
Kinshasa, 12 avril 2026 – Dans une tribune qui suscite déjà des réactions, Jonathan Longonda Mbula, leader de jeunes à Kinshasa, s’interroge sur le silence de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo face aux récentes accusations formulées par le président rwandais Paul Kagame.
Ce dernier a publiquement mis en cause l’ancien président congolais Joseph Kabila, l’accusant de liens avec la rébellion de l’AFC/M23.
Des propos que Jonathan Longonda Mbula qualifie de « gravité exceptionnelle », dans la mesure où ils touchent à la souveraineté, à la sécurité nationale et à la mémoire politique de la République démocratique du Congo.
Dans son analyse, Jonathan Longonda Mbula relève l’absence de réaction officielle de la CENCO, une posture qu’il juge en décalage avec les prises de position habituelles de l’Église catholique dans le débat public congolais.
« Ce silence contraste avec les interventions régulières et souvent critiques de l’Église à l’égard des institutions nationales », note-t-il, faisant notamment référence aux positions adoptées par le passé vis-à-vis du pouvoir en place dirigé par le président Félix Tshisekedi.
Jonathan Longonda Mbula s’interroge sur les motivations d’une telle réserve. Faut-il y voir une prudence diplomatique dans un contexte régional tendu ? Une volonté d’éviter une escalade entre Kinshasa et Kigali ? Ou encore une forme de sélectivité dans l’engagement public de l’Église ?
Autant de questions qu’il soulève sans trancher, mais qui alimentent le débat au sein de l’opinion.
Pour Jonathan Longonda Mbula, le rôle historique de l’Église catholique comme « conscience morale » de la nation impose une exigence de cohérence. Il estime que la crédibilité de cette institution repose sur sa capacité à tenir une ligne constante, indépendamment des acteurs ou des circonstances.
« Le peuple congolais n’attend pas une parole orientée. Il attend une parole juste, courageuse et équilibrée », insiste-t-il.
ITK



