
Vendredi, 5 juin 2026-Dans sa carte blanche n°272 intitulée « Ville morte : l’heure de vérité à l’USN », le député national Steve Mbikayi estime que l’échec de l’appel à la journée « ville morte » du 3 juin constitue certes un revers pour l’opposition, mais surtout un signal d’alarme pour la majorité présidentielle regroupée au sein de l’Union sacrée de la Nation (USN).
Selon l’élu, si la mobilisation lancée par l’opposition avait rencontré un large succès populaire, elle aurait infligé un sérieux coup politique à la majorité. Toutefois, malgré les appels à la paralysie et les campagnes de peur relayées sur les réseaux sociaux, le pays a poursuivi ses activités normales.
Pour Steve Mbikayi, l’opposition a néanmoins tenté de transformer quelques incidents isolés en une victoire médiatique. À travers des images sorties de leur contexte et largement diffusées sur internet, elle aurait cherché à accréditer l’idée d’un rejet populaire du pouvoir et de ses réformes.
L’ancien ministre s’interroge cependant sur l’absence de réaction coordonnée de l’Union sacrée face à cette offensive médiatique. Il déplore le manque d’une stratégie collective capable de rassurer la population, de déconstruire les rumeurs et d’occuper efficacement l’espace public.
« Hormis quelques individualités, aucune stratégie collective n’a été mise en place », regrette-t-il, dénonçant également l’absence d’une réunion d’évaluation après ce qu’il considère comme une déconfiture de l’opposition.
Steve Mbikayi voit dans cette situation le symptôme d’un malaise plus profond au sein de la majorité. Il évoque la démobilisation progressive des militants et cadres engagés par conviction, souvent laissés à eux-mêmes, tandis que certains responsables ne s’activent qu’en fonction d’intérêts matériels.
Le député critique également l’organisation actuelle de l’USN, qu’il juge peu efficace. Il pointe notamment du doigt un présidium composé d’une quarantaine de membres aux responsabilités mal définies, une coordination qu’il qualifie de « fantôme », ainsi qu’une centralisation excessive des décisions.
À l’en croire, même plusieurs membres du présidium se sentent marginalisés dans le fonctionnement de la plateforme. Cette frustration, affirme-t-il, alimente l’incompréhension et affaiblit la mobilisation politique de la majorité.
Pour Steve Mbikayi, la journée du 3 juin n’a pas révélé la force de l’opposition, mais plutôt les faiblesses internes de l’Union sacrée. Il appelle ainsi à une réforme profonde du fonctionnement de la coalition présidentielle afin de redonner une place active aux partis politiques et à leurs dirigeants.
L’élu insiste enfin sur la nécessité de préserver et de valoriser le capital politique du président de la République, Félix Tshisekedi, qu’il considère comme un atout majeur nécessitant une organisation politique solide et permanente.
En conclusion, Steve Mbikayi estime que l’opposition n’a pas réussi à démontrer une véritable implantation populaire, mais qu’elle a marqué des points sur le terrain de la communication. Face à cette réalité, il invite la majorité présidentielle à choisir entre « l’autosatisfaction » et « le sursaut ».
ITK



