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Majorité présidentielle : la nécessité d’une pluralité organisée autour du Chef (Tribune de Steve Mbikayi) !

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Lundi, 22 décembre 2025-En République démocratique du Congo, à l’issue des élections présidentielle et législatives de 2023, le Président de la République bénéficie d’une légitimité électorale incontestable et d’une majorité politique confortable. C’est dans ce contexte qu’a été mise en place l’Union sacrée de la Nation, plateforme politique fédérant partis et regroupements engagés à soutenir son action et à accompagner sa vision.

L’ambition affichée de cette grande famille politique est claire : répondre aux attentes fondamentales de la population, qu’il s’agisse des besoins primaires, secondaires ou tertiaires.

En satisfaisant ces aspirations légitimes du peuple congolais, l’objectif est également de consolider durablement le pouvoir par la voie démocratique, ce qui constitue, pour toute formation politique, une finalité à la fois normale et légitime.

Cependant, une telle ambition ne peut se réaliser que si les différentes composantes de la majorité travaillent dans un climat de sincérité, de confiance réciproque et de respect strict de la vision du leader principal.

Cela suppose l’existence d’un cadre institutionnalisé de concertation, permettant aux acteurs politiques de débattre librement, d’exprimer des divergences, d’arrêter collectivement des options, puis de les défendre solidairement.

À défaut de ce cadre démocratique interne, les non-dits prolifèrent, l’hypocrisie s’installe et la loyauté devient souvent de façade. Les acteurs les plus courageux, ceux qui osent exprimer leurs préoccupations ou contester certaines décisions unilatérales, se retrouvent rapidement stigmatisés, marginalisés, voire réduits au silence.

À l’inverse, les mécontents silencieux, qui affichent une fidélité apparente tout en critiquant dans les cercles privés, constituent un danger bien plus insidieux : au premier signe de fragilité du système, ils se désolidarisent sans état d’âme. D’où l’impérieuse nécessité de donner la parole à tous et de savoir écouter, pour préserver la cohésion et l’harmonie au sein de la majorité.

L’épisode de la marche du 19 décembre organisée au nom de l’Union sacrée de la Nation illustre parfaitement ce malaise profond : mécontentement latent, absence de concertation réelle et déficit de gouvernance interne. Refuser de le reconnaître ne rend nullement service au Chef de l’État.

Alors qu’il avait été demandé au secrétaire permanent de proposer une réforme de la famille politique afin de sortir de la léthargie et de corriger les manquements constatés au sein de l’ancien présidium, celui-ci a plutôt fait entériner un présidium pléthorique, dépourvu d’attributions précises.

Cette configuration lui a permis de se positionner comme seconde personnalité de fait, concentrant l’essentiel des leviers de pouvoir, tandis que les autres membres du présidium se retrouvaient réduits à un rôle essentiellement figuratif. Même les postes de secrétaires permanents adjoints ont été laissés vacants, consacrant ainsi une gestion solitaire du dispositif.

C’est dans ce contexte qu’a été décidée, sans consultation préalable, l’organisation de la marche du 19 décembre. Par conformisme, par calcul ou par résignation, les sociétaires se sont tus. Ils ont boudé, murmuré, puis, finalement, ignoré l’initiative. Conscients de cette dérive annoncée, nous avions, pour notre part, tenté de décourager cette démarche par le seul moyen à notre disposition : l’expression publique à travers des tribunes. Comme souvent, cet avertissement est resté lettre morte.

Le résultat fut sans appel : un fiasco retentissant. En coulisses, nombre de chefs de partis et de regroupements politiques en ont fait l’objet de railleries, parfois même de satisfaction mal dissimulée. La famille politique en est sortie inutilement fragilisée et exposée. Contrairement à certaines lectures malveillantes, il ne s’agissait nullement d’un désaveu populaire du régime, mais bien du rejet d’une méthode et d’un leadership interne contesté par des acteurs politiques majeurs de l’Union sacrée.

Dès lors, une évidence s’impose : le soutien au Chef de l’État n’implique pas nécessairement l’adhésion exclusive à une seule plateforme politique. Sous d’autres cieux, en France, au Sénégal, en Russie ou en Afrique du Sud, plusieurs plateformes ou coalitions coexistent autour d’un même leader, avec son aval explicite. Rien n’interdit donc, en RDC, l’émergence d’une ou de deux autres plateformes de soutien, pourvu qu’elles s’inscrivent loyalement dans la vision du Président de la République.

Nombre d’acteurs de l’Union sacrée s’inscrivent déjà dans cette logique, non par esprit de division, mais précisément pour éviter des tensions inutiles au sein de la majorité, d’autant plus que, malgré les critiques, le secrétaire permanent continue de bénéficier de la confiance du Chef.

Cette pluralité organisée au sein de la majorité présidentielle pourrait, au contraire, engendrer une saine émulation, pousser chaque plateforme à mieux travailler, à mieux mobiliser et à mieux servir, dans le respect des orientations et de la vision du Président de la République, en sa qualité de chef de la grande famille politique.

Au fond, la question n’est pas de diviser, mais de mieux structurer le soutien, afin de renforcer durablement l’action du Chef de l’État et la cohésion de la majorité.

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