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Entrepreneuriat en RDC : Justin Kalumba mise sur les « trois C » pour créer des emplois durables !

Mardi, 8 septembre 2026-À l’occasion de l’exercice de redevabilité portant sur ses 365 premiers jours à la tête du ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, le ministre Justin Kalumba Mwana Ngongo a présenté les principales actions engagées pour renforcer l’écosystème entrepreneurial en République démocratique du Congo. Sa stratégie repose sur trois piliers : la capacitation, le crédit et l’accès aux contrats de marché, le tout soutenu par l’amélioration du climat des affaires.

« Ministre veut dire serviteur. Je suis engagé à servir la nation et à matérialiser la vision du Président de la République, notamment son engagement en faveur de la création massive d’emplois décents et durables à travers l’entrepreneuriat », a déclaré Justin Kalumba Mwana Ngongo.

Pour le ministre, l’enjeu est de faire évoluer les mentalités afin que les Congolais ne soient plus uniquement à la recherche d’un emploi, mais puissent également devenir des créateurs d’emplois.

Les « trois C », une chaîne pour accompagner l’entrepreneur

Justin Kalumba distingue le programme de son ministère du grand programme présidentiel « Débout Jeunes Congolais », consacré notamment aux questions d’emploi et d’entrepreneuriat des jeunes.

Dans ce cadre, des assises nationales sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes ont été organisées en novembre 2025, réunissant des jeunes venus des différentes provinces de la RDC ainsi que de la diaspora. Ces travaux ont débouché sur le Pacte pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, formalisé le 30 juin 2026 au Palais de la Nation.

De son côté, le ministère de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME articule son intervention autour de trois « C », qui constituent les maillons d’une même chaîne.

Premier C : la capacitation

Le premier pilier concerne la formation et l’accompagnement des futurs entrepreneurs. Il s’agit notamment de former, coacher, mentorer, apprendre un métier ou encore apprendre à entreprendre.

Le ministère entend également introduire progressivement l’entrepreneuriat dans les différents cycles de formation, du primaire au secondaire jusqu’à l’université, notamment à travers les mécanismes d’incubation.

L’objectif est de favoriser un changement de mentalité chez les jeunes.

« Après les études, le jeune ne doit pas seulement chercher un emploi ou attendre d’entrer dans l’administration. Il doit aussi pouvoir créer son entreprise et créer des emplois », a exhorté le ministre.

Dans cette démarche, l’ANADEC, l’Agence nationale de développement de l’entrepreneuriat au Congo, joue un rôle important dans l’accompagnement et la capacitation des entrepreneurs.

Deuxième C : le crédit

La formation ne suffit pas. Encore faut-il permettre aux entrepreneurs d’accéder aux ressources nécessaires pour concrétiser leurs projets.

C’est le deuxième « C », celui du crédit. Il englobe notamment les financements, les subventions et l’accès aux équipements.

Le FOGEC, Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo, constitue à cet égard un instrument central.

« Beaucoup de jeunes ont des projets, mais n’ont pas de garanties hypothécaires pour accéder au crédit bancaire. Le FOGEC permet donc de garantir ces projets », a expliqué Justin Kalumba.

Le fonds évalue notamment la pertinence du plan d’affaires ainsi que le niveau de préparation du porteur de projet. Lorsque le projet est jugé pertinent, il peut être présenté aux institutions financières, notamment aux banques.

En cas de difficultés de remboursement, le FOGEC peut intervenir en qualité de garant.

Le ministère travaille également à diversifier les sources de financement à travers la diaspora, le financement participatif, les business angels et d’autres mécanismes innovants.

Près de 2 000 PME sont déjà suivies dans le cadre de ces mécanismes de financement innovant, selon le ministre.

Troisième C : les contrats de marché

Le troisième pilier concerne l’accès aux marchés. Pour Justin Kalumba, financer et former les entrepreneurs n’a de sens que s’ils sont ensuite capables de vendre leurs biens et services.

Dans le secteur privé, le ministère travaille notamment avec l’ARSP, l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé.

« Depuis sa création, environ 15 000 sous-traitants ont été enregistrés, dont près de 7 000 identifiés au cours de l’année écoulée », a précisé le ministre.

