Jeudi, 17 septembre 2026-À l’approche de la 14e conférence des gouverneurs de provinces, prévue en décembre 2026 à Matadi, la question de la valorisation du patrimoine historique et touristique du Kongo Central refait surface. Parmi les sites dont la réhabilitation est souhaitée figure notamment le chalet d’Henry Morton Stanley, situé sur la rive droite du fleuve Congo, en face de la ville de Matadi.
Autrefois considéré comme un site touristique de renommée, ce chalet construit au cœur de la forêt tropicale a été ravagé par un incendie d’origine inconnue il y a plusieurs décennies. Depuis, malgré différentes initiatives de reconstruction entreprises au fil des années, le site peine à retrouver son lustre d’antan.
Selon Dieudonné Muaka Dimbi, auteur de cette réflexion, le chalet a également été dépouillé d’une grande partie de son contenu au fil du temps. Cette situation a contribué à l’effacement progressif des traces matérielles liées à son histoire.
À quelques mois de la conférence des gouverneurs, l’auteur estime que la visite du chalet de Stanley pourrait être inscrite au programme de cette rencontre nationale. Il souhaite notamment que le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, accompagné des différents gouverneurs participant à la conférence, puisse se rendre sur le site afin de constater son état actuel.
Une telle visite permettrait, selon lui, de réfléchir aux possibilités de réhabilitation et de modernisation de ce patrimoine historique, mais également de replacer la question du tourisme au cœur des discussions sur le développement du Kongo Central.
La population de Matadi et, plus largement, celle de la province, exprime depuis plusieurs années le souhait de voir ce site davantage valorisé. Pour les défenseurs de sa restauration, le chalet constitue en effet un témoignage matériel d’une période importante de l’histoire de la région.
Améliorer l’accès au site
Au-delà de la réhabilitation proprement dite du bâtiment, la question de son accessibilité apparaît également comme un enjeu important. L’auteur appelle ainsi le gouvernement provincial à accorder une attention particulière à la voie d’accès menant au chalet.
L’amélioration de cette infrastructure permettrait de faciliter la venue des autorités, des touristes, des chercheurs et des visiteurs intéressés par l’histoire de la région.
La valorisation du chalet pourrait également s’inscrire dans une politique plus large de développement du tourisme dans le Kongo Central, province qui dispose de plusieurs sites présentant un intérêt historique, culturel et naturel.
Henry Morton Stanley, explorateur et journaliste britano-américain du XIXe siècle, est notamment connu pour ses expéditions en Afrique centrale. En 1871, il entreprit une expédition à la recherche de David Livingstone, qu’il retrouva près du lac Tanganyika.
Quelques années plus tard, entre 1874 et 1877, Stanley explora le bassin du fleuve Congo. Il revint ensuite en Afrique pour le compte du roi des Belges Léopold II et participa à la conclusion de traités avec plusieurs chefs locaux, dans le contexte de la création de l’État indépendant du Congo.
Si Stanley demeure une figure majeure de l’histoire de l’exploration de l’Afrique, son héritage fait également l’objet de critiques historiques. Ses méthodes et son rôle dans l’établissement du système colonial au Congo sont notamment associés à des violences et à de profondes conséquences pour les populations congolaises.
Dans ce contexte, la restauration du chalet pourrait aussi constituer un espace de mémoire permettant de présenter cette histoire dans toute sa complexité, plutôt que de la réduire à la seule épopée de l’exploration.
À l’occasion de la 14e conférence des gouverneurs, la question posée est donc celle de la place que le patrimoine historique peut occuper dans la stratégie de développement touristique du Kongo Central. Pour Dieudonné Muaka Dimbi, la réhabilitation du chalet de Stanley permettrait de préserver un témoin du passé tout en donnant une nouvelle vocation à ce site situé au cœur d’un environnement naturel remarquable.
Dieudonné MUAKA DIMBI


