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Péage sur la RN1 Matadi-Kinshasa : des recettes générées par le système prennent la direction des poches des individus (Enquête) !

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Dimanche, 11 mai 2025-La maximisation des recettes dues au trésor public, la transparence dans la gestion des finances publiques, la lutte contre la corruption et l’efficacité budgétaire, somme toute, demeurent parmi les priorités actuelles du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a toujours tenu à ce que cela se traduise non pas dans les faits, mais plutôt dans les actes.

Notamment à travers des actions ambitieuses devant être menées par les différents services générateurs de recettes qui, croit-on savoir, constituent le socle de développement d’une nation telle que la République Démocratique du Congo.

C’est dans cette perspective que l’État congolais, qui a encore beaucoup de défis à relever tant pour son développement que pour la totale métamorphose de ses grandes villes et agglomérations, avait initié, il y a quelques années, le péage à travers toutes ses importantes voies routières et dont les recettes générées par ce système devraient servir à des travaux de construction et d’entretien des infrastructures routières. À l’instar du Fonds d’Entretien Routier (FONER), malheureusement très limité dans la mobilisation des recettes pour y faire face.

Au Kongo Central plus précisément, le tout premier ballon d’essai a été tenté sur la route nationale nº 1 (RN1), dans sa partie comprise entre Matadi et Kinshasa, distante de 365 km, où a été instauré, depuis 2001, un droit de péage que tout véhicule désireux de l’emprunter est appelé à s’acquitter de façon obligatoire.

Et pour une meilleure transparence des fonds générés au jour le jour par ce système et, éventuellement, éviter qu’il y ait fraude, trois postes de péage ont été créés sur cette route et ce, dans trois différents endroits.

Il s’agit notamment de Kenge, Lukala et Kasangulu.

À chacun de ces postes de péage fonctionne un guichet de Rawbank, en contrat avec le concessionnaire qui n’est autre que la Société de Péage du Congo (SOPECO).

En sus, un tableau tarifaire visible à l’œil nu y est également affiché ; lequel reprend les différents montants à payer selon le type de véhicules.

Les recettes issues de ce système sont d’office placées sous la gestion de la société précitée et utilisées, comme ci-haut mentionné, à des travaux de construction et d’entretien de la RN1, conformément au contrat de concession liant cette dernière à l’État congolais, par le biais du ministère des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR).

C’est-à-dire, ces frais sont collectés au guichet de la Rawbank qui les enregistre de façon automatique et les affecte par voie bancaire, selon un mécanisme légal requis.

Auparavant, 90 % desdites recettes étaient directement affectées aux travaux des infrastructures routières de la province du Kongo Central, avec priorité à ceux de la RN1.

C’est ce qui explique la présence, à chaque poste de péage, des agents respectivement de la SOPECO, du gouvernorat de province jouant le rôle des contrôleurs, de la banque ainsi que de ceux des services de l’ordre et de sécurité pour contrer les fraudes d’où qu’elles viennent — mais hélas !

Les 10 % autres revenaient jadis de droit à la province. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui où, contre toute attente, cette quotité lui a été amputée, de façon arbitraire et unilatérale, au détriment du concessionnaire qui, à lui seul, s’accapare la part du lion.

Suite au précédent, la province du Kongo Central, en ce qui le concerne, ne se contente que d’un petit forfait de 150 000 $ le mois sur près de 4 millions $ que réalisait autrefois le péage sur la RN1.

D’après une certaine indiscrétion, au vu de l’intensité du trafic actuellement sur cette voie, les recettes mensuelles réalisées par ce système sont passées, depuis plusieurs mois, de 4 à 7 millions de dollars américains. Malheureusement, la province qui devrait aussi voir le forfait mensuel lui attribué connaître une nette augmentation, est restée stationnaire ; soit 150 000 $ jusqu’à ce jour.

Ce qui, à notre humble avis, devrait sans plus tarder pousser l’Assemblée provinciale et le gouvernement provincial à conjuguer ensemble les efforts. Question de mener une lutte acharnée en vue de pousser le concessionnaire à revoir aussi à la hausse le minable forfait qu’il alloue mensuellement au Kongo Central.

Car, à dire vrai, les 7 millions de dollars américains de recettes mensuelles tant vantées par la SOPECO ne reflètent pas la réalité au vu de l’intensité du trafic sur cette voie. Elles devraient plutôt faire le double voire le triple de ce chiffre.

 DES JETONS PARALLÈLES SIGNALÉS !

Pour moult observateurs avertis, cela serait dû au manque de sérieux qui anime les cadres et agents affectés aux différents postes de péage établis sur la RN1. Ces derniers ont transformé lesdits postes en leurs boutiques personnelles où ils se permettent le luxe de faire tout ce que bon leur semble sans la moindre réaction des tenants du pouvoir de cette province.

Selon nos sources concordantes qui se recrutent parmi certains camionneurs des véhicules poids lourds fréquentant régulièrement cette route et qui sont animés par l’amour de la patrie, la mauvaise gestion des ressources provenant du péage par ceux-là mêmes qui sont censés y veiller au grain, révèle-t-on, en serait pour beaucoup.

Ils pointent un doigt accusateur en direction de l’ensemble des services œuvrant dans lesdits postes, en l’occurrence ceux de Kasangulu et de Kenge, qu’ils accusent de détourner malignement des fonds générés par ce système et ce, à travers des pratiques dilatoires tant décriées qu’ils auraient instaurées et mises en place.

