
Dimanche, 31 mai 2026-L’Ituri passe à la vitesse supérieure dans la riposte contre Ebola. Au lendemain de sa visite éclair à Bunia, le Directeur général de Organisation mondiale de la santé, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a scellé un engagement fort avec le Gouvernement congolais : renforcer immédiatement l’appui international afin de maîtriser l’épidémie dans un délai de six mois.
Face à la presse samedi soir, aux côtés du ministre de la Santé publique, le patron de l’OMS s’est voulu rassurant :
« La RDC n’est pas seule. L’OMS mobilise vaccins, experts et financements. Chaque jour compte. »
De son côté, le ministre de la Santé publique, Dr Samuel Roger Kamba Mulamba, a présenté la feuille de route du Gouvernement congolais.
« Notre cible est de contrôler cette épidémie d’Ebola en Ituri dans un délai de six mois. C’est ambitieux, mais tenable si nous frappons vite et fort, surtout dans les zones à risque comme les sites de déplacés. »
Pour atteindre cet objectif, le Gouvernement annonce le déploiement de 300 agents supplémentaires, l’ouverture de deux Centres de Traitement Ebola (CTE) mobiles ainsi qu’une campagne élargie de vaccination en anneau.
« Le virus ne doit pas s’installer dans les camps. C’est notre ligne rouge », a insisté le ministre.
Au cours de son séjour à Bunia, le Dr Tedros a rencontré le gouverneur militaire de l’Ituri, le Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, avant de visiter un site de déplacés. Le Directeur général de l’OMS a insisté sur l’urgence d’agir rapidement.
« J’ai vu la détermination des équipes congolaises. J’ai vu la peur dans les camps. Maintenant, il faut transformer cette visite en actes. Les moyens de l’OMS arriveront sans délai : chaînes de froid, tests rapides, anthropologues pour dialoguer avec les communautés. »
Le responsable onusien a également salué « le courage des infirmiers et des relais communautaires », tout en mettant en garde contre le défi majeur de la confiance des populations.
« Sans la confiance des populations, aucun vaccin ne suffira. »
Tous les experts sanitaires s’accordent sur le principal foyer de vulnérabilité : les sites de déplacés de Djugu et d’Irumu, où la promiscuité, le manque d’eau potable et les rumeurs compliquent la riposte.
Pour limiter les risques, le Gouvernement prévoit la mise en place de « paquets minimums » comprenant l’accès à l’eau, au savon, à des latrines ainsi qu’à des centres de traitement de proximité à l’entrée des grands camps.
La bataille des six mois est désormais lancée.
Jospin wa JORKIM



