
Mardi, 14 avril 2026 — Les travaux de la Conférence nationale sur les infrastructures se sont clôturés sur une volonté affirmée de rompre avec les pratiques du passé. Experts, ingénieurs et délégués provinciaux ont pris un engagement majeur : faire des infrastructures non plus une simple charge budgétaire, mais un véritable levier de souveraineté économique pour la République démocratique du Congo.
Au terme des différents panels, les participants ont insisté sur la nécessité d’une réforme profonde du cadre légal et institutionnel. Ils ont ainsi appelé le Parlement et le Gouvernement à légiférer en urgence afin de compléter l’arsenal juridique dans les secteurs des infrastructures, de l’urbanisme, de l’aménagement du territoire et de l’habitat.
Parmi les recommandations phares figure la modernisation et la classification du réseau routier, avec des emprises clairement définies pour les routes nationales, provinciales et secondaires.
Les experts ont également plaidé pour la mise en place d’une autorité nationale de régulation de l’occupation des terres, afin d’assurer une meilleure coordination entre les secteurs des infrastructures, de l’agriculture, des mines et de l’urbanisme.
La question des normes techniques a également été au cœur des échanges. Les participants ont recommandé l’instauration de standards obligatoires en matière de matériaux de construction, de résilience climatique et de bétonnage urbain, ainsi que la certification aux normes internationales harmonisées.
Dans le même élan, ils ont insisté sur le renforcement du contrôle de la charge à l’essieu et l’implémentation de systèmes modernes de gestion de l’entretien routier.
Sur le plan de la gouvernance, la conférence a appelé à une plus grande transparence dans les marchés publics et les partenariats public-privé (PPP), notamment à travers la digitalisation des appels d’offres et le durcissement des sanctions contre la corruption.
Les participants ont également recommandé une meilleure répartition des compétences entre le pouvoir central et les provinces, notamment en matière de gestion des voiries.
Ils ont insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les autorités provinciales dans l’élaboration des projets d’infrastructures les concernant, tout en maintenant une coordination nationale assurée par le ministère des Infrastructures et Travaux publics.
Par ailleurs, plusieurs propositions institutionnelles structurantes ont été formulées. Il s’agit notamment de la création d’un service public dénommé « Nouveau bâtiment administratif (NBA) », chargé de l’entretien et de la maintenance des bâtiments de l’État, ainsi que de la mise en place d’un fonds souverain de reconstruction.
Ce dernier serait alimenté par une quote-part des revenus issus des ressources naturelles, dans le but de financer des projets structurants et de garantir une redistribution équitable entre les provinces.
Les assises ont également recommandé l’élaboration d’une Politique nationale des infrastructures, travaux publics et reconstruction, ainsi que le renforcement du rôle du Secrétariat général à la reconstruction comme organe central de coordination.
La création d’un observatoire national de l’état de la reconstruction et de commissions permanentes spécialisées figure également parmi les priorités.
Présent lors de la lecture de la Déclaration de Kinshasa, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, initiateur de ce forum, a salué la qualité des échanges et s’est engagé à veiller à la mise en œuvre effective des résolutions adoptées.
Cette conférence marque ainsi un tournant stratégique pour la RDC, où les infrastructures sont désormais appelées à jouer un rôle central dans la transformation économique et le développement durable du pays.
ITK






