
Mercredi, 15 avril 2026-La section provinciale de l’Union Nationale de la Presse du Congo au Kongo Central a lancé une vaste campagne de vulgarisation des nouvelles conditions d’éligibilité à la carte de presse, marquant une étape décisive dans la réforme du secteur médiatique congolais.
Dès la réception des formulaires en provenance de Kinshasa, le président sectionnaire, Dieudonné Muaka Dimbi, a effectué une mission de terrain du 10 au 12 avril 2026 dans les anciens districts des Cataractes et de la Lukaya.
Cette tournée, qui se poursuivra dans toute la province, vise à sensibiliser les professionnels des médias sur la décision n°006/UNPC/CD/KKM-JZW/2026 du 3 mars 2026, relative aux nouvelles exigences d’accès à la carte de presse.
Au cœur de cette démarche : la volonté d’assainir un secteur longtemps fragilisé par la prolifération de pseudo-journalistes, qualifiés de “moutons noirs”. Selon le responsable provincial de l’UNPC, il s’agit de mettre fin au désordre en réservant désormais l’exercice du métier aux seuls professionnels qualifiés, formés et expérimentés.
Les nouvelles conditions d’éligibilité sont strictes et visent à rehausser les standards de la profession. Parmi celles-ci figurent notamment la détention d’un diplôme en journalisme ou en sciences de l’information et de la communication, la justification d’un stage professionnel d’au moins un an dans un média reconnu, l’adhésion régulière à l’UNPC, ainsi que la production d’œuvres journalistiques vérifiables.
À cela s’ajoutent des exigences éthiques, administratives et professionnelles rigoureuses, dont le parrainage par deux journalistes chevronnés.
Toutefois, une ouverture est prévue pour les diplômés d’autres filières, sous certaines conditions. En revanche, les professionnels exerçant dans les cabinets politiques ou les institutions publiques, notamment comme attachés de presse ou communicateurs, sont désormais exclus de l’éligibilité, conformément aux textes en vigueur.
Parallèlement à cette initiative, le coordonnateur provincial du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication, Célestin Bibimbu Kuhuna, a lancé un ultime avertissement aux médias non conformes aux exigences réglementaires.
Il déplore la persistance de nombreuses irrégularités, notamment chez certains médias audiovisuels et en ligne opérant sans documents légaux.
Face à cette situation, le CSAC annonce une série de sanctions imminentes, allant du retrait de signal à des mesures administratives sévères contre les structures récalcitrantes.
Les promoteurs de médias sont ainsi appelés à régulariser leur situation en fournissant les documents requis, tels que l’avis de conformité, les statuts juridiques, le RCCM, le numéro d’identification nationale et les preuves d’adresse.
Un accent particulier a également été mis sur l’encadrement strict des interventions des tradipraticiens dans les médias. Désormais, toute apparition médiatique dans ce domaine devra être préalablement autorisée et encadrée, afin d’éviter les dérives telles que les promesses de guérison miraculeuse ou les consultations en direct sans fondement scientifique.
Le CSAC insiste sur le respect de la dignité humaine et des règles de santé publique, prévenant que toute infraction pourra entraîner des sanctions allant de la suspension d’émission à l’interdiction d’antenne, voire des amendes.
À travers ces actions conjointes de l’UNPC et du CSAC, les autorités entendent instaurer une nouvelle ère de rigueur, de professionnalisme et de responsabilité dans le paysage médiatique du Kongo Central. Un message clair est ainsi lancé : l’heure n’est plus à la tolérance, mais à l’ordre et à la crédibilité.



