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Kongo Central : le territoire de Luozi malade de son bac-moteur !

Mardi, 18 août 2026-On ne cessera jamais de le dire : il faut à tout prix un bac-moteur flambant neuf, en remplacement de l’ancien qui ne fait que tomber en panne au jour le jour, afin d’assurer la traversée des véhicules et des personnes d’une rive à l’autre du fleuve Congo, dans le territoire de Luozi. Ce cri de détresse est lancé depuis longtemps en direction des détenteurs du pouvoir congolais, mais sans succès.

En effet, cela fait déjà près d’une semaine que les habitants dudit territoire vivent un véritable calvaire. Ils ne savent plus effectuer leurs navettes entre Kimbemba, localité située dans le territoire de Songololo, et la cité de Luozi, chef-lieu du territoire éponyme. Il en est de même pour les véhicules, les motos, les vélos et tous les autres engins roulants.

Cette situation fait suite à une panne de l’un des deux moteurs du bac-moteur de Luozi, survenue le jeudi 13 août 2026, mais aussi et surtout à l’état de vétusté de ses barges, longtemps atteintes par le « virus du vieillissement ». Celles-ci présentent des trous béants qui laissent pénétrer l’eau pendant la traversée, exposant ainsi tous ceux qui les empruntent à un danger permanent de chavirement.

De nombreuses promesses non tenues

Le problème lié aux pannes récurrentes que connaît habituellement l’engin flottant assurant la traversée du fleuve Congo à Luozi daterait de plusieurs années, sans pour autant qu’une solution durable y ait été trouvée. Toutes les promesses faites à la population dudit territoire par les autorités, tant nationales que provinciales, sont demeurées à ce jour des lettres mortes, au grand étonnement de tous.

La toute dernière en date est celle faite par la Première ministre et cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, alors en mission de travail du 31 août au 1er septembre 2024 dans cette contrée de l’ancien district des Cataractes. Elle avait notamment annoncé l’achat, avant fin 2024, d’un nouveau bac-moteur en faveur du territoire de Luozi.

Et contre toute attente, cela fait bientôt deux ans que cette promesse n’a toujours pas été réalisée. Du coup, les originaires du terroir, lassés d’attendre, ne savent plus à quel saint se vouer.

Cette énième panne, que tout le monde déplore aujourd’hui, rend de plus en plus insupportable la vie quotidienne des populations des dix secteurs de Luozi, dont l’existence reste largement liée à la commercialisation des produits champêtres qu’elles proposent souvent aux petits commerçants en provenance des villes et autres grandes agglomérations du Kongo Central, ainsi que de Kinshasa.

Ces derniers sont actuellement bloqués, les uns à Kimbemba et les autres dans la cité de Luozi, avec toutes les conséquences néfastes que cela entraîne sur leurs cargaisons, ainsi que sur leurs proches qu’ils ont laissés dans leurs familles respectives.

La panne que connaît le bac-moteur de Luozi porte également préjudice à de nombreux opérateurs économiques habitués à aller s’approvisionner en produits agricoles dans les villages du territoire de Luozi. En cette période de production fruitière, ils voient leurs marchandises s’abîmer et pourrir sous leurs yeux.

Il s’agit notamment des oranges, des bananes, des mandarines, etc., bref, de nombreux produits agricoles, en particulier ceux issus des agrumes et des rutacées, qui périssent sans autre forme de procès, mettant ainsi à genoux les économies des producteurs et des commerçants.

Une marche pacifique en gestation dès ce mercredi 19 août 2026

Face à toutes ces promesses non tenues par les détenteurs du pouvoir, la population locale, qui en a marre, projette, à travers la structure dénommée « Rassemblement des Forces Vives de Luozi » (RAFOVIL), une descente dans la rue ce mercredi 19 août 2026, afin non seulement de faire entendre sa voix, mais aussi de réclamer l’achat d’un nouveau bac-moteur.

Ce qui revient d’emblée à dire que le gouvernement central a du pain sur la planche. Il a donc tout intérêt à trouver, au plus vite, une solution durable à cette question qui fâche et qui, si l’on n’y prend garde, risquerait de paralyser pendant plusieurs semaines les activités sur l’ensemble du territoire de Luozi et de ses environs.

Car, trop, c’est trop.

Espérons tout de même que cet appel de détresse lancé par des centaines d’habitants de Luozi trouvera, sous peu, des échos favorables, en cette période proche de la rentrée scolaire. Et le plus tôt serait le mieux.

Dieudonné Muaka DIMBI

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