
Mercredi, 20 mai 2026-La nuit du mardi 20 au mercredi 21 mai a plongé la chefferie de Babila-Babombi dans l’horreur. Le village d’Alima, situé à environ 7 kilomètres au nord de Biakato-centre, dans le territoire de Mambasa en Ituri, a subi une attaque sanglante attribuée aux rebelles des ADF, faisant au moins 17 morts parmi les civils, selon un bilan provisoire livré par des sources locales.
Parmi les victimes figurent cinq membres de la communauté pygmée. Les assaillants ont également incendié plusieurs biens, notamment un hôtel, des kiosques et trois motos, avant d’emporter des chèvres et d’autres biens de valeur.
Des témoignages recueillis sur place indiquent que la présence des rebelles avait déjà été signalée dans les environs d’Alima depuis les premières heures de la matinée du mardi. Deux personnes auraient été exécutées avant même l’attaque principale contre le village.
Malgré les alertes lancées auprès des services de sécurité, les assaillants ont réussi à pénétrer dans la localité et à mener leur opération meurtrière sans être stoppés à temps. Une situation qui provoque colère et incompréhension au sein de la population locale, confrontée à une insécurité devenue quasi permanente.
« L’ennemi a poursuivi son incursion dans cette partie de la chefferie de Babila-Babombi », a confié une source locale jointe par téléphone. Selon cette même source, l’absence d’intervention rapide a permis aux rebelles de repartir avec leur butin avant de disparaître dans la brousse.
Moins de 24 heures après le massacre d’Alima, une autre attaque a été signalée ce mercredi dans la localité de Manyama, plus à l’ouest. Un bilan provisoire fait état de deux nouveaux morts.
Face à cette série d’attaques, la Nouvelle Société Civile de Mambasa redoute une progression organisée des ADF dans plusieurs villages de la zone. Les habitants de Kundu, Pakwida, Kasoko, Mitume, Lelesi, Luhindi, Mabangungu et Dondola ont été appelés à renforcer leur vigilance.
« Nous appelons la population à la vigilance. Les rebelles progressent. Il faut informer rapidement les services de sécurité et éviter les déplacements isolés dans cette zone », a alerté Peresi Mamboro, acteur de la société civile locale.
Le bilan définitif reste encore inconnu. Plusieurs habitants sont portés disparus et certaines zones demeurent difficiles d’accès à cause de l’insécurité persistante. Les acteurs locaux craignent que le nombre de victimes augmente dans les prochaines heures.
Cette nouvelle tragédie survient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant dans le territoire de Mambasa, régulièrement ciblé par les attaques des ADF malgré les opérations militaires en cours dans l’est de la République démocratique du Congo.
Jospin wa JORKIM



