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Doha : Bertrand Bisimwa, chef rebelle du M23, évoque la “construction de la paix” après une rencontre avec le ministre qatari des Affaires étrangères !

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Samedi, 8 novembre 2025-Bertrand Bisimwa, l’un des principaux dirigeants du mouvement rebelle AFC-M23, a annoncé avoir eu une séance de travail “fructueuse” avec le ministre qatari des Affaires étrangères, dans le cadre de pourparlers menés à Doha autour de la situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Sur son compte officiel, Bisimwa a déclaré : « La paix se construit à Doha pour nos populations : bientôt le silence des armes, les bruits des houes dans nos champs et les véhicules traversant nos villages rapatriant nos réfugiés et approvisionnant nos villes. »

Mais cette déclaration suscite de vives réactions, tant à Kinshasa que dans l’opinion publique congolaise. Bertrand Bisimwa est en effet le président du M23, intégré depuis 2023 dans la coalition Alliance Fleuve Congo (AFC) dirigée par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).

Ce mouvement armé, soutenu par le Rwanda selon plusieurs rapports onusiens, occupe illégalement de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment les zones de Goma, Bukavu, Rutshuru, Masisi et Nyiragongo.

Les forces du M23 sont accusées de graves violations des droits humains, incluant des massacres de civils, des viols et le déplacement forcé de milliers de familles.

Malgré ces crimes documentés, Bisimwa tente depuis plusieurs mois de se repositionner sur la scène diplomatique, multipliant les messages conciliants et les appels à la paix.

Son entretien à Doha, sous l’égide du ministère qatari des Affaires étrangères, s’inscrit dans une série de contacts visant à explorer les voies d’un règlement politique du conflit à l’est de la RDC.

Cependant, à Kinshasa, le gouvernement congolais rejette toute tentative de légitimation du M23 et rappelle que la paix ne saurait se construire en dehors du respect de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale.

En attendant, la situation humanitaire dans les zones occupées reste dramatique : plus de 2,7 millions de personnes déplacées internes selon les Nations unies, des infrastructures détruites et des communautés entières prises en otage par la violence.

Ainsi, tandis que Bertrand Bisimwa parle de paix depuis Doha, les populations du Kivu, elles, continuent d’attendre le véritable silence des armes sur leur sol.

ITK

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