
Mercredi, 6 août 2025 – Le Conseil d’État s’est définitivement prononcé dans l’affaire opposant la Ministre d’État, Ministre de l’Environnement et Développement Durable, à Honoré MULUMBA KALALA, Directeur Général suspendu du Fonds Forestier National (FFN). Par une ordonnance, la haute juridiction administrative a rétracté les mesures conservatoires prononcées en faveur de l’intéressé le 8 juillet dernier, sous ROR 1283.
La nouvelle décision est motivée par le fait que l’ordonnance initiale n’avait pas tenu compte de graves charges pesant sur M. MULUMBA, relevées dans le rapport général du Collège des Commissaires aux Comptes du FFN, arrêté au 31 décembre 2023, ainsi que lors de la 17ème réunion ordinaire du Conseil d’administration tenue du 20 au 26 novembre 2024.
Une gestion jugée catastrophique
Le rapport des Commissaires aux Comptes dépeint une gestion entachée de fautes graves, notamment des cas avérés de détournement, de coulage de recettes publiques et d’absence de transparence. À plusieurs reprises invité par le Conseil d’administration à se justifier, Honoré MULUMBA a multiplié les absences sans motif valable, préférant s’exprimer dans les médias au mépris de sa hiérarchie directe.
Face à ce comportement, le Conseil d’administration avait adopté la résolution n°4, sollicitant la suspension du Directeur Général pour faute lourde, ainsi que la saisine des juridictions compétentes.
Un détournement évalué à plus de 22 millions de dollars…
Par ailleurs, un audit de la Cour des Comptes renforce les accusations. Il estime à plus de 22 millions USD le montant des détournements opérés sous la gestion de MULUMBA. Le rapport épingle plusieurs irrégularités graves, parmi lesquelles :
– Ouverture d’antennes provinciales (notamment à Mbuji-Mayi) sans l’aval du Conseil d’administration ni du Ministère de tutelle ;
– Exécution de budgets non approuvés ;
– Absence de mécanismes de suivi et d’évaluation des projets financés ;
– Réduction arbitraire des superficies reboisées et des recettes y liées ;
– Financement d’ONGD inéligibles et de projets non étudiés techniquement ;
– Marchés publics attribués sans appel à la concurrence.
Soulagement dans les rangs du FFN
La décision du Conseil d’État est perçue comme une victoire pour la gouvernance et un soulagement pour les agents et cadres du Fonds Forestier National, qui redoutaient un retour aux pratiques opaques.
Elle ouvre également la voie à une gestion plus rigoureuse et transparente de cette structure clé dans la mise en œuvre des politiques environnementales du pays.








