
Samedi 21 juin 2025 – Le mandat des membres actuels du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), nommé par ordonnance présidentielle n°20/043 bis du 20 mai 2020, est officiellement arrivé à échéance depuis le 20 mai 2025. Pourtant, un flou persiste quant à la transition au sein de cette importante institution de régulation, alimentant frustrations et inquiétudes en interne.
Selon plusieurs sources au sein de l’ARPTC, un climat de désorientation et de tensions s’est installé. Les agents et cadres ne savent plus à quelle autorité se référer, misant désormais sur une seule lueur d’espoir : l’intervention du Chef de l’État.
L’équipe sortante, dirigée par M. Christian Katende, continue pourtant d’exercer alors qu’elle est déjà arrivée en fin mandat.
Alertes ignorées et dérives managériales
La note interne n°40/ARPTC/VP/2024, émise par la Vice-Présidente du Collège, dénonçait des pratiques préoccupantes : gestion opaque, engagements budgétaires irréguliers, et non-respect des directives présidentielles, notamment l’interdiction de recrutement dans les établissements publics en cette période de restrictions économiques. Ces avertissements ont été balayés du revers de la main, qualifiés de querelles internes, alors même qu’ils pointaient de vraies dérives de gouvernance.
Un exemple révélateur : le remplacement du Directeur financier, malade, par un retraité de 65 ans – ancien cadre d’Airtel – en violation des règles d’âge fixées pour la fonction publique. Cette nomination soulève des interrogations sur les motivations réelles du Collège, accusé de privilégier la fidélité à la hiérarchie au détriment de la compétence.
Absence de réforme, immobilisme structurel
Depuis cinq ans, l’ARPTC peine à remplir ses missions de manière efficiente. Aucune restructuration notable, pas de plan de performance, des affectations dictées davantage par la proximité avec les membres du Collège que par le mérite ou la carrière des agents.
Plus inquiétant encore, les missions cruciales liées au numérique et à la protection des données ne sont toujours pas opérationnalisées. La taxe instaurée pour financer ces missions serait, selon des sources internes crédibles, détournée au profit d’un prestataire privé, WEBTECH, au détriment des caisses de l’ARPTC.
Avec la fin de leur mandat, plusieurs signes laissent penser que l’équipe sortante chercherait à se maintenir en place par des moyens détournés.
Certaines sources évoquent des tentatives d’influence sur des instances judiciaires afin d’obtenir une décision favorable au maintien de M. Katende et ses collaborateurs à la tête de l’ARPTC, en dehors de tout fondement légal.
Ce scénario rappelle l’épisode de 2022, lorsque le décret du Premier ministre Sama Lukonde, visant une réforme profonde de l’ARPTC et la création d’une nouvelle entité – l’ARPTIC – avait été bloqué, notamment sous pression d’un ancien directeur de cabinet du Chef de l’État.
Appel au garant de la nation
Face à cette situation de blocage institutionnel, les agents et cadres de l’ARPTC lancent un appel solennel au Président de la République, garant du bon fonctionnement des institutions.
Ils demandent la mise en place urgente d’un nouveau Collège, composé de personnalités compétentes, intègres et capables de redonner à l’ARPTC sa crédibilité et son rôle central dans la régulation du secteur des télécommunications et du numérique en RDC.
ITK



