
Vendredi, 29 août 2025-Boma, deuxième grande ville portuaire de la République Démocratique du Congo, a vécu une journée d’extrême tension le jeudi 28 août 2025. Ce qui devait être une marche pacifique de protestation contre l’insécurité grandissante s’est rapidement transformé en affrontements meurtriers entre forces de l’ordre et habitants en colère.
Depuis plusieurs mois, l’insécurité s’est installée dans la cité portuaire : vols, agressions, extorsions et assassinats rythment le quotidien des habitants. Jeudi, excédés par cette situation, des centaines de manifestants venus des quartiers périphériques, notamment de Boma-Mungu et Km 8, ont convergé vers le centre-ville pour exprimer leur ras-le-bol.
Mais au fil de la marche, la colère s’est intensifiée. Accusant certains éléments de la police d’être de mèche avec les criminels, des manifestants ont commencé à vandaliser et incendier des bâtiments abritant des bureaux de la police.
La répression vire au drame
Face à cette escalade, la police a tenté de disperser la foule par des tirs de sommation et des gaz lacrymogènes. Loin de calmer les manifestants, cette intervention a mis le feu aux poudres. Très vite, des affrontements violents ont éclaté : d’un côté une population nombreuse mais sans armes, de l’autre des policiers armés mais en sous-effectif.
Le bilan est lourd : trois morts, dont deux civils et un policier, plusieurs blessés graves ainsi que d’importants dégâts matériels.
Alerté depuis Matadi, le Gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, a convoqué en urgence un conseil provincial de sécurité. À l’issue de cette réunion, des mesures fortes ont été annoncées, notamment : le rappel immédiat à Matadi du commandant urbain de la PNC/Boma et de son équipe, leur remplacement par le colonel Tsasa, désigné à titre intérimaire.
Une décision saluée par une grande partie de la population, qui y voit une volonté ferme de l’exécutif provincial de restaurer la sécurité et la confiance.
Une mission d’apaisement sur le terrain
Dans la foulée, le gouverneur a dépêché sur place le ministre provincial de l’Intérieur et Sécurité, Jean Malonga Nzeza. Son arrivée à Boma a contribué à calmer les esprits et à rétablir progressivement l’ordre.
Grâce à son intervention, les activités économiques et sociales ont pu reprendre, après avoir été totalement paralysées durant plusieurs heures.
Pour de nombreux observateurs, cette crise est révélatrice du profond malaise sécuritaire qui mine Boma.
Si les mesures immédiates ont permis d’éviter l’embrasement total, la population attend désormais des solutions durables afin que la capitale économique du Kongo Central retrouve son climat de confiance et de stabilité.
Dieudonné MUAKA DIMBI



