Jeudi, 9 juillet 2026-La rencontre entre le présidium de la Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) et le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, n’aura pas modifié d’un iota la ligne politique de cette plateforme de l’opposition congolaise.
Reçus dans le cadre des consultations régionales sur la crise en République démocratique du Congo, les responsables de la coalition assurent être sortis de cette audience avec les mêmes convictions et les mêmes revendications.
Ils maintiennent leur appel à la mobilisation populaire, confirment la marche du 22 juillet prochain et continuent d’exiger la démission du président Félix-Antoine Tshisekedi.
Au cours d’un point de presse tenu jeudi 9 juillet 2026 à Kinshasa, la C64 a souhaité couper court aux nombreuses spéculations ayant entouré cette rencontre.
Selon ses dirigeants, contrairement à ce qui a été relayé dans certains milieux, la coalition n’a jamais sollicité une audience auprès du chef de l’État burundais.
L’initiative serait venue exclusivement du président Évariste Ndayishimiye, dans le cadre de sa mission de président en exercice de l’Union africaine et à la suite de ses échanges avec le président Félix Tshisekedi.
Pour la coalition, cette rencontre n’avait pas pour objectif d’ouvrir des négociations avec le pouvoir de Kinshasa ni d’obtenir un quelconque compromis politique.
Elle constituait plutôt une occasion de faire entendre directement au facilitateur africain sa lecture de la crise congolaise ainsi que les conditions qu’elle estime indispensables à toute solution durable.
Devant le président burundais, les responsables de la C64 ont soutenu que la République démocratique du Congo traverse une crise multidimensionnelle qui dépasse largement la seule guerre dans l’Est du pays.
À leurs yeux, les difficultés actuelles sont à la fois sécuritaires, militaires, politiques, institutionnelles et constitutionnelles. C’est pourquoi ils considèrent que les différents processus de paix engagés ces dernières années, notamment ceux de Nairobi, de Luanda, de Doha et de Washington, n’ont pas produit les résultats escomptés.
Selon eux, ces initiatives se sont essentiellement focalisées sur les aspects militaires et diplomatiques, sans s’attaquer aux causes politiques internes de la crise.
La coalition a également fait part de son opposition catégorique au projet de révision ou de changement de la Constitution qu’elle attribue au chef de l’État.
Pour ses dirigeants, une telle réforme serait inacceptable alors qu’une partie du territoire national demeure occupée par des groupes armés et que le pays fait face à de multiples défis sécuritaires et institutionnels.
Ils estiment qu’un changement des règles fondamentales de la République dans un tel contexte risquerait d’aggraver les tensions politiques plutôt que de favoriser la stabilité.
La C64 affirme avoir clairement indiqué au président Évariste Ndayishimiye que tout dialogue politique sérieux et crédible devrait être précédé par des gestes concrets de décrispation.
Elle cite notamment le renoncement public et définitif au projet de changement de la Constitution, la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires qu’elle qualifie de politiques, ainsi que le rétablissement des libertés publiques, notamment les libertés d’expression, de manifestation et de réunion.
Selon la coalition, le président burundais a pris acte de l’ensemble de ces revendications et s’est engagé à les transmettre fidèlement au président Félix Tshisekedi dans le cadre de sa mission de facilitation.
Pour autant, cette écoute n’a nullement conduit la plateforme à revoir sa stratégie ou à suspendre ses actions. Les responsables de la C64 insistent sur le fait que leur combat demeure inchangé tant que leurs exigences ne seront pas rencontrées.
Dans cette logique, la coalition a confirmé le maintien de la grande marche pacifique prévue le 22 juillet en direction du Palais de la Nation.
Présentée comme une nouvelle étape de la mobilisation citoyenne après l’opération « ville morte » du 3 juin et le sit-in du 12 juin, cette manifestation entend, selon ses organisateurs, démontrer le rejet populaire du projet de révision constitutionnelle et exiger le respect de l’ordre constitutionnel.
Au-delà de la question constitutionnelle, la plateforme maintient également son exigence du départ du président Félix Tshisekedi. Elle l’accuse d’avoir trahi le serment prêté lors de son investiture en ne garantissant ni le respect de la Constitution ni l’intégrité du territoire national.
Pour la C64, la résolution durable de la crise congolaise passe désormais par une refondation de la gouvernance et par le rétablissement de la confiance entre les institutions et les citoyens.
En réaffirmant publiquement sa position au lendemain de son audience avec le président en exercice de l’Union africaine, la Coalition Article 64 entend démontrer que le dialogue engagé avec le médiateur africain ne constitue ni un recul politique ni un rapprochement avec le pouvoir de Kinshasa.
Au contraire, elle affirme que cette rencontre lui a permis de porter son message au plus haut niveau continental tout en réitérant sa détermination à poursuivre la mobilisation jusqu’à l’abandon du projet de changement de la Constitution et, désormais, jusqu’au départ du président Félix Tshisekedi.
ITK


