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Kongo Central : statut spécial de la ville de Nkamba, l’Assemblée provinciale appelée à convoquer en urgence une session extraordinaire !

Samedi, 8 août 2026-Un message émanant du vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, et parvenu tout récemment à l’Assemblée provinciale du Kongo Central, invite cette première institution provinciale à convoquer, dans les plus brefs délais, une session extraordinaire afin d’examiner la question relative au statut spécial accordé à la ville sainte de Nkamba.

Cette instruction fait suite à la décision prise au mois d’avril dernier par le chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, portant élévation de cette cité kimbanguiste au rang de « Ville Sainte », avec un statut spécial, notamment en raison de son histoire et de l’importance spirituelle de l’Église kimbanguiste, dont la doctrine a rayonné à travers le monde.

Cette décision était intervenue à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale dédiée au combat mené par le prophète Simon Kimbangu, ainsi que du 105ᵉ anniversaire de la création de l’Église kimbanguiste.

Cependant, l’instruction donnée à l’organe délibérant par le gouvernement central, à travers le ministère de l’Intérieur, risque de se heurter à un sérieux obstacle lorsqu’on tient compte de la question du quorum.

En effet, jusqu’à ce jour, le bureau présidé par Papy Mantezolo Diatezua, réhabilité et officiellement reconnu à la suite d’un arrêt rendu dernièrement par la Haute Cour, ne compte que deux membres : le président Papy Mantezolo Diatezua lui-même et son vice-président, Nsalambi Ngabakita. Ceux-ci restent toutefois désavoués par une frange d’élus provinciaux qui continuent de soutenir Victor Nsuami Mpaka.

Or, pour siéger et prendre une décision conforme aux textes légaux et réglementaires régissant les assemblées provinciales, la question du quorum du bureau se pose avec acuité. Il faudrait, selon les dispositions invoquées, la présence de trois membres du bureau plus un.

D’où cette interrogation : avec quel bureau l’Assemblée provinciale va-t-elle siéger pour statuer sur cette importante question ?

La réponse revient aux instances compétentes.

Par ailleurs, une certaine opinion estime qu’il faudrait recourir à l’ancien bureau dirigé par Victor Nsuami Mpaka, aujourd’hui déchu, compte tenu de l’urgence du dossier et de la nécessité d’obtenir l’avis favorable de l’organe délibérant.

Une argumentation qui, selon plusieurs juristes approchés, ne saurait toutefois tenir juridiquement, dès lors que les arrêts rendus par la Cour constitutionnelle sont, en principe, définitifs et ne peuvent faire l’objet d’aucun recours.

Face à ce principe d’inviolabilité des décisions de la Haute Cour, d’aucuns estiment que les instances nationales devraient d’abord s’atteler à dénouer la crise qui sévit au sein de l’Assemblée provinciale du Kongo Central avant d’envisager toute autre démarche.

À défaut, la mise en œuvre du statut spécial accordé à ce site historique et spirituel de l’Église kimbanguiste risquerait de devenir un véritable parcours du combattant.

Et pour y parvenir, seule une intervention du président de la République serait, selon certains observateurs, susceptible de contribuer à décanter la situation.

Dieudonné Muaka Dimbi

 

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