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Président de la République : mandat ou mission ? (Carte blanche de Steve Mbikayi) 

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Mardi, 24 mars 2026-En droit congolais, le Président de la République n’exerce pas une mission vague, mais un mandat clairement défini par la Constitution. Le mandat est le titre juridique qui fonde son autorité, fixe sa légitimité, sa durée et le périmètre de ses compétences.

La mission, elle, relève du sens politique : elle exprime le projet ou la vision que le Président entend poursuivre. Tandis que le mandat institue, la mission oriente. Dans un État de droit, le mandat précède toujours la mission, jamais l’inverse. On ne part pas d’une mission pour réécrire la Constitution ; on part de la Constitution pour définir les missions légitimes.

La RDC a clairement inscrit cette logique dans sa Constitution. L’article 70 stipule : « le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». L’article 69 précise ses fonctions : veiller au respect de la Constitution, garantir l’unité et l’intégrité du territoire, assurer la continuité de l’État et représenter la Nation.

Ainsi, ce que certains appellent “mission du Président” n’est que l’expression du contenu du mandat constitutionnel. Le contour légal ne peut être supplanté par des interprétations subjectives. Affirmer le contraire, c’est faire primer la spéculation sur la norme écrite.

Dans le contexte actuel, marqué par l’agression rwandaise et les défis sécuritaires à l’Est, il est légitime que le peuple évalue les compétences et la continuité du leadership. Face à Kagame, son approche dans la gestion de cette problématique peut-elle nous ramener une paix durable ?

Si la population estime que le Président actuel est la personne apte à accomplir cette mission particulière, il faut alors un mandat explicite, validé par le souverain primaire. Cela pourrait passer par une révision de l’article 220 à soumettre au référendum ou un nouveau projet de constitution, seul moyen de garantir la légitimité et la stabilité.

Comme l’a rappelé Montesquieu dans De l’esprit des lois (1748) :

« Les lois ne doivent pas être les mêmes pour tous les peuples ; elles doivent être adaptées aux mœurs, au climat, à la religion et aux particularités de chaque nation. »

Partant de ce principe, notre peuple est mature et capable de décider des réformes constitutionnelles nécessaires, adaptées à notre histoire et à nos défis actuels. La rationalité impose de respecter les normes tout en permettant à la nation de mobiliser son Président dans des circonstances extraordinaires.

Parler d’une mission qui supplanterait le mandat constitutionnel, c’est ouvrir la boîte de Pandore; tomber dans l’arbitraire. La bonne gouvernance, le respect du droit et la souveraineté du peuple doivent rester nos seuls guides.

Le Président n’a pas une mission hors du cadre, il a un mandat qui peut s’enrichir d’objectifs précis, validés par le peuple. C’est ainsi que la RDC garantira la légitimité, la continuité de l’État et la paix durable dans l’Est, tout en préservant l’ordre constitutionnel.

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