Lundi, 31 août 2026-À l’occasion de la première année du Gouvernement Suminwa II, la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, Ève Bazaiba, a présenté le bilan des actions menées dans un contexte marqué par une crise humanitaire d’une ampleur exceptionnelle en République démocratique du Congo. Entre réformes sociales, interventions d’urgence et coopération interinstitutionnelle, le ministère entend renforcer la protection des populations vulnérables sur l’ensemble du territoire national.
Au cours de cette première année d’exercice, le ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale a articulé son action autour de ses trois principales missions : les affaires sociales, l’action humanitaire et la solidarité nationale.
Dans le domaine social, l’alphabétisation et l’éducation non formelle figurent parmi les priorités défendues par Ève Bazaiba. L’objectif est de répondre au défi posé par le nombre important de Congolais qui ne savent ni lire ni écrire, tout en offrant une seconde chance aux enfants déscolarisés et non scolarisés.
Une réforme pour offrir une seconde chance aux enfants
Dans cette perspective, un nouveau manuel scolaire a été élaboré selon un programme accéléré permettant de regrouper les six années du cycle primaire en trois étapes. Cette approche vise à faciliter la réintégration scolaire des enfants ayant quitté précocement le système éducatif.
La réforme est également soutenue par un programme numérique destiné à favoriser l’accès à l’alphabétisation et à l’éducation en ligne. Une initiative qui entend élargir l’accès aux apprentissages, notamment pour les personnes et les enfants vivant dans des milieux défavorisés ou éloignés des structures éducatives classiques.
Le ministère a par ailleurs renforcé son accompagnement en faveur des personnes du troisième âge. Ces actions comprennent notamment la valorisation de la Journée internationale des personnes âgées, la réhabilitation de certaines structures d’accueil, ainsi que l’accompagnement médical et l’assistance aux pensionnaires des homes pour personnes âgées.
Sur le plan humanitaire, le bilan présenté par la ministre d’État intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par les conflits armés, les catastrophes naturelles et les déplacements massifs de populations.
Les équipes du ministère sont intervenues dans treize provinces et dix-huit zones affectées par différentes crises. Parmi les territoires concernés figurent notamment l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Tanganyika, le Kongo Central, le Haut-Uele, le Sud-Ubangi, la Tshopo et le Mai-Ndombe.
Les interventions ont porté sur plusieurs besoins essentiels, notamment la mise à disposition d’abris, l’accès à l’eau, l’assistance médicale d’urgence et la distribution de biens de première nécessité aux populations sinistrées et déplacées.
Une assistance aux réfugiés congolais dans les pays voisins
L’action humanitaire du Gouvernement ne s’est pas limitée aux frontières nationales. Une assistance exceptionnelle a également été apportée aux réfugiés congolais installés au Burundi, en Tanzanie et en Ouganda.
Cette intervention a été rendue possible grâce à un protocole d’accord conclu avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). De nouvelles opérations sont annoncées dans plusieurs sites d’accueil, notamment à Bujumbura, Dar es-Salaam et Nyarugusu.
La prévention des crises humanitaires figure également parmi les priorités affichées par le ministère, avec l’ambition de renforcer les mécanismes permettant d’anticiper et de mieux répondre aux situations d’urgence.
Selon Ève Bazaiba, une grande partie de ces interventions a été rendue possible grâce aux ressources mobilisées par le Gouvernement de la République, notamment à travers la Caisse de solidarité nationale et le Fonds national pour la promotion des services sociaux.
En parallèle, des programmes de résilience sont poursuivis avec des partenaires internationaux, parmi lesquels l’UNICEF et l’UNESCO. Ces initiatives ciblent particulièrement les enfants vivant dans des milieux défavorisés ainsi que ceux en rupture de scolarisation.
Une approche gouvernementale fondée sur la transversalité
Au-delà des actions propres à son ministère, Ève Bazaiba a insisté sur l’importance de la collaboration entre les différentes institutions intervenant dans la protection des populations vulnérables.
Le ministère des Affaires sociales travaille notamment avec celui des Droits humains. Les statistiques et rapports produits par ce dernier permettent d’alimenter le plaidoyer en matière de diplomatie humanitaire et de signaler les cas de violations constatés sur le terrain.
La collaboration s’étend également au ministère du Genre, Famille et Enfant. Lorsque celui-ci identifie des familles ou des victimes nécessitant une assistance humanitaire, les dossiers sont orientés vers les Affaires sociales afin de permettre une prise en charge adaptée.
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a pour sa part rappelé que la protection des droits humains constitue un secteur transversal nécessitant une collaboration permanente avec les autorités provinciales, les services judiciaires, les forces de sécurité et les autres ministères.
De son côté, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Omba, a souligné l’importance de cette coopération dans la prise en charge des enfants en rupture familiale, des enfants en conflit avec la loi, des victimes de violences ainsi que des femmes bénéficiaires de programmes de réinsertion sociale et d’autonomisation économique.
La paix, condition essentielle d’une réponse durable
Pour Ève Bazaiba, cette complémentarité entre les institutions traduit la volonté du Gouvernement Suminwa II de fonctionner comme un ensemble cohérent, où chaque ministère agit dans son domaine de compétence tout en collaborant avec les autres secteurs.
La ministre d’État estime toutefois que les efforts humanitaires ne peuvent, à eux seuls, résoudre durablement les difficultés auxquelles font face les populations vulnérables.
Elle rappelle ainsi que le retour durable de la paix demeure la principale solution pour réduire les besoins humanitaires en République démocratique du Congo. Selon les données avancées lors de cette présentation, près de 60 % des besoins humanitaires dans le pays seraient liés aux conséquences de la guerre.
Après une première année marquée par des interventions d’urgence et des réformes sociales, le ministère des Affaires sociales entend donc poursuivre ses efforts en faveur des populations vulnérables, tout en renforçant la coordination avec les autres secteurs du Gouvernement et les partenaires humanitaires.
ITK


