
Lundi, 14 juillet 2025 — Godé Mpoy Kadima, député national et ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, s’est une nouvelle fois illustré par une sortie médiatique pour le moins violente. Après la démolition de sa résidence par les services compétents de la ville de Kinshasa dans le cadre d’une opération officielle de déguerpissement des constructions anarchiques, l’élu a lancé une tirade d’injures, d’insultes et de menaces à l’endroit des institutions notamment la Cour des Comptes et des autorités congolaises.
Devant les caméras de Télé 50 et dans des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, Godé Mpoy a notamment qualifié les dirigeants de « criminels », « inconscients » et « dictateurs », dénonçant ce qu’il a présenté comme une injustice personnelle. Il a ensuite appelé la population à « ne plus se laisser faire », à « résister », insinuant même une confrontation directe avec les forces de l’ordre et les autorités locales, ce qui relève clairement de l’incitation à la révolte, voire de l’apologie de la rébellion.
Ces propos ont été massivement diffusés sur les réseaux sociaux, dans un contexte politique et sécuritaire déjà sensible.
Au regard de la gravité des déclarations tenues par cet élu, nombreux sont ceux qui s’interrogent : jusqu’à quand laissera-t-on Godé Mpoy insulter la République sans conséquence ?
Des voix se lèvent pour appeler le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, à se saisir d’office de ce dossier. D’autant plus que la jurisprudence récente en République démocratique du Congo démontre que l’outrage à une institution, la menace publique et l’incitation à la haine sont des délits punissables.
Une opération légale, vitale et nécessaire
Il convient de rappeler que la démolition intervenue à Kinshasa ne relevait ni d’un abus ni d’un acharnement politique. Il s’agissait d’une opération de salubrité et de sécurité publique, menée dans le cadre d’un programme de déguerpissement des zones jugées dangereuses pour la vie humaine, souvent bâties sur des sites à risque, en violation flagrante des normes d’urbanisme.
En autorisant cette opération, le Gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a agi dans le strict respect des textes en vigueur, avec pour seul objectif de préserver des vies humaines, notamment à l’approche de la saison des pluies. L’autorité urbaine a rappelé que toutes les personnes concernées avaient été prévenues, et que des solutions d’accompagnement étaient envisagées pour les cas les plus urgents.
Un habitué des provocations
Ce n’est pas la première fois que Godé Mpoy adopte une posture provocatrice et populiste. Sa présidence à l’Assemblée provinciale avait déjà été marquée par des sorties incendiaires, souvent à la limite de l’irrespect républicain. Mais cette fois, le seuil de la tolérance démocratique semble franchi, car il ne s’agit plus d’une opinion, mais bien d’une série d’attaques frontales contre les institutions de la République.
Dans un État de droit, nul n’est au-dessus de la loi, même lorsqu’on est élu du peuple. Laisser passer de tels comportements sans réaction judiciaire constituerait un dangereux précédent, voire une capitulation de l’État devant l’anarchie verbale et l’intimidation politique.
Jusqu’à nouvel ordre, aucune arrestation n’a été confirmée. Mais les faits sont publics, les vidéos circulent encore, et les mots sont gravés. La balle est désormais dans le camp du parquet.
La justice doit dire le droit — pour rappeler qu’on peut être opposant sans être insultant, et qu’on peut contester une décision publique sans appeler à la révolte ni menacer l’État.
ITK



