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Kinsafu : des Congolais passés à tabac, le silence assourdissant autour de CMOC-KFM (Vidéo) ! 

Samedi, 5 septembre 2026-Quatrième jour. Et toujours pas de réponse à la hauteur de la gravité des images. Sur un site minier situé à une cinquantaine de kilomètres de Kolwezi, des creuseurs congolais employés par CECC, sous-traitant de China Molybdenum Company (CMOC) – Kinsafu Mining (KFM), auraient été violemment pris à partie par des ressortissants chinois.

Les images, elles, ne laissent guère place à l’indifférence.

On y voit des Congolais paniqués, courant dans tous les sens, certains criant en swahili : « Des Chinois nous tuent ! » Face à eux, des hommes présentés comme des travailleurs chinois, munis notamment de pelles et de gourdins, se livreraient à une violente expédition punitive.

Si les faits et les responsabilités individuelles doivent évidemment être établis par une enquête indépendante, la brutalité apparente de la scène suffit à poser une question fondamentale : que se passe-t-il réellement sur ce site minier ?

Quand une revendication sociale tourne à la chasse à l’homme

Selon les témoignages relayés par des organisations de la société civile, l’affaire serait partie d’une contestation de travailleurs congolais concernant leurs conditions de traitement sur le site.

Une revendication sociale, aussi tendue soit-elle, ne saurait justifier des violences physiques.

Et c’est précisément là que le dossier devient explosif.

Dans quel État de droit des travailleurs peuvent-ils être pourchassés et roués de coups parce qu’ils contestent leurs conditions de travail ?

Si les images diffusées sont authentiques et correspondent bien aux événements survenus à Kinsafu, il appartient désormais aux autorités congolaises de déterminer avec précision ce qui s’est passé, qui a donné les ordres, qui a participé aux violences et quelles mesures ont été prises pour protéger les victimes.

Car une entreprise minière étrangère opérant sur le territoire congolais n’est pas une enclave soustraite aux lois de la République.

CMOC-KFM doit répondre

Le silence autour de cette affaire est d’autant plus préoccupant que CMOC-KFM évolue dans l’un des secteurs les plus stratégiques de la République démocratique du Congo : celui des ressources minières.

Le cobalt, le cuivre et les autres richesses extraites du sous-sol congolais ne peuvent être dissociés des droits fondamentaux des Congolais qui travaillent sur les sites concernés.

Le sous-sol appartient à la République. Les travailleurs congolais ne sont pas des sujets de seconde zone.

CMOC-KFM et son environnement de sous-traitance doivent donc répondre publiquement à des questions simples :

Que s’est-il passé exactement à Kinsafu ?

Combien de Congolais ont été blessés ?

Combien de personnes ont participé aux violences ?

Des responsables de CECC ou de CMOC-KFM étaient-ils présents ?

Quelles mesures ont été prises immédiatement pour protéger les travailleurs ?

Une enquête interne a-t-elle été ouverte ?

Les autorités judiciaires congolaises ont-elles été saisies ?

Les auteurs présumés des violences ont-ils été identifiés et interpellés ?

Le silence ne peut pas tenir lieu de réponse.

Kinshasa et Lualaba interpellés

L’autre scandale, s’il se confirme, serait celui de l’inaction institutionnelle.

Au quatrième jour, aucune réaction publique connue à la hauteur de la gravité des images ne semble avoir été enregistrée de la part des autorités nationales ou provinciales.

Cette discrétion est difficilement compréhensible.

Lorsqu’un conflit du travail dégénère en violences physiques sur un site minier stratégique, le gouvernorat de Lualaba et le gouvernement central ont le devoir de savoir, d’enquêter et de protéger les citoyens congolais.

Il ne s’agit pas ici d’opposer Congolais et Chinois.

Il s’agit de rappeler une évidence : en République démocratique du Congo, aucune nationalité, aucune entreprise et aucun investisseur ne peut être placé au-dessus de la loi.

Le temps de l’impunité doit-il encore durer ?

La société civile a commencé à donner de la voix. Elle réclame des explications et une intervention des pouvoirs publics.

Il appartient désormais aux autorités de transformer ces interpellations en actes.

Car derrière cette vidéo devenue virale se trouve une question beaucoup plus profonde : quelle place accorde-t-on réellement au travailleur congolais dans les grands projets miniers censés contribuer au développement du pays ?

Le Congo ne peut pas accepter que ses richesses soient exploitées dans un environnement où ses propres citoyens auraient peur de revendiquer leurs droits.

À Kinsafu, il ne faut ni silence, ni arrangements de couloir, ni enquête de façade. Il faut la vérité, la justice et des responsabilités clairement établies.

CMOC-KFM doit s’expliquer.

CECC doit s’expliquer.

Les autorités provinciales doivent s’expliquer.

Et si des violences ont effectivement été commises, leurs auteurs doivent répondre de leurs actes devant la justice congolaise, quelle que soit leur nationalité ou leur position.

Parce qu’un investissement ne donne pas droit à l’impunité.

Parce qu’un contrat minier ne suspend pas la Constitution.

Et parce que le Congolais qui travaille dans une mine congolaise ne doit jamais avoir à courir pour sauver sa vie sous les coups de ceux qui sont censés travailler à ses côtés.

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