Jeudi, 13 août 2026-Le Centre de traitement Ebola (CTE) de Nizi, dans le territoire de Djugu, en Ituri, est resté fermé ce jeudi 13 août 2026. Le personnel soignant réclame le paiement de trois mois d’arriérés de salaire et conditionne la reprise des activités à la régularisation de sa situation.
Aucun agent n’a été présent au centre ce jeudi. Les lits sont restés vides et les activités de prise en charge des malades n’ont pas repris. Les agents concernés dénoncent une situation devenue, selon eux, intenable après plusieurs mois de travail sans rémunération.
« Nous avons travaillé pendant trois mois sans être payés. Nous ne pouvons plus continuer comme ça. Nous avons aussi des familles à nourrir. Tant que notre situation ne sera pas régularisée, le centre restera fermé », a confié un agent sur place.
Les personnels du CTE affirment ne pas s’opposer à la riposte contre Ebola, mais réclament le paiement de leurs droits avant de reprendre leurs fonctions.
Cette fermeture intervient dans un contexte particulièrement préoccupant. Le territoire de Djugu demeure l’une des principales zones touchées par l’épidémie d’Ebola en Ituri, avec une transmission qui reste active. L’arrêt des activités du CTE risque ainsi de compliquer davantage la détection des cas suspects, leur isolement et leur prise en charge.
La situation suscite également des inquiétudes au sein de la population.
« Nous avons peur. Si le CTE ferme, où allons-nous amener nos malades ? Les gens risquent de cacher les cas à la maison et le virus pourrait continuer à se propager. L’État doit réagir rapidement », s’inquiète un habitant.
Les agents appellent les autorités provinciales et nationales, ainsi que les partenaires impliqués dans la riposte, à intervenir rapidement afin de débloquer leur situation financière.
« Payez-nous et nous allons reprendre immédiatement le travail. Nous ne voulons pas que la population meure, mais nous ne pouvons pas travailler gratuitement », a déclaré un autre agent.
La fermeture du CTE de Nizi intervient quelques jours après des revendications similaires signalées à Kasenyi, où des agents engagés dans la riposte contre Ebola avaient également dénoncé plusieurs mois d’impayés.
Ces mouvements de protestation mettent en lumière les difficultés auxquelles fait face le personnel engagé dans la riposte en Ituri. Alors que la lutte contre Ebola nécessite une présence permanente sur le terrain, le retard dans le paiement des agents risque d’affaiblir davantage le dispositif de surveillance et de prise en charge.
Face à cette situation, un règlement rapide des arriérés apparaît comme une urgence, aussi bien pour les agents concernés que pour la continuité de la riposte contre Ebola dans le territoire de Djugu.
ITK


