « quasi inexistante ». Il rappelle d’ailleurs avoir lui-même, à plusieurs reprises, exhorté les forces de l’opposition à sortir de leur « profond sommeil » afin de jouer pleinement leur rôle dans le débat démocratique.

Pour l’élu national, les récentes actions initiées par l’opposition, notamment les journées ville morte, les sit-in ainsi que l’annonce d’une marche pacifique, n’ont certes pas connu une forte adhésion populaire. Elles ont néanmoins permis, selon lui, de replacer l’opposition au centre de l’actualité politique, grâce à une importante couverture médiatique tant au niveau national qu’international.

« Nous reconnaissons à l’opposition une réelle capacité à transformer des échecs politiques en victoires de communication », affirme-t-il, soulignant que ces initiatives ont été largement relayées par plusieurs médias internationaux ainsi que dans certaines chancelleries occidentales.

Contrairement à certaines voix qui réclament déjà son interdiction, Steve Mbikayi affirme clairement qu’il souhaite voir cette manifestation se dérouler.

À ses yeux, la démocratie impose que chaque courant politique puisse démontrer sa capacité de mobilisation devant l’opinion publique. Il considère qu’après cette marche, la majorité présidentielle pourra, elle aussi, organiser une manifestation de soutien au président de la République afin que les Congolais puissent apprécier, en toute liberté, le poids réel de chaque camp.

« Nous souhaitons que cette marche puisse effectivement se tenir, dans le strict respect de la loi. Elle offrira l’occasion de mesurer objectivement la capacité de mobilisation de l’opposition », écrit-il.

Le Palais de la Nation, un choix qui risque de compromettre la marche

L’ancien ministre concentre cependant ses réserves sur le choix du Palais de la Nation comme point de chute.

Il relève que l’Hôtel de Ville de Kinshasa s’est montré disposé à encadrer la manifestation. Pourtant, les organisateurs maintiennent leur volonté de marcher jusqu’au Palais de la Nation avec l’objectif affiché de réclamer le départ du Chef de l’État.

Steve Mbikayi évoque, à cet égard, une « violation présumée » de l’alinéa 2 de l’article 64 de la Constitution. Il prend toutefois le soin de préciser qu’il ne lui appartient pas de qualifier juridiquement les faits, cette prérogative revenant exclusivement aux juridictions compétentes.

Selon lui, au-delà de l’aspect juridique, le Palais de la Nation constitue un site hautement sensible dont la protection relève des impératifs de sécurité de l’État. C’est pourquoi il estime que maintenir cette destination expose inévitablement les organisateurs au risque de voir leur marche interdite par les autorités compétentes.

Steve Mbikayi recommande ainsi aux organisateurs de revoir leur itinéraire.

À son avis, un changement du point de chute permettrait non seulement de garantir l’exercice du droit de manifester, mais également de respecter les exigences liées à la protection des institutions de la République.

À défaut, estime-t-il, l’opinion pourrait conclure que les organisateurs créent eux-mêmes les conditions d’une interdiction, faute de pouvoir démontrer une forte capacité de mobilisation. Il va même plus loin en suggérant que certains pourraient y voir une stratégie visant à provoquer des incidents destinés à être exploités auprès de la communauté internationale.

S’adressant enfin à la majorité présidentielle, Steve Mbikayi appelle à la retenue et à la maturité politique.

Selon lui, tenter d’empêcher cette marche reviendrait à tomber dans le piège de l’opposition. Il préconise plutôt de laisser la manifestation se tenir dans le respect de la loi, avant que la majorité n’organise, à son tour, une marche de soutien au président Félix Tshisekedi et aux institutions de la République.

« Quant à nous, sûrs de notre légitimité démocratique, nous devons faire preuve de sérénité, de responsabilité et de maturité. Nous n’avons pas vocation à empêcher, politiquement, nos adversaires de s’exprimer, mais à répondre, le moment venu, par les mêmes voies démocratiques », conclut-il, estimant que c’est à cette condition que la démocratie congolaise en sortira renforcée.

ITK

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