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RDC : Pour Steve Mbikayi, la véritable priorité n’est ni le dialogue ni les élections, mais la sécurité !

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Lundi, 27 octobre 2025- Dans une tribune au ton lucide et tranchant intitulée « Sécurité, dialogue et élections : la hiérarchie des priorités », le député national Steve Mbikayi interpelle la classe politique congolaise et la communauté internationale sur ce qu’il considère comme le vrai combat du moment : la sécurité nationale, et plus particulièrement la résolution du dossier des FDLR.

Alors que se multiplient les initiatives diplomatiques à Luanda, Nairobi, Doha, Washington ou encore Kinshasa, certaines centrées sur les élections, d’autres sur le dialogue politique, Steve Mbikayi met en garde contre un « grand brouhaha » où chacun impose son urgence sans se soucier de l’essentiel.

« La priorité n’est ni le dialogue ni les élections. Elle réside ailleurs, dans la résolution de la problématique des FDLR, ce fond de commerce de Paul Kagame, cette éternelle excuse qui lui permet d’occuper impunément une partie du territoire congolais », écrit-il.

Selon l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, les FDLR ne constituent pas une menace réelle pour le Rwanda, mais plutôt une opportunité politique et économique pour Kigali.

« S’ils représentaient un danger, Kagame les aurait neutralisés depuis longtemps. Il en avait la capacité lorsqu’il contrôlait le Nord-Kivu à travers le RCD, et il l’a encore aujourd’hui via l’AFC/M23. »

Mbikayi accuse le régime rwandais d’entretenir la fiction d’une menace pour justifier la présence militaire au Congo et continuer le pillage des ressources naturelles. Il dénonce également la duplicité de la communauté internationale, qui selon lui, a contribué à créer le problème des réfugiés hutu en 1994 et refuse aujourd’hui d’en assumer la responsabilité. « Pyromane hier, pompier aujourd’hui », ironise-t-il.

Pour un dialogue interrwandais, pas une guerre perpétuelle

Le député propose une solution politique plutôt que militaire : favoriser un dialogue interrwandais incluant les FDLR, afin de permettre un retour pacifique de ces populations au Rwanda.

« Les exterminer ou les refouler ne servirait à rien. Leurs enfants nés au Congo n’ont commis aucun crime. En quoi seraient-ils responsables des fautes de leurs pères ? »

Il s’insurge contre l’attitude paradoxale de la communauté internationale qui refuse à Kigali de dialoguer avec les FDLR, tout en exigeant de Kinshasa de négocier avec l’AFC/M23, un groupe coupable de massacres massifs à Goma.

« Sans sécurité, tout dialogue et toute élection sont une mascarade »

Pour Steve Mbikayi, la restauration de la sécurité à l’Est doit précéder tout processus électoral ou tout dialogue politique.

« Une fois la paix rétablie, les élections et le dialogue entre Congolais viendront naturellement. Mais sans sécurité, tout dialogue ne fera qu’intégrer les militaires rwandais dans nos forces armées, et toute élection ne sera qu’une mascarade », prévient-il.

Des dialogues sans fin, des rebellions sans fin

Mbikayi rappelle que le Congo a connu de nombreux dialogues et brassages sans résultat durable : AFDL, RCD, CNDP, M23, et maintenant AFC.

À chaque fois, de nouveaux groupes armés sont apparus, alimentant un cycle sans fin.

Il admet toutefois que le dialogue reste nécessaire pour résoudre certaines questions internes, la prolifération des milices, la représentation politique des communautés ou la réforme de la Constitution, mais seulement une fois la paix garantie.

En conclusion, le député national emprunte un proverbe du Kasaï pour illustrer sa pensée : « Si l’enfant est malade et que la terre est malade, pour qui plaideras-tu d’abord ? »

Autrement dit, sans sécurité, tout le reste, dialogue, élections, gouvernance demeure secondaire.

ITK

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