
Vendredi, 13 juin 2025-En conflit ouvert avec le président Félix Tshisekedi, son prédécesseur à la tête de la RDC s’est installé à Goma fin mai. Depuis cette ville de l’Est occupée par les rebelles du M23, il tente de faire valoir ses arguments jusqu’à la Maison-Blanche.
Tandis que les délégués de Kinshasa et de Kigali affluent à Washington pour négocier le plan de paix initié par les États-Unis, qui ambitionnent de parvenir à un accord dans les prochaines semaines, un autre acteur de la crise cherche à se faire entendre : Joseph Kabila, prédécesseur de Félix Tshisekedi à la tête de la RDC.
C’est l’un de ses plus proches collaborateurs qu’il a mandaté dans la capitale fédérale américaine : Kikaya Bin Karubi chemine aux côtés du raïs depuis près de 25 ans et a été, ces derniers mois, l’un des artisans du retour de ce dernier à Goma, ville tombée aux mains des rebelles du M23 en janvier dernier.
À Washington, il prévoit notamment de rencontrer, selon nos informations, des membres du Congrès et du Conseil national de sécurité (récemment remanié). Auprès de chacun, il tentera de justifier le retour de Joseph Kabila sur le devant de la scène et d’expliciter ses intentions, à savoir, selon l’ancien président, mettre fin « à la tyrannie de Tshisekedi ».
Mandat d’arrêt international contre Kabila ?
Depuis la levée de son immunité de sénateur, le 22 mai, Joseph Kabila s’est vu accuser, par l’auditeur général près la Haute Cour Militaire, de « trahison, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et participation à un mouvement insurrectionnel » – référence à son présumé soutien à la rébellion du M23, appuyée par le Rwanda. Ses proches s’attendent désormais à ce qu’un mandat d’arrêt international soit émis à son encontre.
La venue de Kikaya Bin Karubi à Washington coïncide avec celle d’un autre adversaire du chef de l’État : Moïse Katumbi. Venu assister à la coupe du monde des clubs, qui s’ouvre le 15 juin, l’opposant a été reçu au département d’État.
Article tiré de Jeune Afrique



