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Kongo Central : la population de Tshela en colère accuse CAP CONGO Sarl de polluer les eaux de la rivière Ngomamba !

Mardi, 1er septembre 2026-Un conflit d’une extrême gravité oppose, depuis près d’une semaine, les habitants de Tshela, chef-lieu du territoire éponyme, à la société CAP CONGO Sarl, récemment inaugurée et spécialisée dans la production et le raffinage d’huile de palme.

L’installation de cette entreprise avait pourtant été saluée par une grande partie de la population du territoire de Tshela, en particulier, et de l’ancien district du Bas-Fleuve, en général. Son implantation était perçue comme une opportunité susceptible de renforcer l’économie vacillante du Mayumbe et de contribuer au développement local.

Mais, quelques semaines après sa mise en service, des tensions sont apparues autour de questions environnementales. Les habitants accusent notamment l’entreprise d’être à l’origine d’une pollution présumée des eaux de la rivière Ngomamba.

Selon le Cadre de concertation de la société civile locale, la situation environnementale à Tshela est devenue une préoccupation majeure. Les habitants seraient exposés quotidiennement à des odeurs nauséabondes et suffocantes qui, selon leurs témoignages, proviendraient des eaux de la rivière. Ils dénoncent également la présence de fumées noires et de déchets incinérés le long de la route nationale n°16, qui traverse la cité de Tshela.

La société civile estime que ces pratiques, si elles étaient confirmées, constitueraient une violation des normes environnementales en vigueur et pourraient avoir des conséquences importantes sur la santé des populations ainsi que sur l’écosystème local.

CAP CONGO Sarl rejette les accusations

La pollution présumée des eaux de la rivière Ngomamba est attribuée par plusieurs acteurs de la société civile locale à CAP CONGO Sarl. Une accusation que les responsables de l’entreprise rejettent catégoriquement.

Ces derniers affirment que les eaux usées issues de l’usine sont traitées au moyen de puits perdus et de bassins de décantation aménagés à cet effet.

Une explication qui ne convainc toutefois pas les habitants de Tshela. Ceux-ci la considèrent comme insuffisante et réclament des vérifications indépendantes permettant d’établir objectivement l’origine de la pollution dénoncée.

Face à la persistance de la situation, plusieurs actions de plaidoyer auraient déjà été menées auprès des autorités territoriales, notamment lors de réunions du conseil de sécurité élargi auxquelles auraient participé des responsables de l’entreprise.

Pour les habitants, l’absence d’une réponse jugée satisfaisante des autorités alimente davantage la frustration et fait craindre une détérioration de la paix sociale dans l’entité.

La société civile réclame une enquête indépendante

Compte tenu de la sensibilité du dossier et de ses éventuelles conséquences sanitaires et environnementales, plusieurs voix appellent désormais le ministère provincial ayant l’Environnement dans ses attributions à intervenir en urgence.

Le Cadre de concertation de la société civile du territoire de Tshela demande notamment l’arrêt immédiat de toute pratique polluante qui serait avérée, ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante.

Cette enquête devrait, selon la société civile, associer des experts en environnement afin de :

déterminer l’origine exacte de la pollution présumée ;

effectuer des prélèvements et analyses des eaux de la rivière Ngomamba ;

évaluer les éventuelles conséquences sur la population et l’écosystème ;

inspecter les installations de traitement des eaux usées de CAP CONGO Sarl ;

établir, le cas échéant, les responsabilités des différentes parties.

Le dossier du cahier des charges fait également débat

Par ailleurs, des informations circulant localement font état de l’absence présumée, jusqu’à ce jour, d’un cahier des charges et d’une clause sociale formalisant les engagements entre CAP CONGO Sarl et les communautés locales.

La société civile appelle ainsi à l’ouverture urgente de négociations entre les différentes parties afin de clarifier les droits et obligations de chacun et de garantir une meilleure implication des communautés dans le développement de leur territoire.

Pour les acteurs locaux, l’arrivée de CAP CONGO Sarl devrait constituer une opportunité de développement pour Tshela et le Mayumbe, et non une source de tensions entre l’entreprise et les populations.

Ils plaident dès lors pour davantage de transparence dans le fonctionnement de l’entreprise et dans ses relations avec les communautés locales.

Les yeux tournés vers le ministère provincial de l’Environnement

Dans ce contexte, une partie de la population de Tshela attend désormais une réaction des autorités provinciales, particulièrement du ministère provincial de l’Environnement.

Des sages de la contrée recommandent notamment la réalisation d’une contre-expertise indépendante, avec des prélèvements d’eau dans la rivière Ngomamba, ainsi qu’une inspection technique des installations de traitement de CAP CONGO Sarl par les services compétents de l’environnement.

L’objectif serait de vérifier l’efficacité réelle des dispositifs de traitement des eaux usées et de déterminer scientifiquement s’il existe ou non un lien entre les activités de l’entreprise et la pollution dénoncée.

La société civile déplore, par ailleurs, que l’entreprise n’aurait pas suffisamment ouvert ses installations aux écologistes et aux acteurs locaux désireux de s’informer sur le fonctionnement de l’usine.

En attendant les conclusions d’éventuelles analyses et investigations officielles, la tension demeure palpable à Tshela. L’enjeu dépasse désormais le seul différend entre une entreprise et les communautés locales : il touche à la protection de l’environnement, à la santé publique, à la transparence dans la gestion des ressources et au développement durable du territoire.

Dieudonné Muaka DIMBI 

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