
Dimanche, 21 septembre 2025-La journée nationale Justice et Paix, célébrée le 21 septembre de chaque année en République Démocratique du Congo, a été dignement commémorée à Matadi, chef-lieu du Kongo Central. Une conférence-débat s’est tenue dans la salle Saint-Jacques de la paroisse Notre-Dame Médiatrice, au quartier Ville-Basse, autour du thème : « CENCO – ECC : Le pacte social pour la paix en RD Congo. Où en sommes-nous ? Où allons-nous ? ».
L’initiative, portée par la Commission Diocésaine Justice et Paix de Matadi en collaboration avec celle du Congo sous la direction de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), a réuni l’élite intellectuelle locale pour une réflexion sur l’avenir du pays. L’abbé Germain Nzinga Makitu, principal orateur, est revenu sur la démarche entamée depuis février 2025 par les évêques catholiques et les pasteurs protestants. Selon lui, ce travail collectif, mené avec l’ECC, les églises de réveil et des conseillers de la Présidence de la République, a abouti à une feuille de route pour la paix et le vivre-ensemble, remise le 25 août dernier au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Ce document définit des objectifs prioritaires à court et à long termes. À court terme, il insiste sur la proclamation d’un cessez-le-feu immédiat pour faire taire les armes et permettre l’assistance des réfugiés, particulièrement dans l’Est frappé par les attaques du M23/AFC soutenu par le Rwanda. Il évoque aussi la restauration de la cohésion nationale, le rétablissement du vivre-ensemble, la consolidation des acquis démocratiques, la reconstruction du pays par une réflexion prospective sur l’horizon 2060 ainsi que la proposition des voies pour un avenir meilleur.
À long terme, le texte recommande l’entretien d’un climat propice au dialogue, la décrispation des esprits afin de renforcer la culture de paix, l’organisation d’un culte national rassemblant toutes les églises, le rétablissement d’un plaidoyer en faveur du cessez-le-feu accompagné d’actions humanitaires de grande envergure, et la mise en œuvre de deux dialogues, interne et externe.
Pour l’abbé Nzinga, trois leviers essentiels conditionnent l’aboutissement de ce pacte social : la volonté politique, le changement de paradigme géopolitique et l’attitude citoyenne du peuple congolais. Le tout devant mener à un compromis politique durable, garant de la restauration totale de la paix dans la région des Grands Lacs.
Avant le débat, une courte vidéo a présenté les actions de la Commission Diocésaine Justice et Paix de Matadi en faveur de la justice sociale, de la dignité humaine et de la paix. Un jeu de questions et réponses a ensuite clôturé cette rencontre riche en enseignements, qui s’est voulue
Dieudonné MUAKA DIMBI




