Lundi, 2 novembre 2026-En Ituri, les journalistes exercent leur métier dans un environnement particulièrement difficile, marqué par les violences récurrentes des groupes armés, l’insécurité persistante et la crise sanitaire liée à l’épidémie d’Ebola.
À ces défis s’ajoutent la propagation des rumeurs, les théories complotistes et la méfiance d’une partie de la population à l’égard des mesures de riposte. Une situation qui expose davantage les professionnels des médias à l’hostilité de certaines communautés, alors même qu’ils jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation et la lutte contre la désinformation.
Les journalistes qui s’efforcent de diffuser une information fiable sont confrontés à de nombreuses difficultés : menaces directes, pressions exercées par des acteurs armés, restrictions d’accès aux sources officielles et précarité économique des rédactions. Les difficultés d’accès aux zones de reportage, conjuguées au manque de moyens matériels et financiers, fragilisent davantage l’exercice de leur profession.
L’Antenne de Journaliste en Danger (JED) en Ituri déplore notamment que certains médias locaux ne bénéficient pas d’une prise en charge adéquate, malgré leur implication active dans la sensibilisation des communautés et la diffusion des messages de prévention contre Ebola.
Cette situation soulève la question de la reconnaissance et du soutien accordés aux médias de proximité, qui jouent un rôle déterminant dans la diffusion des informations sanitaires, la prévention des maladies et la lutte contre la désinformation.
Pour l’Antenne JED Ituri, l’engagement des médias dans la riposte sanitaire ne doit être ni ignoré, ni marginalisé, encore moins conditionné à l’adoption d’une ligne éditoriale complaisante. Elle appelle ainsi les autorités sanitaires et les partenaires de la riposte à garantir une collaboration équitable, transparente et inclusive avec l’ensemble des organes de presse.
À cet effet, JED recommande aux autorités concernées de privilégier un dialogue permanent avec les professionnels des médias, de clarifier les critères de sélection des organes bénéficiant d’un accompagnement et de garantir un accès équitable à l’information.
En cas de répétition des pratiques d’exclusion, de discrimination ou de pressions, JED encourage les journalistes à :
Documenter rigoureusement les faits ainsi que les différentes formes de pressions subies ;
Saisir officiellement les responsables de la riposte sanitaire ;
Alerter l’Antenne JED Ituri et les autres instances de défense de la liberté de la presse ;
Privilégier les démarches collectives afin d’éviter l’isolement des journalistes concernés ;
Recourir aux mécanismes de protection et aux voies de recours appropriées.
JED rappelle que les autorités impliquées dans la riposte sanitaire ne doivent en aucun cas utiliser leur pouvoir pour intimider, sanctionner ou réduire au silence les médias dont la ligne éditoriale est critique.
L’Antenne JED Ituri rappelle également aux journalistes leur responsabilité professionnelle. Les formations reçues en matière de journalisme responsable et de lutte contre la désinformation doivent se traduire concrètement dans leurs pratiques quotidiennes, notamment par la vérification systématique des informations, le respect de la dignité des personnes malades, la protection des sources et la préservation de leur indépendance éditoriale.
Face à cette situation, JED appelle les autorités congolaises à prendre des mesures concrètes pour :
Lutter efficacement contre l’impunité des auteurs de violences envers les journalistes ;
Rendre pleinement opérationnel le mécanisme national de protection des professionnels des médias ;
Garantir aux journalistes un accès libre et équitable aux sources officielles ;
Apporter un soutien financier, technique et matériel aux médias locaux et aux radios communautaires, sans aucun conditionnement éditorial.
« Protéger les journalistes en Ituri, c’est protéger le droit de chaque citoyen à savoir, à comprendre et à se prémunir contre la maladie et l’insécurité », conclut le communiqué.
Jospin wa JORKIM


