
Samedi 21 juin 2025 – Les tensions entre institutions viennent de franchir un nouveau cap. Selon des sources concordantes proches du dossier, l’Assemblée nationale a officiellement autorisé l’ouverture d’une instruction judiciaire contre le ministre démissionnaire de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba. Une décision qui intervient dans un contexte de fortes turbulences politico-judiciaires à Kinshasa.
Le nouveau dossier dont se saisie le Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, est d’une gravité certaine : il s’agit d’accusations d’outrage à la justice et à l’autorité de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.
L’affaire trouve son origine dans plusieurs déclarations publiques et publications de Constant Mutamba jugées injurieuses, voire diffamatoires, à l’endroit de la cheffe du gouvernement et du pouvoir judiciaire.
Selon nos informations, ces propos auraient été prononcés alors que Mutamba était encore en fonction, mais les procédures disciplinaires internes n’avaient pu être entamées sans l’autorisation préalable de l’Assemblée, conformément à la Constitution et aux lois régissant la poursuite des membres du gouvernement.
La démission récente de Constant Mutamba du gouvernement, annoncée début juin à la suite de divergences ouvertes avec la Première ministre et certains membres influents de l’UDPS, a levé les derniers obstacles à une action judiciaire directe.
N’étant plus couvert par l’immunité ministérielle, l’ancien ministre pourra désormais être convoqué par le parquet pour être entendu dans cette nouvelle affaire.
L’autorisation donnée par l’Assemblée nationale marque une rupture importante dans la gestion des conflits entre personnalités politiques de premier plan et la justice. Cette décision est également perçue comme une affirmation claire de l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Le rôle central de Firmin Mvonde
Le Procureur général Firmin Mvonde, qui mène déjà plusieurs dossiers sensibles dans le cadre de la moralisation de la vie publique et de la réforme de la justice en RDC, se retrouve une fois de plus au cœur de l’actualité.
Il avait récemment été dépêché à Bandundu dans le cadre d’une mission d’inspection judiciaire, preuve que sa stratégie offensive contre l’impunité est soutenue au plus haut niveau.
Sa compétence à instruire ce nouveau dossier renforce le message que nul, même ancien ministre, n’est au-dessus de la loi. Il appartiendra désormais à lui et à son équipe de déterminer si les faits reprochés sont constitués et méritent une mise en accusation.
Cette nouvelle affaire s’inscrit dans un climat de crispation institutionnelle. Depuis plusieurs semaines, les relations entre l’exécutif, le judiciaire et le Parlement sont marquées par des tensions sur fond de lutte contre la corruption, d’indiscipline politique, et de querelles d’égos entre personnalités de premier rang.
Il est fort probable que Constant Mutamba tente une contre-offensive médiatique ou judiciaire, comme il en a l’habitude. Mais cette fois-ci, il devra le faire en tant que simple citoyen, sans le bouclier que lui conférait son statut ministériel.
Affaire à suivre de très près, car elle pourrait bien ouvrir une nouvelle séquence judiciaire et politique dans la RDC post-électorale, où le pouvoir affirme vouloir rompre définitivement avec l’impunité.
ITK



