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CSAC : 32 mois sans salaire, des morts, et une institution régulatrice réduite à la clochardisation !

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Jeudi, 15 janvier 2026-Censée garantir l’éthique, l’équité et la liberté dans le paysage médiatique congolais, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) traverse aujourd’hui l’une des crises sociales les plus graves de son histoire. Ses agents, livrés à eux-mêmes depuis près de trois ans, dénoncent une misère salariale extrême, aux conséquences humaines dramatiques.

Dans une lettre ouverte urgente adressée à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les agents du CSAC révèlent cumuler 32 mois d’arriérés de salaires, malgré l’émission d’un Ordre de Paiement Informatisé (OPI) depuis le 19 octobre 2025.

Le dossier serait, selon eux, bloqué à la Banque Centrale du Congo, dans l’attente d’une autorisation du ministère des Finances.

Une crise qui tue

Au-delà des chiffres, la réalité est tragique. Les agents évoquent la mort de trois collègues au cours des derniers mois, dont Jean-Pierre Bokata, ancien cadre issu de l’ex-Haute Autorité des Médias (HAM). Ces décès seraient directement liés à l’impossibilité d’accéder à des soins médicaux, faute de moyens financiers.

« Nous sommes contraints de cotiser entre collègues pour soigner les malades, parfois trop tard », confient des agents, décrivant une institution plongée dans une solidarité de survie, indigne d’un organe constitutionnel.

Comparés à d’autres institutions d’appui à la démocratie régulièrement prises en charge par l’État, les agents du CSAC se disent abandonnés et marginalisés. Ils dénoncent l’absence totale de couverture sociale, l’inexistence de moyens de transport, ainsi que le manque criant de soutien aux antennes provinciales, aujourd’hui quasiment paralysées.

Cette situation a engendré, selon la lettre, un stress psychologique généralisé, affectant aussi bien la santé mentale que la dignité des travailleurs, désormais qualifiés par eux-mêmes de « clochardisés » par l’État qu’ils servent.

Face à cette détresse, les agents du CSAC implorent l’intervention personnelle et urgente de la Première ministre pour : Débloquer immédiatement les paiements des arriérés ; Mettre en place une prise en charge médicale minimale ; Restaurer la dignité et le fonctionnement normal de cette institution clé de la démocratie congolaise.

À l’heure où la régulation des médias est plus que jamais stratégique dans un contexte sécuritaire et politique sensible, la clochardisation des agents du CSAC pose une question fondamentale : peut-on défendre la démocratie quand ceux qui la régulent meurent dans l’indifférence ?

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