Jeudi, 27 août 2026-Gouvernance, traçabilité, lutte contre la fraude, exploration géologique, investissements et transformation locale : le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présenté le bilan de sa première année d’action au sein du Gouvernement Suminwa II.
Dans le cadre de l’exercice de redevabilité initié au sein du Gouvernement Suminwa II, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dressé le bilan de sa première année à la tête de ce secteur stratégique.
Au cours d’un panel animé par les journalistes Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One, le ministre a détaillé les principales réformes et réalisations engagées conformément à la vision du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour Louis Watum Kabamba, l’objectif n’était pas de « réinventer la roue », mais de traduire en actions concrètes les orientations présidentielles visant une gestion durable et responsable des ressources minières, afin de faire du secteur un véritable moteur de création de richesses et de puissance pour la RDC.
Une gouvernance minière davantage digitalisée
Sur le plan de la gouvernance, le ministre a mis en avant les progrès réalisés grâce à la digitalisation du système minier. Cette réforme a notamment permis au Cadastre minier de récupérer près de 3 000 kilomètres carrés de concessions revenues dans le domaine public.
Ces espaces pourront être réattribués à des opérateurs disposant des capacités financières et techniques nécessaires pour explorer de nouveaux gisements et développer leur exploitation.
Le ministère a également institutionnalisé le dialogue avec la Chambre des mines. Ce cadre d’échanges permet d’aborder les préoccupations des opérateurs, notamment en matière de fiscalité, de parafiscalité et d’interprétation de certaines dispositions du Code minier.
La traçabilité renforcée, une manne pour le Trésor public
Dans le domaine de la traçabilité, le ministre a souligné la modernisation du laboratoire du CEEC, désormais doté d’équipements de dernière génération.
Ces nouvelles capacités technologiques ont permis de détecter des sous-produits présents dans certains minerais exportés. Selon Louis Watum Kabamba, cette avancée a généré, depuis le mois d’octobre, plus de 136 millions de dollars de recettes supplémentaires, entièrement versées au Trésor public.
Une performance qui illustre, selon le ministre, l’importance de la maîtrise des données et du contrôle de la chaîne d’exportation des ressources minières.
Offensive contre la fraude minière
La lutte contre la fraude a également constitué l’un des axes majeurs de l’action du ministère. Louis Watum Kabamba a effectué plusieurs missions de terrain dans différentes provinces, notamment le Lualaba, le Haut-Katanga, le Bas-Uele, le Haut-Uele, le Maniema et l’Ituri.
Ces déplacements ont donné lieu à des mesures répressives contre différentes pratiques frauduleuses constatées sur les sites miniers.
Dans le même temps, le ministère entend mieux encadrer l’exploitation artisanale. Près de 64 zones d’exploitation artisanale ont ainsi été identifiées et mises à disposition. Leur opérationnalisation interviendra après les travaux de viabilisation nécessaires.
Autre chantier majeur : l’exploration du potentiel géologique de la RDC. Le ministre des Mines a annoncé la signature d’un contrat de 180 millions de dollars avec Xcalibur Multiphysics Group SL pour réaliser une cartographie géophysique aéroportée et géologique de l’ensemble du territoire national.
L’ambition est de disposer d’une connaissance plus précise du sous-sol congolais afin d’orienter les investissements et de mieux valoriser les ressources disponibles.
Dans cette perspective, une équipe s’est également rendue au Musée africain de Tervuren afin de récupérer les archives géologiques historiques de la RDC.
Retrait progressif des militaires et policiers des sites miniers
Interrogé sur la présence des militaires et des policiers dans les zones minières, Louis Watum Kabamba a assuré que le processus de retrait est en cours, en collaboration avec l’état-major des Forces armées de la RDC.
Cette mesure s’inscrit dans la volonté de renforcer l’encadrement institutionnel et la gouvernance des sites miniers.
Sur le volet des investissements et des partenariats stratégiques, notamment dans le cadre du partenariat avec les États-Unis, le ministre a insisté sur les résultats déjà visibles sur le terrain.
Il a notamment cité la reprise de Chemaf, opération qui, selon lui, a permis de préserver environ 2 000 emplois et de sécuriser l’activité de plusieurs milliers de creuseurs artisanaux, estimés entre 5 000 et 10 000 personnes.
Pour le ministre, ces investissements doivent désormais contribuer davantage à la création d’emplois, au développement industriel et à la transformation locale des ressources.
De l’exportation brute à la transformation locale
Le changement de paradigme du secteur minier constitue l’un des autres objectifs affichés par Louis Watum Kabamba : passer progressivement d’une économie fondée sur l’exportation des minerais bruts ou faiblement transformés à une industrie davantage orientée vers la transformation locale.
Le projet Manono Lithium constitue, selon lui, une première étape. Le site a réalisé la première exportation de concentré de lithium de l’histoire de la RDC. Le ministre annonce par ailleurs le démarrage, d’ici décembre, de la production de sulfate de lithium, destiné à plusieurs applications industrielles, notamment dans les batteries et le secteur de la santé.
Enfin, concernant les accusations faisant état d’une exportation clandestine d’uranium, Louis Watum Kabamba s’est voulu catégorique.
Le ministre a indiqué que le gouvernement avait choisi de répondre aux accusations par les faits, en mettant à disposition les statistiques et les éléments permettant de vérifier la conformité des exportations congolaises aux normes internationales relatives à la teneur en uranium.
« Nous avons choisi de ne pas être sur la défensive, mais d’être totalement ouverts aux critiques et d’y répondre », a-t-il déclaré, invitant les contradicteurs à examiner les données disponibles.
Au terme de cette première année, le ministre des Mines revendique ainsi un cap fondé sur la digitalisation de la gouvernance, le renforcement de la traçabilité, la lutte contre la fraude, la connaissance du potentiel géologique et surtout la transformation locale des ressources. Une stratégie qui vise à faire du secteur minier non plus seulement une source de recettes, mais un véritable levier d’industrialisation et de puissance pour la République démocratique du Congo.
ITK


