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Industrie : Justin Kalumba présente les avancées et la stratégie de relance industrielle de la RDC !

Lundi, 7 septembre 2026 – À l’occasion de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II, le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a présenté les principales avancées enregistrées dans le secteur industriel ainsi que les réformes engagées pour faire de l’industrie l’un des principaux moteurs de la transformation économique de la République démocratique du Congo.

Le Gouvernement entend désormais accélérer le passage d’une économie largement dépendante des importations à une économie fondée sur la production et la transformation locale, avec une plus grande création de valeur ajoutée et davantage d’emplois pour les Congolais.

L’industrialisation au cœur de la transformation économique

Pour Justin Kalumba, l’industrialisation constitue un levier stratégique incontournable pour le développement de la RDC. Le ministre a rappelé que les grandes puissances économiques se distinguent notamment par la solidité et la compétitivité de leur tissu industriel.

La RDC, malgré l’abondance de ses ressources naturelles, demeure fortement dépendante des produits importés. Une situation héritée, selon le ministre, d’un modèle économique issu de la division internationale du travail, qui a longtemps réservé aux pays du Sud le rôle de producteurs de matières premières, tandis que leur transformation et la création de valeur ajoutée étaient principalement réalisées ailleurs.

Le Gouvernement Suminwa II veut donc inverser cette tendance en mettant en place une industrie nationale capable de répondre aux besoins du marché intérieur et de conquérir progressivement les marchés régionaux et internationaux.

Dans cette perspective, une enquête nationale sur les unités industrielles a été menée en 2025 afin d’actualiser la cartographie du secteur industriel congolais. Le ministre a rappelé qu’en 1960, la RDC comptait environ 9 600 unités industrielles et figurait parmi les pays les plus industrialisés d’Afrique subsaharienne.

La ZES de Maluku, symbole de la relance industrielle

La Zone économique spéciale de Maluku figure parmi les principaux projets de la politique industrielle du Gouvernement. Justin Kalumba l’a présentée comme une véritable vitrine de la relance industrielle nationale.

La plateforme accueille actuellement 16 entreprises, dont plusieurs sont déjà opérationnelles. L’une d’entre elles a notamment réalisé un investissement de 250 millions de dollars dans la production de boissons non alcoolisées et de boissons en canette, une première en République démocratique du Congo.

Cette production est destinée au marché national, mais également à l’exportation, traduisant l’ambition du Gouvernement de développer une industrie congolaise compétitive à vocation régionale.

Le ministre a également insisté sur l’importance de développer des corridors industriels connectés aux grands axes de transport, notamment le corridor de Lobito et le corridor de l’Ouest–Congo Central. L’objectif est de faciliter les échanges commerciaux, réduire les coûts logistiques et renforcer l’attractivité de la RDC auprès des investisseurs.

Plus de 171 millions de dollars mobilisés par le FPI

Le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI) joue également un rôle central dans la stratégie de financement de l’industrialisation.

Selon Justin Kalumba, le FPI intervient actuellement dans des projets répartis dans quinze provinces, pour un volume financier dépassant 171 millions de dollars au cours de cette année. L’établissement poursuit son accompagnement des entreprises industrielles à travers l’octroi de crédits et peut également prendre des participations dans certains projets jugés structurants.

Le ministre estime toutefois que le financement des études de faisabilité doit devenir une priorité. Ces études sont indispensables pour rendre les projets bancables et attirer des financements internationaux, bancaires, bilatéraux et multilatéraux.

Justin Kalumba a par ailleurs révélé que le FPI détient près de 350 millions de dollars de créances auprès de débiteurs défaillants. Un ultimatum leur a été adressé afin qu’ils régularisent leur situation. Le ministre a prévenu que des mesures seront prises sans exception contre les mauvais payeurs.

Des milliers d’emplois attendus

La création d’emplois constitue l’un des principaux résultats attendus de la politique industrielle du Gouvernement.

Les unités industrielles recensées en 2024 auraient déjà permis de générer environ 30 000 emplois. À la Zone économique spéciale de Maluku, les projections tablent sur près de 10 000 emplois directs.

