
Mercredi, 8 octobre 2025-Dans sa Tribune Libre n°138, le député national Steve Mbikayi fustige les propos du ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, sur la condamnation de Joseph Kabila et son appel à un “dialogue national” en RDC. Pour lui, ces déclarations traduisent une ingérence inacceptable dans les affaires congolaises. Il dénonce un réflexe paternaliste et défend avec force la souveraineté nationale.
Steve Mbikayi n’a pas mâché ses mots. Pour le député, la prise de position publique du ministre belge dépasse le cadre acceptable des relations diplomatiques.
“Ce n’est pas à Maxime Prévot d’en parler publiquement”, tranche-t-il, rappelant que tout État souverain mérite le respect de sa politique intérieure.
S’il reconnaît qu’un pays ami peut formuler des observations, il insiste sur le respect des formes : “Entretiens bilatéraux, notes verbales, échanges entre ministres ou dans le cadre multilatéral, voilà les canaux appropriés.”
L’Europe doit d’abord balayer devant sa porte
Mbikayi n’a pas manqué d’ironie en comparant la situation congolaise à celle des démocraties européennes. Il rappelle que la France traverse une crise institutionnelle majeure depuis la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, avec trois gouvernements tombés en moins d’un an.
“Pourquoi Maxime Prévot ne demande-t-il pas à son voisin d’organiser un dialogue inclusif inter-français ? Parce qu’il respecte la France. Et parce que la classe politique française se respecte”, souligne-t-il.
Et de poursuivre : même face aux polémiques judiciaires touchant Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen, le ministre belge n’a jamais osé commenter la justice française. “Pourquoi ? Parce qu’il la respecte”, martèle le député.
L’appel au dialogue…
Pour Steve Mbikayi, le ministre belge n’a fait que relayer les revendications de l’opposition congolaise. Il voit dans cet appel à un dialogue national la main de certains acteurs politiques congolais, frustrés par leurs échecs électoraux.
“Après l’échec de leur projet de résolution au Congrès américain contre le soi-disant troisième mandat du Président Tshisekedi, ils ont trouvé en Maxime Prévot un nouveau porte-voix”, accuse-t-il.
Et d’ajouter : “S’il n’y avait pas la guerre d’agression imposée par le Rwanda, quel autre prétexte auraient-ils trouvé ?”
“Ils ne veulent pas un dialogue, mais un repêchage politique”
L’ancien ministre et député national de Kinshasa est catégorique : ce n’est pas un dialogue que cherche l’opposition, mais un repêchage.
“Après avoir boycotté les élections pour les uns et mordu la poussière pour les autres, ils veulent entrer dans les institutions par la fenêtre, espérant se refaire une santé politique”, écrit-il.
Pour Mbikayi, une opposition forte s’impose par le terrain et les urnes, pas par les sollicitations diplomatiques.
En conclusion, Steve Mbikayi estime que le Congo n’a pas besoin de nouvelles palabres politiques, mais d’un leadership ferme et d’une stabilité durable.
“Quel intérêt aurait la majorité à offrir une bouffée d’oxygène à des adversaires politiquement essoufflés ?” interroge-t-il.
Et de conclure sans ambages : “Le Congo n’a pas besoin de dialogue maintenant. Il a besoin de stabilité et de son intégrité territoriale.”
ITK



