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Redevabilité : Jean-Pierre Lihau détaille les chantiers engagés pour moderniser l’administration congolaise !

Mercredi, 23 septembre 2026-Le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et Innovation de service public, Jean-Pierre Lihau, a présenté les principales réformes engagées dans son secteur dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement. Au cœur de son intervention : la restauration de la confiance entre l’administration publique et les agents de l’État, la maîtrise des effectifs, la lutte contre les recrutements irréguliers et la modernisation de la gestion des fonctionnaires.

Selon Jean-Pierre Lihau, sa gouvernance repose avant tout sur la considération, le respect, l’écoute et le dialogue avec les agents publics. Cette approche s’est notamment traduite par l’instauration d’une rencontre hebdomadaire, chaque mercredi, ouverte à tous les fonctionnaires, sans distinction de grade ou d’origine, afin de leur permettre d’échanger directement avec l’autorité ministérielle.

Le vice-Premier ministre affirme également avoir privilégié une gestion plus horizontale de l’administration, fondée sur la responsabilisation et la concertation. Pour lui, la confiance entre l’État et ses agents constitue l’un des fondements de la construction d’une administration publique efficace.

Revenant sur la situation de l’administration publique à son arrivée au ministère, Jean-Pierre Lihau a dressé le constat d’un système profondément dysfonctionnel, qu’il a décrit comme étant dans un « état comateux ». Face à cette situation, plusieurs réformes structurelles ont été engagées.

Elles concernent notamment la réorganisation des services publics, la réforme du cadre juridique de la Fonction publique, la rationalisation des recrutements, l’évaluation des compétences et la définition des structures organiques ainsi que des effectifs maximaux.

Le gouvernement entend également développer la contractualisation de certaines fonctions et renforcer les mécanismes permettant de mettre fin aux fonctions en cas d’inaptitude professionnelle.

Lutte contre les recrutements irréguliers

Le ministre a particulièrement insisté sur la question des recrutements irréguliers, qu’il accuse d’avoir contribué à une inflation importante des effectifs de l’administration publique.

Il a dénoncé des recrutements effectués, par le passé, sur la base de considérations politiques, sans réelle planification des besoins des services publics.

Pour corriger cette situation, la Fonction publique a lancé un vaste processus d’identification biométrique des agents de l’État. Contrairement aux opérations antérieures, les équipes se déploient directement dans les administrations centrales, provinciales et territoriales afin d’identifier les agents sur leurs lieux effectifs de service.

L’objectif est de disposer d’une cartographie fiable des effectifs, de leur localisation et des besoins réels des différentes administrations, tout en améliorant la maîtrise de la masse salariale.

Cette modernisation s’accompagne également de la numérisation des données relatives aux agents publics. Jean-Pierre Lihau a indiqué que les citoyens peuvent désormais consulter, à partir d’un smartphone, le portail de la Fonction publique afin de vérifier l’existence et la situation administrative d’un fonctionnaire à partir de son numéro matricule.

Cette initiative vise notamment à renforcer la transparence et à faciliter le contrôle de l’existence effective des agents recensés dans l’administration publique.

Près de 300 000 agents éligibles à la retraite recensés

Le processus d’identification biométrique a également permis, selon le ministre, de recenser près de 300 000 fonctionnaires éligibles à la retraite.

À ce jour, environ 20 000 agents ont effectivement quitté l’administration, contre seulement 923 départs enregistrés au cours des dix années précédant les réformes actuelles, selon les chiffres communiqués par Jean-Pierre Lihau.

Le vice-Premier ministre attribue notamment cette évolution à l’amélioration de la prise en charge des retraités grâce au système de sécurité sociale mis en place avec la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État (CNSSAP).

Il a affirmé que la couverture sociale concernée est passée de 566 000 à près de 1,6 million d’agents publics.

La réforme porte également sur la performance et la professionnalisation de l’administration. Désormais, le recrutement doit s’effectuer par voie de concours afin de sélectionner des profils correspondant aux besoins réels des services publics.

La formation constitue le deuxième axe de cette stratégie. La Fonction publique a ainsi développé plusieurs partenariats internationaux, notamment avec la Belgique à travers ENABEL, la France via l’Institut national du service public (INSP), mais également avec le Maroc, le Sénégal, la Suisse et le Canada.

Concernant l’École nationale d’administration (ENA), Jean-Pierre Lihau a réaffirmé sa volonté de renforcer l’autonomie de l’institution, de mettre fin au régime des exemptions et de consolider ses missions afin de garantir la pérennité des réformes administratives.

Rééquilibrer les effectifs entre Kinshasa et les provinces

Autre défi majeur identifié par le ministre : la répartition géographique des agents publics.

Jean-Pierre Lihau a indiqué que la RDC compte environ 17 fonctionnaires pour 1 000 habitants, contre une moyenne internationale estimée à 50 pour 1 000 habitants. Cette situation de sous-administration contraste toutefois avec une forte concentration des agents dans la capitale et les services centraux.

Plusieurs provinces connaissent ainsi un déficit important en personnel administratif, tandis que certains secteurs et certaines zones disposent d’effectifs plus importants que leurs besoins.

Le ministre a notamment évoqué les secteurs de la santé et de la justice, où des écarts de répartition peuvent être observés entre les différentes régions. La cartographie des effectifs doit permettre d’organiser progressivement leur redéploiement en fonction des besoins réels des administrations.

Sur le plan juridique et administratif, Jean-Pierre Lihau a également évoqué une réforme visant à encadrer davantage les affectations et les recrutements.

Désormais, les ministres, secrétaires généraux, directeurs et autres responsables administratifs ne peuvent affecter des personnes qui n’ont pas été préalablement admises sous statut. Le principe de la vacance préalable des postes est également consacré.

La conférence des effectifs doit désormais précéder la conférence budgétaire afin de permettre à chaque secteur d’identifier ses besoins réels en personnel avant toute programmation des recrutements.

Des sanctions contre les responsables impliqués dans les irrégularités

Jean-Pierre Lihau a par ailleurs annoncé la poursuite des sanctions contre les responsables impliqués dans des pratiques irrégulières.

Il a indiqué avoir déjà révoqué trois secrétaires généraux ainsi que seize directeurs et chefs de division, tout en affirmant sa détermination à poursuivre les mesures disciplinaires contre toute affectation ou tout recrutement effectué en violation du cadre légal.

La question de la bancarisation de la paie des fonctionnaires demeure également un chantier important, particulièrement dans les territoires où les banques commerciales sont peu présentes.

Le vice-Premier ministre a annoncé une nouvelle évaluation de la couverture bancaire afin d’actualiser les données sur l’accès aux services financiers à travers le pays.

Il a cité le cas du Maï-Ndombe, où l’accès aux services bancaires reste difficile, comme illustration des défis persistants.

La Fonction publique travaille ainsi avec les acteurs concernés pour renforcer notamment le rôle de la CADECO et développer le mobile banking, afin de rapprocher les agents publics de leurs banques payeuses sur l’ensemble du territoire national.

À travers ces différents chantiers, Jean-Pierre Lihau entend ainsi poursuivre la transformation de la Fonction publique congolaise autour de trois axes majeurs : la maîtrise des effectifs, la professionnalisation des agents et la modernisation de la gestion administrative, avec pour objectif affiché de construire une administration plus organisée, plus transparente et davantage adaptée aux besoins des citoyens.

 

ITK

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