Lundi, 14 septembre 2026-Le Rassemblement pour le changement du Congo (RCC) se dit favorable à l’initiative du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo portant sur l’organisation d’un dialogue national. Le parti de Barnabé Milinganyo Wimana Isombia souhaite toutefois que le processus repose sur une représentation équilibrée et permette aux différentes composantes du pays de contribuer aux discussions et aux décisions.
Interviewé par notre rédaction, Fidel Fido Saïd El Omar, secrétaire permanent du RCC, estime que le contexte politique et sécuritaire actuel impose de privilégier la concertation afin de rechercher des réponses aux principales crises que traverse le pays.
Le responsable du parti considère la mise en place du comité d’organisation comme une étape préparatoire importante. Il appelle toutefois à définir des règles susceptibles de garantir la confiance de l’ensemble des participants.
Le RCC choisit la participation
Contrairement à l’option du boycott, le RCC entend prendre part aux travaux.
Fidel Fido Saïd El Omar considère que l’opposition doit être présente lorsqu’il est question de l’avenir politique et institutionnel de la République démocratique du Congo. Cette participation ne devrait cependant pas être assimilée à un soutien aux orientations du pouvoir.
« Participer ne signifie pas cautionner », précise-t-il.
Le parti entend ainsi conserver sa liberté de positionnement tout au long du processus.
La composition des assises constitue l’une des principales préoccupations du RCC.
Le parti souhaite notamment la participation de la majorité, de l’opposition, de la société civile, des confessions religieuses, des organisations professionnelles ainsi que d’autres forces représentatives de la société congolaise.
Il demande également que les critères de sélection soient connus à l’avance et que l’ordre du jour fasse l’objet d’une véritable concertation.
Pour Fidel Fido Saïd El Omar, la confiance entre les acteurs doit être bâtie sur des mécanismes équilibrés et transparents.
Les provinces appelées à faire entendre leurs priorités
Le RCC accueille favorablement l’annonce des consultations prévues dans les 26 provinces.
Il estime cependant que les propositions recueillies sur le terrain doivent alimenter les discussions nationales.
Les réalités locales en matière de sécurité, d’emploi, de développement, de gouvernance et de fonctionnement des institutions devraient ainsi trouver toute leur place dans les travaux.
La crise sécuritaire dans l’Est figure également parmi les sujets que le RCC souhaite voir pris en compte.
Fidel Fido Saïd El Omar distingue le dialogue politique national des discussions menées dans le cadre du processus de Doha concernant l’AFC/M23. Il estime néanmoins que les assises nationales doivent examiner les différents facteurs à l’origine de l’instabilité dans l’Est du pays.
Pour lui, la question sécuritaire ne peut être dissociée des enjeux liés à la gouvernance, à l’économie et à la cohésion nationale.
Le parti se prononce sur la question constitutionnelle
Le RCC entend également rester attentif à l’évolution du débat constitutionnel.
Fidel Fido Saïd El Omar affirme que son parti jugera les différentes propositions sur la base des actes et des mécanismes retenus, plutôt que sur de simples intentions présumées.
Il prévient toutefois que toute démarche visant à modifier les règles constitutionnelles dans le but de prolonger le pouvoir d’un individu rencontrerait l’opposition du RCC.
« Le RCC ne veut pas d’un dialogue pour un troisième mandat. Le RCC veut un dialogue pour une nouvelle gouvernance », affirme-t-il.
Le cas Barnabé Milinganyo
Le parti plaide par ailleurs pour la libération de son autorité morale, Barnabé Milinganyo Wimana Isombia, détenu depuis plus de trois mois à la prison de Makala.
Pour le RCC, cette mesure pourrait contribuer à l’apaisement du climat politique et faciliter la participation de son leader au processus.
Le RCC souhaite enfin que les discussions portent sur des préoccupations directement liées à la vie nationale : la justice, la lutte contre la corruption, l’emploi des jeunes, la décentralisation, la gouvernance, la sécurité et le fonctionnement des institutions.
Le parti se dit disposé à apporter sa contribution aux travaux, tout en souhaitant que ceux-ci débouchent sur des engagements concrets ainsi que sur un mécanisme permettant d’en assurer le suivi et l’application.
Pour Fidel Fido Saïd El Omar, l’enjeu est de faire de ce processus un véritable cadre de construction collective.
« Ne nous invitez pas simplement à participer ; invitez-nous à construire », conclut le secrétaire permanent du RCC.
Samuel MULENDA