Trois hectares y ont été réservés à la formation professionnelle afin de renforcer les compétences des jeunes Congolais et d’adapter la main-d’œuvre aux besoins des entreprises.

Une entreprise implantée dans la zone prévoit notamment de recruter chaque année 600 jeunes Congolais comme stagiaires, avec la possibilité pour une centaine d’entre eux d’obtenir, à terme, un contrat à durée indéterminée.

À Kin-Malebo, où 25 entreprises sont en cours d’installation, les investissements atteignent également 250 millions de dollars. Le projet devrait générer jusqu’à 5 000 emplois directs, auxquels viendront s’ajouter de nombreux emplois indirects.

De nouvelles zones économiques spéciales en perspective

Le Gouvernement ne compte pas limiter son ambition industrielle aux sites de Maluku et de Kin-Malebo.

Une nouvelle Zone économique spéciale est notamment envisagée autour de la chaîne de valeur des batteries, des précurseurs de batteries et des véhicules électriques. D’autres régions manifestent également leur intérêt pour le développement de ce modèle industriel.

Le ministre a souligné que plusieurs opérateurs économiques, autrefois principalement actifs dans l’importation, commencent désormais à investir dans la transformation locale, notamment à Maluku et à Kin-Malebo.

Certaines de ces entreprises devraient lancer leurs activités de production dans les deux à trois prochains mois.

La jeunesse et l’entrepreneuriat au centre de la stratégie

Dans un pays où la jeunesse représente entre 60 et 70 % de la population, Justin Kalumba considère les jeunes comme les principaux bénéficiaires et acteurs de la future transformation industrielle.

La stratégie du Gouvernement prévoit ainsi une meilleure intégration entre la formation professionnelle, l’emploi, l’entrepreneuriat, les écoles techniques et les incubateurs.

L’objectif est de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de créer et de développer des entreprises industrielles.

Le ministre a également plaidé pour l’introduction de cours d’entrepreneuriat dès les cycles primaire, secondaire et universitaire afin de développer, dès le plus jeune âge, une culture de l’innovation, de la créativité et de la création d’entreprises.

Une planification concertée avec le ministère du Plan

La réussite de la politique industrielle repose également sur une meilleure coordination entre les différentes institutions publiques.

Justin Kalumba a mis en avant la synergie instaurée avec le ministère du Plan. Les projets et politiques sectorielles sont notamment examinés afin de garantir leur cohérence avec la trajectoire nationale de développement et leur compatibilité avec les ressources financières disponibles.

Cette coordination doit permettre une meilleure planification des investissements et une utilisation plus efficace des ressources publiques.

Des financements innovants pour les grands projets

Pour financer les grands projets industriels, le ministre de l’Industrie invite la RDC à explorer des mécanismes de financement innovants et à s’inspirer d’expériences internationales.

Il a notamment évoqué le modèle de financement du barrage de la Renaissance en Éthiopie, dont la construction a bénéficié d’une mobilisation importante de l’État, de la diaspora et des banques nationales.

Pour Justin Kalumba, aucun grand projet industriel ne peut toutefois être envisagé sans une étude de faisabilité solide.

Ces études constituent, selon lui, une véritable boussole pour les investisseurs. Elles permettent de mieux évaluer la viabilité des projets, de valoriser leur potentiel et de faciliter la mobilisation des financements nécessaires à leur réalisation.

La propriété intellectuelle, un autre chantier majeur

En conclusion, le ministre de l’Industrie a insisté sur la nécessité de renforcer la protection de la propriété intellectuelle et industrielle en République démocratique du Congo.

Le Gouvernement entend améliorer les mécanismes de protection des inventions, des technologies et des innovations développées par les Congolais, particulièrement celles portées par les jeunes.

Justin Kalumba a également souligné l’importance de la maîtrise des règles d’origine afin de protéger et de valoriser les inventions congolaises aux niveaux national, régional et international.

À travers ces différentes réformes, le Gouvernement ambitionne de bâtir une industrie congolaise plus compétitive, davantage intégrée aux chaînes de valeur régionales et mondiales, et capable de contribuer durablement à la création de richesses et d’emplois en République démocratique du Congo.

ITK

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