Mercredi, 30 septembre 2026-Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a présenté le bilan de la première année d’action de son ministère, mettant en avant les avancées enregistrées dans la construction des fondations du secteur numérique en République démocratique du Congo. La digitalisation des services publics, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la gouvernance des données et le développement des compétences figurent parmi les principaux axes évoqués.
Selon le ministre, cette première année a été consacrée en priorité à la mise en place des bases nécessaires au développement d’un écosystème numérique cohérent. Il s’agit notamment de l’élaboration de la politique sectorielle, du renforcement du cadre institutionnel et réglementaire, ainsi que de la préparation de la stratégie nationale sur l’intelligence artificielle et de celle consacrée aux données.
La protection, la gestion et l’hébergement des données occupent également une place importante dans cette stratégie, avec l’ambition de renforcer la souveraineté numérique du pays.
Parmi les initiatives mises en avant figure le RDC Pass, présenté comme un outil d’identification et d’authentification sécurisée destiné à faciliter l’accès des citoyens aux services numériques.
Une première cohorte d’environ 50 jeunes a été sélectionnée à l’issue d’un processus ayant enregistré plus de 9 625 candidatures. À terme, le programme prévoit le déploiement de 10 000 kits à travers le pays. Les premiers accès sont annoncés à partir d’octobre 2026.
Le ministère entend ainsi contribuer à la mise en place d’un environnement numérique permettant aux citoyens d’accéder plus facilement aux services publics.
Dans cette dynamique s’inscrit également le Guichet numérique, institué par décret de la Première ministre. Cette plateforme doit progressivement regrouper les différents services numériques de l’État afin d’en faciliter l’accès à la population.
Vers une meilleure interopérabilité des plateformes de l’État
Sur la question de la coordination des plateformes numériques publiques, Augustin Kibassa Maliba a précisé que chaque ministère demeure responsable de ses propres services numériques.
Le ministère de l’Économie numérique intervient principalement dans la définition des normes, standards et règles d’interopérabilité, avec pour objectif de permettre aux différents systèmes informatiques de l’administration publique de communiquer entre eux.
Cette approche doit notamment favoriser une administration plus intégrée et préparer la mise en place de nouvelles infrastructures numériques, parmi lesquelles figure la perspective d’un cloud souverain.
La sécurité numérique constitue également l’un des principaux volets de l’action du ministère. Le dispositif repose notamment sur l’Agence nationale de certification électronique et les mécanismes nationaux de cybersécurité.
Une Agence nationale de cybersécurité a par ailleurs été créée par ordonnance présidentielle afin de renforcer la protection de l’espace numérique congolais.
Le ministre a reconnu que la RDC est déjà confrontée à des cyberattaques. Le Centre national de cybersécurité intervient sur certaines situations, tandis que la nouvelle agence doit contribuer à renforcer la coordination et les capacités nationales de défense dans le cyberespace.
Vulgarisation du Code du numérique
Le ministère travaille également à la vulgarisation du Code du numérique, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Environ 2 000 volontaires congolais sont mobilisés dans cette opération destinée à rapprocher le cadre juridique numérique des citoyens. Des actions de sensibilisation sont également menées auprès des magistrats afin de renforcer la compréhension et l’application des nouvelles dispositions dans le domaine numérique.
Le développement des compétences constitue un autre axe important de la stratégie gouvernementale. Le ministère prévoit notamment des formations avancées dans des domaines tels que l’ingénierie numérique, l’intelligence artificielle, la robotique et la cybersécurité.
Le projet d’une Académie numérique à vocation régionale est également envisagé. En parallèle, le gouvernement entend poursuivre l’accompagnement des startups et des PME actives dans le secteur numérique afin de favoriser l’émergence d’un écosystème local plus dynamique.
Télécommunications, économie numérique et climat : une approche transversale
La complémentarité entre les différents secteurs a également été évoquée.
Pour le ministre des Télécommunications, José Panda Kabangu, les télécommunications constituent les infrastructures et les « autoroutes » indispensables au développement du numérique.
De son côté, Augustin Kibassa Maliba a expliqué que l’Économie numérique s’appuie sur ces infrastructures pour développer les services numériques et assurer l’interconnexion des plateformes publiques, notamment dans la perspective d’un cloud souverain.
La ministre de la Nouvelle Économie du Climat, Arlette Bahati Tito, a pour sa part souligné le caractère transversal de son secteur. Elle a insisté sur la nécessité d’une collaboration entre les Télécommunications, le Numérique, les Finances, l’Économie, l’Énergie et les autres secteurs afin de développer notamment des plateformes environnementales et des mécanismes de financement climatique.
À travers ces différents chantiers, le ministère de l’Économie numérique entend poser les bases d’une transformation numérique capable de soutenir la modernisation de l’administration, la protection des données, le développement des compétences et l’émergence d’un écosystème numérique congolais.
ITK


