Okapinews.net
AlerteFlashJusticeSociétéUne

Mwant Jet : « Je vais me battre pour la survie de la compagnie » (Michael Yav) !

publicite-candidat

Mercredi, 29 octobre 2025-Le torchon brûle entre associés au sein de la compagnie aérienne congolaise Mwant Jet. Au cœur du différend : l’immobilisation du seul aéronef actuellement en état de navigation, décision jugée « injuste et destructrice » par Michael Yav, cofondateur de la société.

Dans une tribune poignante, il brise le silence et dénonce une « dérive politico-judiciaire » orchestrée, selon lui, par son associée Gueda Yav Wicht Amani, soutenue par certains relais du pouvoir judiciaire.

Une « dérive judiciaire » dénoncée

« L’immobilisation de notre avion par le parquet de Kinshasa/Matete n’est rien d’autre qu’une dérive judiciaire », s’indigne Michael Yav.

Selon lui, la loi OHADA est claire : l’outil d’exploitation d’une entreprise ne peut être saisi, car il constitue le cœur de l’activité économique.

« En l’espèce, cette immobilisation ne vise qu’à paralyser la société et briser nos efforts de relance », ajoute-t-il.

L’homme d’affaires rappelle qu’après trois années d’inactivité, Mwant Jet venait de reprendre ses vols commerciaux grâce au renouvellement de son Certificat de Transporteur Aérien (CTA) délivré par l’Autorité de l’Aviation Civile (AAC), à l’issue d’un processus de certification long et rigoureux.

Des audits instrumentalisés ?

À l’origine de l’affaire : une requête de Gueda Yav Wicht Amani demandant l’immobilisation de l’aéronef pour la réalisation d’un « audit technique, administratif et financier ».
Un argument que Michael Yav balaie d’un revers de main.

« Comment peut-elle demander un audit financier alors qu’elle-même a quitté la société sans laisser de trace comptable, avec des dettes et des caisses vides ? »

Il souligne que les registres et documents comptables avaient disparu au moment du passage de relais à l’administrateur provisoire, rendant tout audit impossible.

« Aujourd’hui, c’est moi qui ai remis la comptabilité à jour, au prix d’efforts colossaux et d’endettement personnel. L’audit peut se faire sans bloquer notre avion », insiste-t-il.

La renaissance de Mwant Jet freinée

Sous la direction de l’administrateur provisoire, Mwant Jet avait pourtant réussi une remontée spectaculaire : remise en service des appareils, reconstitution du personnel navigant, conformité totale avec les exigences de l’AAC.

« Ce travail, mené avec détermination, a permis à la société de renaître de ses cendres », souligne Michael Yav.

Mais cette relance semble avoir réveillé d’anciennes querelles : « Chaque fois que la société progresse, mon associée réapparaît avec une nouvelle manœuvre : demandes de dissolution, création d’une compagnie concurrente (We Airways SAS), résiliation de contrats, et aujourd’hui immobilisation de notre avion. »

Pour lui, il ne s’agit pas d’un hasard : « Tout cela vise à fragiliser Mwant Jet et la conduire à la disparition. Mais je ne me laisserai pas faire. »

Une dette instrumentalisée

Autre point de discorde : le prêt contracté auprès d’Afriland First Bank.
Selon Michael Yav, ce prêt a été signé au nom de Mwant Jet, et non en titre personnel.

Il accuse son associée de manipuler les documents bancaires pour brouiller les pistes : « Elle montre la première page du contrat et cache les pages qui prouvent que la dette est bien celle de la société. Mais la vérité finira par triompher. »

Dans un pays où le climat des affaires reste fragile, cette affaire soulève une inquiétude majeure : la protection des entrepreneurs face aux interférences politico-judiciaires.
« Si la justice se laisse instrumentaliser par des intérêts privés, que reste-t-il à ceux qui prennent le risque d’entreprendre ? », s’interroge Michael Yav, avant d’ajouter.

« Maintenir l’immobilisation de notre avion, sans fondement légal, envoie un très mauvais message aux investisseurs. »

« Je vais me battre pour Mwant Jet »

Malgré les obstacles, Michael Yav se dit déterminé à sauver la compagnie et les cent emplois directs qu’elle génère.

« Je vais me battre pour la survie de Mwant Jet, pour que nos employés puissent continuer à nourrir leurs familles, et pour que le drapeau de la RDC continue de flotter dans le ciel africain. »

L’homme d’affaires conclut sur un appel au bon sens et à l’équité.

« Nous demandons simplement la levée de l’immobilisation pour permettre à la société de fonctionner, d’être auditée dans la transparence, et de poursuivre sa mission au service du pays. »

L’avenir de Mwant Jet, symbole d’un entrepreneuriat congolais ambitieux et audacieux, dépend désormais de la capacité de la justice à trancher sans influence, dans l’intérêt supérieur de la vérité et de l’économie nationale.

ITK

publicite-candidat

Liens Pertinents