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Au Nord-Kivu, les acteurs de Lubero s’unissent contre la désinformation pour mieux protéger les civils

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Vendredi, 12 décembre 2025-La Section des Affaires civiles de la MONUSCO a organisé ce jeudi 11 décembre 2025 à Beni-ville une session de mobilisation communautaire axée sur la protection des civils, le renforcement de la confiance et la lutte contre la désinformation et les discours de haine. Cette rencontre a réuni dix-neuf acteurs étatiques et non étatiques du Secteur de Bapere et de la chefferie de Baswagha, dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu : des localités affectées par des attaques meurtrières des ADF.

Parmi les participants figuraient le vice-gouverneur du Nord-Kivu, l’administrateur du territoire de Lubero, des représentants de l’opération des FARDC contre les ADF Sokola 1, la Police nationale congolaise, des chefs traditionnels, membres de la société civile de Beni, Butembo et de Lubero, des associations féminines, mais également la Force de la Monusco, ainsi que les Sections substantives de la Monusco travaillant dans le domaine de la protection des civils.

L’objectif est de renforcer la collaboration entre les parties prenantes pour faire face aux menaces sécuritaires et aux effets dévastateurs de la désinformation dans cette partie du territoire de Lubero.

Abdourahamane Ganda, chef du sous-bureau de la MONUSCO à Beni, a rappelé que les attaques des ADF depuis juin 2024 ont causé des pertes humaines, des déplacements massifs et des destructions dans le Bapere et la chefferie de Baswagha.

Il a rappelé que le déploiement de la Monusco à Mangurejipa (chef-lieu du Secteur de Bapere) dès le début des évènements a été empêché dans les environs de Butembo par des actes de violences et de désinformation.

« Après le déclenchement des massacres [de civils par les ADF dans le Secteur de Bapere] en 2023, nous avons essayé d’envoyer des troupes pour les contrer ; nos troupes ont fait face à une résistance farouche [d’une partie de la population], à la suite de la désinformation. Certains ont dit que nous sommes en train d’y aller pour apporter du soutien aux ADF.

D’autres ont dit que nous y allions pour créer des conditions de déploiement et de l’avancée des M23. Et au fur et à mesure que nos troupes avançaient, on coupait des troncs d’arbres qu’on plaçait derrières elles, pour les empêcher de faire demi-tour… On n’a pas pu aller protéger la population, et les massacres ont continué… », a rappelé Abdourahamane Ganda.

D’où son exhortation aux leaders locaux à sensibiliser leurs communautés au mandat de la MONUSCO et à organiser des sessions de restitution pour permettre à la Monusco d’accomplir son mandat de protection des civils, sans entrave.

Le vice-gouverneur du Nord-Kivu a, pour sa part, insisté sur la double menace des ADF et du M23, aggravée par la propagation de fausses informations. Il a appelé à une cohésion sociale renforcée et à une mobilisation communautaire accrue pour la protection des civils. Il a également souligné l’importance de la mutualisation des forces FARDC-UPDF-MONUSCO et au soutien des communautés locales.

Nécessaire implication des leaders communautaires

Les échanges ont mis en lumière l’impact destructeur des rumeurs et discours de haine, qui ont déjà provoqué des violences meurtrières, notamment à Butembo en 2022 et en 2024.

Ces incidents ont entravé le déploiement de la MONUSCO dans des zones critiques comme Manguredjipa, laissant des populations vulnérables face aux attaques des ADF.

« La désinformation déstabilise nos communautés ; elle impacte négativement nos populations. Nous devons sensibiliser nos communautés. En tant que leader communautaire, une fois rentrée chez nous, nous allons réunir la population, notre communauté, pour lui montrer les conséquences liées à la désinformation », a déclaré Aminata Tida Warangasi, coordonnatrice des associations féminines du Secteur de Bapere.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations : intensifier la sensibilisation au rôle de la MONUSCO dans la protection des civils ; renforcer la coordination et la vérification des alertes sécuritaires ; lutter contre la désinformation via les radios locales et des campagnes de sensibilisation communautaires ; doter les leaders communautaires de moyens accrus de communication ; encourager la dénonciation et mettre fin à toute collaboration de certains locaux avec les ADF en promouvant des initiatives professionnelles pour les jeunes.

Les participants ont aussi souhaité voir se renforcer la coopération civilo-militaire, et recommandé le refus d’entraver la circulation des troupes de la MONUSCO et d’autres forces de sécurité, dont le seul but est la protection des civils,

Cette initiative marque une étape importante vers une meilleure synergie entre les acteurs locaux et internationaux pour restaurer la sécurité et la confiance dans le territoire de Lubero. Reste maintenant à passer des paroles aux actes !

Tresor KAMAVU et jean -TOBIE OKALA

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