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RDC : la contre-proposition de Tshisekedi à l’Angola prévoit des États généraux, une nouvelle Constitution et une possible Quatrième République !

Mardi, 23 juin 2026-De nouvelles révélations viennent éclairer les coulisses des discussions engagées entre Kinshasa et Luanda autour de la recherche d’une solution durable à la crise politique et sécuritaire qui secoue la République démocratique du Congo. Selon des informations publiées par Jeune Afrique, le président Félix Tshisekedi a transmis à la mi-mai une contre-proposition aux autorités angolaises en réponse au projet de dialogue inclusif porté par le président angolais João Lourenço.

Au lieu du cadre de concertation proposé par Luanda, le chef de l’État congolais aurait suggéré l’organisation d’« États généraux de la Refondation de l’État pour le Salut de la Patrie », un vaste forum national qui réunirait près de 500 participants issus des institutions de la République, des forces vives de la nation, des organisations socioprofessionnelles, de la société civile et d’autres composantes de la vie nationale.

D’après le document consulté par Jeune Afrique, ce processus serait entièrement placé sous la responsabilité des Congolais. Le président Félix Tshisekedi en serait le principal initiateur, tandis que les conclusions des assises lui seraient directement remises pour mise en œuvre.

Contrairement au dialogue inclusif souhaité par Luanda, cette formule exclurait plusieurs acteurs majeurs de la crise congolaise, notamment l’ancien président Joseph Kabila ainsi que les groupes armés opérant dans l’Est du pays, dont l’AFC/M23.

L’objectif affiché serait de parvenir à une refondation profonde de l’État congolais à travers des réformes institutionnelles, politiques, sécuritaires et économiques jugées indispensables pour répondre aux défis auxquels le pays est confronté depuis plusieurs décennies. Le texte évoque notamment la nécessité de revisiter certains fondements du système politique actuel afin de renforcer l’efficacité de l’État, la cohésion nationale et la stabilité des institutions.

L’un des points les plus sensibles de la proposition concerne cependant l’avenir de la Constitution. Le document mentionne explicitement la possibilité d’un « changement ou d’une adaptation de la Constitution », ouvrant ainsi la voie à l’avènement d’une éventuelle Quatrième République. Une telle perspective constituerait un tournant majeur dans l’histoire politique récente de la RDC, la Constitution actuelle étant en vigueur depuis 2006.

Selon les informations rapportées, le projet envisagerait également le maintien de Félix Tshisekedi à la tête du pays durant toute la période de transition qui accompagnerait ce processus de refondation, jusqu’à l’organisation de l’élection d’un nouveau président dans le cadre des nouvelles institutions qui pourraient être mises en place.

Cette orientation risque de raviver un débat déjà très sensible sur la question de la révision ou du changement de la Constitution. Depuis plusieurs mois, l’hypothèse d’une réforme constitutionnelle suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique congolaise. L’opposition politique, plusieurs organisations de la société civile ainsi que certaines confessions religieuses ont à plusieurs reprises exprimé leurs réserves, estimant qu’une telle démarche pourrait engendrer des tensions dans un contexte déjà marqué par l’insécurité dans l’Est du pays et les difficultés socio-économiques.

Toujours selon Jeune Afrique, la contre-proposition congolaise n’aurait pas convaincu les autorités angolaises. Plusieurs sources citées par le média indiquent que Luanda refuse d’accompagner un processus qui exclurait certaines parties prenantes considérées comme essentielles à toute démarche de règlement de la crise, notamment l’AFC/M23 et l’ancien président Joseph Kabila.

L’Angola craindrait également que l’ouverture d’un chantier constitutionnel dans le contexte actuel ne provoque de nouvelles fractures politiques et sociales susceptibles de compromettre les efforts de paix et de réconciliation engagés au niveau national et régional. Pour Luanda, toute initiative de dialogue devrait reposer sur un caractère inclusif afin de garantir une adhésion plus large des différents acteurs concernés.

Ces révélations interviennent alors que les débats autour de la gouvernance, de la réforme des institutions et de l’avenir du système politique congolais occupent une place de plus en plus importante dans l’espace public. Elles surviennent également dans un contexte marqué par les consultations politiques menées ces derniers mois par le pouvoir ainsi que par les discussions régionales visant à mettre fin au conflit dans l’Est du pays.

Si aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée du côté de Kinshasa ou de Luanda sur le contenu précis de ces échanges, les informations publiées par Jeune Afrique risquent d’alimenter davantage les interrogations sur les intentions réelles du pouvoir concernant l’avenir institutionnel de la RDC et sur les contours du processus politique qui pourrait être engagé dans les mois à venir.

 

ITK

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