Beni, 30 juillet 2026 – Les Casques bleus du contingent du Royaume hachémite de Jordanie de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) ont mené, jeudi, une opération humanitaire complexe qui a permis d’évacuer vers Beni deux survivants du crash d’un avion-cargo privé survenu dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu. La mission a également permis de rapatrier le corps du copilote décédé dans l’accident.
L’appareil de la compagnie Tracep Congo Aviation, un avion-cargo immatriculé LET LN410, s’était écrasé le 24 juillet 2026 dans une zone forestière difficile d’accès. Les circonstances exactes de l’accident font toujours l’objet d’investigations.
L’opération a mobilisé sept membres de l’Unité d’aviation jordanienne de la MONUSCO, notamment des médecins, des officiers de sécurité, des pilotes et d’autres membres d’équipage.
Le lieutenant-colonel Yousef Dararjeh, qui a participé à la mission, a souligné les nombreux défis auxquels l’équipe a été confrontée pour localiser les survivants.
« C’était une mission difficile, qui a nécessité presque cinq heures au total. Nous sommes partis de Beni ce jeudi matin vers 9 heures locales pour rentrer peu avant 13 heures. Le vol s’est déroulé sans incident, malgré une météo changeante. Nous avions reçu des données géolocalisant l’épave de l’avion. Malheureusement, ces données n’étaient pas exactes. Nous avons dû recourir à d’autres outils pour localiser les survivants, qui se trouvaient à environ 8 kilomètres du lieu du crash, en pleine forêt et à plus de 200 kilomètres de l’aéroport de Beni-Mavivi », a-t-il expliqué.
À leur arrivée sur les lieux, les secouristes de la MONUSCO ont retrouvé le corps de l’un des membres d’équipage ainsi que deux survivants, dont l’état de santé nécessitait une prise en charge urgente.
Un accident survenu peu après le décollage
Selon des informations concordantes de la compagnie aérienne et de la Régie des voies aériennes (RVA), l’avion avait décollé de l’aéroport de Beni-Mavivi le vendredi 24 juillet à 12h36, heure locale, à destination de Kachungu, dans le territoire de Shabunda, au Sud-Kivu. L’appareil transportait trois personnes à bord ainsi qu’environ deux tonnes de marchandises.
Quelques minutes après le décollage, le commandant de bord aurait signalé une panne moteur à un autre aéronef évoluant dans la zone. Il aurait ensuite tenté de rejoindre l’aérodrome de Walikale avant que les communications radio ne soient interrompues.
À la suite de la disparition de l’appareil, plusieurs opérations de recherche ont été déclenchées, notamment avec l’appui des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des équipes de reconnaissance déployées au sol.
Des recherches menées pendant plusieurs jours
Les opérations de recherche ont permis, le 26 juillet, de localiser les survivants dans la zone de Buruko, à proximité du site du crash. Par la suite, le 29 juillet, une équipe de volontaires a réussi à atteindre l’épave de l’appareil et à confirmer la présence du corps du copilote décédé.
Les recherches se sont déroulées dans une région isolée, caractérisée par une forêt dense, un relief difficile et une absence quasi totale d’infrastructures routières.
Pour les proches du copilote décédé, l’intervention de la MONUSCO a permis de mettre fin à plusieurs jours d’incertitude.
« Nous sommes contents de l’aide de la MONUSCO. Nous ne savions pas comment retrouver le corps de notre fils. La compagnie nous disait toujours qu’elle allait tout faire pour le ramener, et nous lui fournissions également des informations sur les recherches. Merci à la MONUSCO pour ce geste humanitaire. Maintenant, nous allons pouvoir faire notre deuil », a déclaré un membre de la famille du copilote.
La reconnaissance de la compagnie aérienne
La direction de Tracep Aviation Congo a également exprimé sa gratitude aux Casques bleus jordaniens pour leur intervention dans une zone jugée particulièrement dangereuse.
« Nous ne pouvons que remercier la MONUSCO pour ce geste. La famille aussi nous demande de vous remercier de tout cœur. Nous ne savions pas comment nous allions ramener le corps de Buruko à Beni, parce qu’il s’agit d’une zone forestière très dense et dangereuse, sans routes ni sentiers, et où opèrent des groupes armés », a déclaré Olivier Upenji Chombe, directeur général de la compagnie.
Il a souligné les difficultés logistiques rencontrées sur le terrain.
« Rien que pour transporter le corps à pied du lieu de l’accident jusqu’à Buruko, où l’hélicoptère de la MONUSCO est venu récupérer l’équipe, il a fallu 48 heures de marche pour parcourir seulement 25 kilomètres. Au nom de la compagnie Tracep Aviation Congo et de tout son personnel, nous remercions la MONUSCO et ses soldats jordaniens pour ce geste humanitaire à haut risque. »
Pour les Casques bleus jordaniens, cette opération illustre l’engagement quotidien de la MONUSCO en faveur de l’assistance aux populations et de la protection des vies humaines dans des environnements complexes.
« En tant que pilote et Casque bleu, je suis fier d’avoir participé à cette mission de sauvetage. Nous avons pu sauver deux vies et ramener les survivants auprès de leurs familles. Pendant le vol retour, notre équipe médicale leur a fourni une assistance afin de les stabiliser avant leur prise en charge dans une structure médicale de Beni », a affirmé le lieutenant-colonel Yousef Dararjeh.
Cette intervention met en lumière les capacités de réaction rapide de l’aviation de la MONUSCO et le rôle essentiel joué par ses contingents dans les opérations humanitaires et de sauvetage menées dans les zones les plus reculées de l’est de la République démocratique du Congo.
Trésor KAMAVU et Jean-Tobie OKALA