Celles-ci, renseignent sans réserve les mêmes sources, consistent à faire imprimer des jetons parallèles autres que ceux produits automatiquement par les machines de la SOPECO ; lesquels leur permettent de voler facilement l’argent du péage et se faire des économies.

C’est-à-dire, ils ont acquis les sales habitudes de déployer au jour le jour certains d’entre eux qui vont plus loin cueillir des véhicules dans le seul objectif de coopérer avec certains chauffeurs à qui ils exigent le paiement, à mains propres, des droits de péage en lieu et place de les orienter vers les guichets de la banque.

En retour, soutiennent nos sources dignes de foi, ils leur délivrent des jetons parallèles imprimés par eux-mêmes et ce, de commun accord avec tous les services opérant aux postes de péage afin d’éviter qu’il y ait fuite d’information. L’argent récolté de cette fraude, ils se le partagent au quotidien sans tambour ni trompette.

Une fois cette étape terminée, ils se communiquent entre eux chefs des postes et se font transférer, moyennant les téléphones Android, les listes portant entre autres le nom du chauffeur, le numéro d’immatriculation et la marque du véhicule afin de lui faciliter le passage aussitôt arrivé au prochain poste de péage et vice-versa ; faisant ainsi échapper à l’État congolais des milliers de recettes dues au trésor public.

Cette pratique, selon toujours nos sources, daterait de très longtemps mais sans pour autant qu’elle ne puisse attirer l’attention des autorités compétentes qui continuent à dormir sur leurs lauriers.

Et si par hasard, un camionneur détenteur d’un faux jeton arrive près du prochain poste de péage dont le chef n’a pas été saisi au préalable, son véhicule serait contraint d’attendre des heures durant, loin dudit poste, jusqu’à la venue de celui qui viendra prendre la relève, qui est supposé avoir été déjà mis au parfum de leurs combines mafieuses. C’est ce dernier qui va devoir autoriser son passage.

Cette transition entre le chef entrant et le chef sortant fait parfois que plus de 100 véhicules, pour la plupart ceux dits poids lourds, puissent se retrouver en stationnement en formant un long fil ; attirant ainsi la curiosité des voyageurs et autres usagers de cette route qui croiraient à une panne de connexion survenue au niveau du guichet de la banque. Que non !

C’est autant dire que cette mafia délibérément orchestrée par les cadres et agents commis aux postes de péage ne profite pas seulement à ces derniers ; mais aussi aux camionneurs. Ces derniers qui perçoivent de leurs patrons la totalité des frais liés aux droits de péage ; mais qui ne payent entre les mains desdits agents que le moins du montant affiché au tableau tarifaire.

C’est aussi l’une des causes à la base des arrivées tardives à destination pour de nombreux véhicules qui, devant leurs patrons, se rebiffent derrière les embouteillages.

Ce coulage des recettes, qui prend de plus en plus des proportions très inquiétantes sous la barbe des décideurs, ne pourrait permettre au gouvernement de la République de parvenir à mettre des fonds conséquents à la disposition des entreprises chinoises qui effectuent des travaux de rénovation dans plusieurs endroits à forte dégradation de cette route.

Alors qu’il y a quelques années, grâce au fruit du péage, ces mêmes entreprises chinoises ont modernisé certains tronçons routiers de la province tels que ceux de Matadi – Boma et de Boma – Muanda pour ne citer que ces deux-là parmi tant d’autres. Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui où une bonne partie des recettes réalisées par le système vont tout droit vers les poches des individus.

REFUS CATÉGORIQUE DE RÉPONDRE À L’INVITATION DE LA PRESSE !

Pour beaucoup plus d’objectivité, nos fins limiers ont contacté à plusieurs reprises certains responsables commis aux postes de péage pour avoir leur son de cloche, tel que le recommandent les textes légaux et réglementaires qui régissent la profession du journaliste.

Malheureusement et contre toute attente, en dépit des efforts fournis près d’un mois durant et des rendez-vous pris, ces derniers ne cessaient de briller par leurs absences. Aussi, piqués on ne sait par quelle mouche, ils ne décrochaient pas non plus leurs téléphones face aux nombreux appels de nos fins limiers.

N’est-ce pas que par ce comportement frisant la bizarrerie, ils se sont mis à découvert et ont prouvé leur culpabilité vis-à-vis de cette question sans pour autant qu’ils ne le sachent ?

Aux uns et aux autres de faire les analyses.

Néanmoins, au vu de ce qui précède, d’aucuns pensent que l’heure a sonné pour mettre au défi tous ceux d’entre eux qui favorisent le coulage des recettes provenant des postes de péage établis sur la RN1.

C’est-à-dire, les responsables de tous les services y affectés qui sont interpellés, sont appelés à mettre dès lors de l’ordre dans la boutique. Entre autres en procédant tout simplement au remplacement de tous les effectifs anciens, accusés de détourneurs, par de nouveaux.

Ce n’est qu’à ce prix qu’elles verront les recettes générées par ce système augmenter davantage d’un cran et marcheront selon la vision du Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui est déterminé à concevoir et à réaliser des projets d’infrastructures routières structurantes sur l’ensemble du territoire national.

Contrairement, leur silence serait tout simplement qualifié de complice.

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