
Dimanche, 4 mai 2025-Le jeu de ping-pong entre le président de l’ AN et celui de la CC fait jaboter . Le comportement de certains ministres ne cesse d’ outrer les esprits circonspects. Les réseaux sociaux sont devenus une maison de cirque où chacun vient faire la jongle à la recherche du buzz. Les lettres et autres communiqués officiels y sont publiés au quotidien.
Sans résultats palpables, les décisions et autres mesures annoncées avec fracas ne vivent que comme vivent les roses , l’espace d’un matin , ne laissant aucun impact. Nous demandons au Chef de l’ État, garant du bon fonctionnement des institutions d’agir.
Le pays fait déjà face à beaucoup de problèmes sécuritaires. Au nom du vedettariat, certaines autorités et membres du gouvernement ne doivent pas lui en rajouter d’autres.
Pourquoi les fonctions d’État doivent-elles glisser de leur hauteur naturelle pour s’engluer dans les afféteries du spectacle ? La RDC traverse aujourd’hui une de ces séquences où la théâtralisation de l’action publique menace de supplanter le sérieux de la gouvernance.
Depuis plusieurs mois ,une dérive aussi subtile qu’ostentatoire s’est installée : celle des Chefs des corps et ministres qui, au lieu de s’enraciner dans la rigueur de leurs charges, s’adonnent avec une ferveur suspecte à la mise en scène de soi et au culte du superficiel à la recherche du sensationnel.
Cette interpellation affranchie de toute allégeance partisane et fidèle à la rigueur intellectuelle que commande l’intérêt supérieur de la nation, s’inscrit comme un appel au ressaisissement.
Car le Congo mérite mieux que l’amateurisme déguisé en vedettariat par ceux qui comptent impressionner par le superficiel que par la profondeur ; Créant plus des problèmes supplémentaires à la République que des solutions.
L’observateur averti ne saurait feindre d’ignorer ce que la rumeur publique chuchote sous cape. Des échanges épistolaires médiatisés en lieu et place d’une concertation entre responsables , des interventions approximatives dans les réseaux sociaux, des gestes ostentatoires : voilà l’arsenal que certaines autorités privilégient, abandonnant l’exigence de résultats tangibles sur le terrain au profit d’ une propagande excessive des faits et gestes qui relèvent d’un fonctionnement normal d’un État.
Cette posture n’est pas anodine. Elle procède d’une stratégie où l’agitation remplace l’action, où l’esbroufe supplée à l’efficacité. Les fonctions publiques éminentes par essence, sont alors réduites à de simples tremplins pour ambitions personnelles, sur fond de calculs électoraux précoces et d’auto-promotion maladroite.
Cette logique transforme l’espace public en une scène où l’on rivalise de buzz au mépris des véritables priorités nationales. Les nobles charges d’ État sont finalement confondues avec le noble métier qui fait rire pour détendre les esprits; Qui crée des problèmes ingérables au pouvoir en place que des solutions pour la bonne marche de l’ État.
Dans une société où le paraître a pris le pas sur l’être, il est à craindre que ces acteurs du spectacle politique ne séduisent des esprits peu aguerris, enclins à confondre agitation et efficacité. La popularité éphémère ainsi acquise devient alors, non le reflet d’un mérite, mais l’indicateur d’une faillite collective du discernement.
Plus grave ,cette dérive sape les fondements mêmes de l’autorité publique. Elle galvaude la charge publique, l’abaissant au rang de l’ambition personnelle, loin des impératifs de service public et de rationalité administrative.
Il est temps de rompre le silence complaisant qui, par crainte de froisser les susceptibilités partisanes, laisse prospérer ce mal pernicieux, crée des conflits sans issus et des rancœurs difficiles à gérer par la suite.
Il est temps de se réveiller et de ne pas se laisser influencer par ceux qui, à la place de l’efficacité choisissent du buzz en quête de l’intérêt personnel.
MBIKAYI MABULUKI Steve
Député National



