Dimanche, 4 octobre 2026-En visite à Brazzaville ce samedi 3 octobre 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a exprimé ses « profonds regrets » à la population de la République du Congo à la suite des récents incidents survenus entre les deux rives. Le chef de l’État congolais a appelé à l’apaisement et annoncé son intention de rencontrer les victimes afin de définir les modalités de leur indemnisation par la RDC.
Reçu par son homologue de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, Félix Tshisekedi a placé sa visite sous le signe de l’apaisement, du dialogue et de la préservation des relations fraternelles entre les deux pays.
Au centre de cette rencontre : l’incident survenu à Makotipoko, une localité de la République du Congo située non loin de Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe, dans l’ouest de la République démocratique du Congo. L’incident, impliquant des éléments des forces armées des deux pays, a provoqué des tensions et suscité de nombreuses réactions des deux côtés du fleuve Congo.
« Nous sommes un même peuple »
Face à cette situation, Félix Tshisekedi a tenu à rappeler la proximité historique, culturelle et humaine entre les populations de Kinshasa et de Brazzaville.
« Nous sommes un même peuple, nous avons la même culture. Nous sommes appelés à vivre ensemble », a déclaré le président de la RDC, appelant les deux parties à privilégier le dialogue et la coopération.
Le chef de l’État congolais a indiqué être venu à Brazzaville « surtout » pour contribuer à apaiser les esprits et éviter que les récents événements ne fragilisent davantage les relations entre les deux pays.
« J’ai emmené dans ma suite les ministres de l’Intérieur et de la Défense pour qu’ils voient ensemble comment éviter à l’avenir ce genre de dérapages », a-t-il expliqué.
Les responsables sécuritaires des deux pays sont ainsi appelés à travailler ensemble afin d’identifier les causes de l’incident et de mettre en place des mécanismes permettant d’empêcher la répétition de tels événements.
Des « réflexes barbares » dénoncés
Félix Tshisekedi a également dénoncé ce qu’il qualifie de « réflexes barbares » d’une autre époque, estimant que les tensions entre deux peuples aussi proches ne devraient pas dégénérer en affrontements.
Les deux pays partagent plus de 2 400 kilomètres de frontières fluviales et terrestres, ainsi que des liens sociaux, familiaux, économiques et culturels particulièrement importants.
Pour le président congolais, cette proximité constitue une raison supplémentaire de renforcer les mécanismes de dialogue et de coopération plutôt que de laisser les incidents locaux dégénérer en crise diplomatique.
Il a notamment évoqué la nécessité de préserver une relation de confiance entre Kinshasa et Brazzaville, alors que la République du Congo entend poursuivre son ouverture vers le reste du continent africain.
Félix Tshisekedi promet l’indemnisation des victimes
Au-delà des appels à l’apaisement, le président de la RDC a annoncé une démarche concrète en faveur des victimes.
Une fois le rapport des délégations des deux pays finalisé, Félix Tshisekedi prévoit de rencontrer personnellement les personnes touchées par les incidents afin d’évaluer les préjudices et de déterminer les modalités de leur indemnisation.
Le chef de l’État a clairement affirmé que cette réparation relevait du devoir de la RDC à l’égard des victimes.
Cette annonce constitue l’un des principaux résultats de la visite présidentielle à Brazzaville et traduit la volonté de Kinshasa de désamorcer les tensions par des mesures concrètes.
Renforcer la coopération entre les deux Congo
La rencontre entre Félix Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso a également permis aux deux dirigeants de réaffirmer leur attachement aux relations fraternelles et de bon voisinage qui unissent la République démocratique du Congo et la République du Congo.
Les deux présidents ont insisté sur la nécessité de préserver les liens entre les populations des deux rives et de privilégier le règlement pacifique des différends.
La coopération entre les services de sécurité des deux pays devrait notamment être renforcée afin de prévenir de nouveaux incidents le long de la frontière commune.
Au-delà de la situation entre les deux rives du fleuve Congo, Félix Tshisekedi et Denis Sassou Nguesso ont également évoqué la situation sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Les deux chefs d’État ont appelé au respect strict des Accords de Washington, réaffirmant ainsi leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans la région.
Cette question demeure particulièrement importante pour Kinshasa, qui cherche à consolider les efforts diplomatiques visant à mettre fin aux violences et à améliorer la situation humanitaire dans les zones affectées par les conflits.
Préserver l’unité entre les deux peuples
À travers cette visite, Félix Tshisekedi entend donc tourner la page des tensions récentes et réaffirmer la volonté de Kinshasa de maintenir des relations apaisées avec Brazzaville.
Son message est clair : les incidents ne doivent pas remettre en cause les liens historiques qui unissent les deux Congo.
En promettant de rencontrer les victimes et d’œuvrer à leur indemnisation, tout en mobilisant les responsables de la Défense et de l’Intérieur des deux pays pour prévenir de nouveaux dérapages, le président congolais mise sur le dialogue et la responsabilité pour restaurer la confiance.
Entre Kinshasa et Brazzaville, l’heure est désormais à l’apaisement, à la réparation et au renforcement de la coopération.
ITK


