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RDC–Rwanda : pour une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (Tribune de Steve Mbikayi) ! 

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Dimanche, 14 décembre 2025-À tout seigneur, tout honneur. La diplomatie agissante du Président Félix Antoine Tshisekedi mérite d’être saluée avec constance. Par la patience, la méthode et l’ancrage dans le droit international, elle a permis de faire évoluer le regard de la communauté internationale sur la crise à l’Est de la République démocratique du Congo. Ce qui était hier encore présenté comme un conflit complexe est aujourd’hui reconnu par tous pour ce qu’il est : une agression caractérisée contre un État souverain. Cette dynamique doit être poursuivie, renforcée et conduite jusqu’à son terme naturel: la fin de la guerre et le rétablissement de la paix.

Nous invitons les acteurs politiques congolais de tous bords, ainsi que les princes de l’église, à soutenir pleinement ces efforts.

Que l’énergie et la détermination qu’ils consacrent à la recherche d’un dialogue politique soient également mobilisées pour accompagner notre diplomatie dans la défense de l’intégrité territoriale du pays. Et, une fois la souveraineté restaurée, les différends internes trouveront leur solution à l’interne.

Un fait majeur s’impose désormais. L’agression de la RDC par le Rwanda n’est plus matière à débat. Elle est établie par les rapports successifs des experts des Nations unies, reconnue par plusieurs membres du Conseil de sécurité, et assumée, de manière plus ou moins explicite, par les autorités rwandaises elles-mêmes.

Le droit international n’est donc plus confronté à une zone d’ombre, mais à une violation manifeste de principes fondamentaux librement acceptés par tous.

La Charte des Nations unies interdit clairement, en son article 2 paragraphe 4, le recours à la force contre l’intégrité territoriale d’un État. Les résolutions 2625 et 3314 rappellent qu’une agression peut être directe ou indirecte, y compris par le soutien à des groupes armés opérant contre un État voisin.

Sur le plan africain, l’Acte constitutif de l’Union africaine consacre l’intangibilité des frontières héritées de l’indépendance. Leur violation n’affecte pas seulement la RDC; elle fragilise l’ordre juridique régional et international.

La résolution 2773 du Conseil de sécurité a constitué une étape importante en reconnaissant la gravité de la situation. Mais la persistance de l’agression appelle désormais une réponse plus conforme aux responsabilités du Conseil en vertu du Chapitre VII de la Charte. Le temps est venu de passer du constat à l’action.

Il apparaît dès lors légitime de solliciter une nouvelle résolution du Conseil de sécurité portant, d’abord, une condamnation explicite de l’agression rwandaise contre la RDC. Ensuite, l’adoption de sanctions ciblées et proportionnées tant que perdureront la présence de forces étrangères sur le sol congolais et le soutien au M23.

Enfin, une demande claire et sans ambiguïté de retrait immédiat et sans condition des troupes rwandaises et de cessation de tout appui à ce mouvement armé.

Dans cette perspective, il serait cohérent que les USA, qui ont joué un rôle central dans les efforts de médiation et dans la conclusion de l’accord entre la RDC et le Rwanda, puissent accompagner et, le cas échéant, endosser une telle initiative au Conseil de sécurité.

Un tel portage renforcerait la crédibilité du processus et confirmerait l’attachement de Washington à un ordre international fondé sur le respect de la souveraineté des États.

Notre pays a fait le choix responsable de la diplomatie et du droit. Il demande l’application rigoureuse des règles communes; et la transformation de la reconnaissance de l’agression en décisions concrètes, crédibles et dissuasives.

Car lorsque notre intégrité territoriale est violée sans conséquence, ce n’est pas seulement la RDC qui en souffre, mais la confiance même dans l’ordre international.

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