
Mardi 4 novembre 2025-Le député national Flory Mapamboli, membre de la commission Économique et Financière (Ecofin) de l’Assemblée nationale, a pris position dans le débat sur l’appréciation du franc congolais, exprimant son plein soutien au Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), Malangu Kabedi Mbuyi Wameso, et dénonçant les « théories populistes » de certains membres du gouvernement et observateurs économiques.
Présent lors de la récente séance de travail entre la Commission Ecofin et le Gouverneur de la BCC, le député Mapamboli a livré une lecture détaillée de la situation monétaire actuelle, qu’il estime souvent mal interprétée dans l’espace public.
« Les théories développées ces derniers jours sont de nature à désorienter l’opinion et à ternir l’image de l’institut d’émission », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’appréciation du franc congolais observée ces derniers mois ne résulte pas d’une intervention artificielle de la BCC, mais corrige simplement une dépréciation injuste enregistrée en 2023 à la suite d’une mauvaise estimation du montant de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises.
« La BCC n’a pas fait apprécier la monnaie, elle a corrigé une dépréciation injuste », insiste-t-il.
Baisse des recettes : une conséquence logique mais gérable…
Le député National reconnaît que cette appréciation entraîne mécaniquement une baisse des recettes publiques, notamment celles libellées en devises, mais il souligne que plusieurs mesures compensatoires sont à la portée du gouvernement.
Parmi elles : la suppression des allègements fiscaux sur une dizaine de produits de première nécessité, la reprise des exportations du cobalt, dont le prix de la tonne avoisine actuellement 50 000 USDet la poursuite des réformes fiscales (facture normalisée, taxation des jeux d’argent, etc.).
Vers une réduction des dépenses en devises
Parallèlement, Flory Mapamboli estime que les dépenses publiques en devises devraient aussi diminuer, notamment celles liées au service de la dette extérieure et aux dépenses sécuritaires exceptionnelles, représentant près de 32 % des recettes courantes du pays.
L’élu de la nation rappelle que l’appréciation du franc congolais a revalorisé le revenu réel des agents publics, rémunérés en monnaie nationale. Il invite toutefois le gouvernement à maîtriser l’enveloppe salariale, notant que l’état liquidatif du 4ᵉ trimestre 2025 a bondi de 30 milliards de CDF par mois, un risque budgétaire à l’horizon mars 2026.
Une économie encore dollarisée…
Dans une économie fortement dollarisée, cette appréciation, selon lui, ne devrait pas nuire au pouvoir d’achat de ceux dont les revenus sont indexés sur le dollar américain, puisque les prix à la consommation devraient normalement baisser.
Il appelle donc le ministre de l’Économie nationale à veiller à la répercussion effective de cette baisse sur les prix des biens importés.
Flory Mapamboli révèle par ailleurs que la BCC prépare plusieurs réformes destinées à rendre le franc congolais plus attractif, à stabiliser le marché monétaire et à favoriser les transactions en monnaie locale.
Il précise également que le taux de change indicatif n’est pas fixé par la BCC, mais résulte d’une moyenne pondérée des transactions interbancaires, un mécanisme relevant entièrement de la loi de l’offre et de la demande.
Enfin, il conclut en appelant à des réformes économiques profondes pour renforcer la production nationale.
« Aucune mesure conjoncturelle ne saurait modifier la structure de notre économie. Produisons au moins ce sur quoi nous avons un avantage comparatif. »
Clôturant son intervention, le député a réaffirmé son soutien total au Gouverneur de la BCC, dénonçant « ceux qui paient des gens pour s’attaquer à M. Wameso ».
« Je m’oppose aux populistes et aux théoriciens sans expérience pratique. J’apprécie la détermination du Gouverneur à œuvrer pour notre souveraineté monétaire. »
ITK