L’objectif est notamment de permettre aux entreprises de droit congolais et à capitaux congolais de capter davantage de marchés, particulièrement dans des secteurs comme les mines et les hydrocarbures.

Selon Justin Kalumba, une partie importante des revenus générés en RDC repartait auparavant vers l’extérieur à travers des circuits d’approvisionnement contrôlés par de grandes entreprises. Le développement de la sous-traitance devrait permettre de renforcer la circulation de ces ressources dans l’économie nationale.

Dans le secteur public, l’ordonnance-loi de 2022 prévoit jusqu’à 40 % des marchés publics en faveur des PME de droit congolais.

Le ministère travaille avec les structures compétentes, notamment la RMP et le cadre sur le contenu local, afin de rendre cette disposition pleinement effective.

Mais l’accès au marché ne constitue qu’une première étape. « Le problème n’est pas seulement de gagner un marché. Il faut aussi avoir les capacités financières et techniques pour l’exécuter correctement », a souligné le ministre.

Le « grand C » : améliorer le climat des affaires

Au-delà des trois piliers, Justin Kalumba insiste sur la nécessité d’un environnement économique favorable.

Il évoque ainsi un « grand C » : le climat des affaires.

Pour le ministre, la fiscalité doit être à la fois supportable et prévisible. Un entrepreneur ne peut investir et développer son activité si son entreprise est constamment exposée à un environnement économique et fiscal instable.

« On ne peut pas créer une entreprise aujourd’hui et la voir mourir demain à cause d’un environnement toxique », a-t-il averti.

L’ambition affichée est claire : faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs congolais capables de créer de la richesse et des emplois, jusqu’à voir apparaître « plusieurs millionnaires congolais ».

Le projet TRANSFORM : plus de 31 000 femmes accompagnées

Parmi les programmes mis en avant figure également le projet TRANSFORM, financé par la Banque mondiale.

Au lancement du programme, environ 238 000 femmes avaient manifesté leur intérêt pour bénéficier des formations. À ce jour, plus de 31 000 femmes ont été accompagnées dans différentes villes et corridors, dont environ 24 750 femmes effectivement prises en charge, selon les chiffres communiqués par le ministre.

À Kinshasa, plus de 6 000 femmes ont été touchées, contre plus de 4 000 à Mbuji-Mayi et autant à Kananga.

Les bénéficiaires ont notamment reçu des formations en initiative personnelle et en élaboration de plans d’affaires simplifiés. Certaines ont également bénéficié de kits d’entrepreneuriat ainsi que d’un petit fonds de roulement.

Pour le ministre, l’impact recherché dépasse la seule création d’activités individuelles.

Une femme qui lance son activité peut progressivement recruter deux, trois, quatre ou cinq personnes. La multiplication de ces initiatives pourrait ainsi contribuer à la création de milliers d’emplois.

Mais là encore, Justin Kalumba estime que l’accompagnement doit se poursuivre après le lancement de l’activité, notamment pour permettre aux entrepreneurs d’accéder à de nouveaux marchés et d’écouler leurs productions.

Vers un écosystème entrepreneurial intégré

Interrogé sur le fonctionnement des trois « C », le ministre estime qu’ils doivent être considérés comme les différentes étapes d’une même chaîne.

« La formation doit conduire au financement, le financement doit conduire à la production et la production doit trouver un marché », a-t-il expliqué.

Autrement dit, la capacitation, le financement et l’accès aux marchés ne peuvent fonctionner durablement de manière isolée. Un entrepreneur correctement formé doit pouvoir accéder au financement, produire et, enfin, vendre ses biens ou services.

Cette approche vise à faire évoluer progressivement l’entrepreneuriat congolais d’une logique de survie vers une logique de croissance.

« Notre ambition est de passer d’un entrepreneuriat de survie à un entrepreneuriat de croissance », a conclu Justin Kalumba Mwana Ngongo.

À travers cette stratégie, le ministère entend ainsi contribuer à la mise en place d’un véritable écosystème entrepreneurial, capable de faire émerger des PME plus solides, plus compétitives et surtout capables de créer durablement des emplois en République démocratique du Congo.

ITK

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