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RDC : Muyaya condamne les actes de violence contre la Force régionale !

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Mardi, 7 février 2023-La population de Goma a manifesté hier lundi 6 février contre la » passivité » du contingent de l’EAC censé combattre les rebelles du M23.

Au cours d’un briefing presse qu’il a organisé en début de soirée hier lundi 6 février à Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, et Porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya, a condamné les actes de violence observés dans la journée à Goma, contre » l’inaction » de la force est-africaine. » La frustration est compréhensible, la colère aussi. Une chose est d’être en colère, c’est légitime, mais une autre qui n’est pas légitime c’est de revendiquer dans la violence en s’en prenant à des églises, en essayant d’extorquer les paisibles citoyens « .

Le Porte-parole du Gouvernement exhorte la population à ne pas tomber dans le jeu de l’ennemi. « La situation est déjà difficile à Goma. La stratégie de l’ennemi c’est d’asphyxier cette ville. Et s’il y a des attitudes comme celles observées hier, cela ne pourra que favoriser le jeu de l’ennemi. Et vous versez dans les activités de ce genre, une infiltration n’est pas loin… Il faut éviter que des infiltrés rwandais, qui sont un peu partout puissent profiter d’une telle situation », fait remarquer le ministre de la Communication et Médias.

Problème d’efficacité

La Force régionale est déployée avec un mandat offensif. Et l’on observe que depuis le communiqué de Luanda qui avait fixé la ligne à suivre, les choses ne se font pas comme elles devraient se faire. Visiblement le M23 ne s’est pas retiré, à la place, il y a des simulacres de retrait et cela pose un problème d’efficacité de cette force et c’est ce qui fera l’objet de la réunion prévue dans une semaine avec les différents états-majors, indique le ministre de la Communication et Médias.

« Nous avons souscrit dans un processus avec cette force qui doit être là pour fixer l’objectif M23, et les autres groupes armés, et puisque cela ne se fait pas ça suscite des réactions, notamment la colère observée aujourd’hui dans le Nord-Kivu contre la force régionale. C’est une colère justifiée, parce qu’il y a des objectifs qui ont été assignés, mais qui ne sont pas encore atteints, ce n’est pas du mandat de la Force régionale de commencer à discuter ou à chercher une issue politique avec le M23 « , fait savoir le ministre Muyaya.

Lors des travaux du XXe sommet extraordinaire des Chefs d’Etats de la communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), le 4 février au palais présidentiel Ntare Rushatsi de Bujumbura, une vidéo montre le Président Félix Tshisekedi interpelant le général kenyan Jeff Nyagah, commandant de la Force régionale des États de l’Afrique de l’Est: » Ne faites pas favoriser le M23 « , ajoutant » ce serait dommage que la population s’en prenne à vous. Vous êtes venus pour nous aider et non pour avoir des problèmes. Soyez attentifs à cela, communiquez avec la population « .

Depuis quelque temps, plusieurs manifestations ont été organisées dans l’Est de la RDC pour protester contre la passivité de la force régionale qui n’a toujours pas ouvert le feu sur les différents groupes armés dont le M23 dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo. Les manifestants reprochaient à la force de l’EAC de ne rien faire pour contraindre les rebelles à exécuter les résolutions du mini-sommet de Luanda.

Lors de son séjour à Kinshasa fin novembre, le président kényan William Ruto avait assuré que cette force régionale avait pour mandat d’ »imposer la paix » aux groupes armés récalcitrants.

Le gouvernement congolais avait pris acte, le 18 janvier, du refus du M23 d’exécuter les recommandations du sommet de Luanda, qui lui exigeait de se retirer de ses positions au Nord-Kivu.

Le ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, dans un communiqué, avait rappelé que ce mouvement rebelle devrait quitter ses positions au plus tard le 15 janvier conformément à la programmation de la force de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Ce retrait, selon lui, devrait permettre le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans ces zones et le retour des populations congolaises à leurs milieux d’origine.

Didier KEBONGO

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