Lundi, 20 juillet 2026-Le report de la marche pacifique que la coalition C64 prévoyait d’organiser le 22 juillet devant le Palais de la Nation continue de provoquer des remous dans les rangs de l’opposition congolaise. À peine cette décision annoncée, plusieurs voix se sont élevées pour remettre en cause la cohésion de la plateforme et appeler à une profonde recomposition des forces opposées au pouvoir du président Félix Tshisekedi.
Parmi les premières réactions figure celle de Laurent Onyemba, cadre du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il estime que la C64 a atteint ses limites et appelle ouvertement à sa dissolution.
« Il est temps de dissoudre la C64. Plusieurs agendas ne peuvent se concilier. Je vais présenter mon schéma au sein de notre parti Ensemble. La dynamique ne sera plus jamais la même. Nous demandons au peuple de se désolidariser de la coalition C64 », a-t-il déclaré.
Cette prise de position traduit le malaise qui s’installe après la décision de reporter la manifestation, alors que plusieurs militants espéraient maintenir la pression sur les autorités.
Dans le même temps, l’opposant Seth Kikuni a également pris ses distances avec la coalition. Il affirme que seule la plateforme « Sauvons la RDC » représente aujourd’hui une opposition non armée capable d’incarner l’alternative politique.
« Il n’y a qu’une seule opposition non armée en RDC : Sauvons la RDC. C’est à cause de cela qu’elle compte le plus grand nombre de prisonniers et d’exilés politiques. Même leurs passeports confisqués ne sont jamais restitués. C’est Sauvons la RDC qui mettra fin à la tyrannie de Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Ces déclarations mettent en lumière des divergences stratégiques qui existaient déjà entre plusieurs composantes de l’opposition. Si certains responsables privilégient désormais le dialogue politique annoncé sous la facilitation de la CENCO et de l’ECC, d’autres considèrent que le maintien de la pression populaire demeure le seul moyen d’obtenir des changements politiques.
Le report de la marche, présenté par les cinq principaux leaders de la C64 comme un geste destiné à donner une chance aux initiatives de dialogue, semble ainsi avoir ouvert un débat plus profond sur l’avenir de la coalition. Au-delà de la manifestation elle-même, c’est désormais la capacité de l’opposition à préserver son unité qui est questionnée.
Pour le pouvoir, ces divergences pourraient constituer un avantage dans un contexte marqué par des discussions sur un éventuel dialogue national. Pour l’opposition, en revanche, le risque est de voir les divisions internes affaiblir sa capacité de mobilisation et brouiller son message auprès de l’opinion publique.
Reste à savoir si les principaux leaders de la C64 parviendront à resserrer les rangs dans les prochains jours ou si les critiques formulées par certains acteurs annonceront une reconfiguration durable du paysage politique de l’opposition congolaise.
ITK


