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Kongo Central : trois membres du personnel scientifique de l’ISC/Matadi sanctionnés pour des faits présumés de harcèlement sexuel et des irrégularités dans la gestion des cotes !

Mardi, 13 octobre 2026-Le harcèlement sexuel des étudiantes par certains membres du personnel enseignant demeure une préoccupation dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur et universitaire en République démocratique du Congo (RDC). Ce phénomène soulève des questions fondamentales concernant la protection des étudiantes, l’éthique professionnelle et l’efficacité des mécanismes mis en place pour prévenir et sanctionner les abus en milieu académique.

Le cas le plus récent signalé à Matadi concerne l’Institut supérieur de commerce (ISC/Matadi), où trois membres du personnel scientifique ont fait l’objet de sanctions disciplinaires pour des faits présumés de harcèlement sexuel, des manquements à l’obligation de dénonciation et des irrégularités liées à la gestion des cotes. Ces mesures auraient été prises par la Direction générale de l’établissement dans une décision datée du 9 octobre 2026.

Un chef de travaux suspendu de toutes ses fonctions

Selon la décision évoquée, le premier membre concerné est un chef de travaux dont nous taisons volontairement le nom par souci d’éthique professionnelle.

Il aurait été suspendu de l’ensemble de ses fonctions pour des faits présumés de harcèlement sexuel à répétition à l’égard d’une étudiante non autrement identifiée. Il lui est également reproché d’avoir manipulé des cotes lors des délibérations.

D’après les informations contenues dans la décision, le dossier de l’intéressé a été transmis à l’autorité de tutelle, à laquelle revient la responsabilité de statuer en dernier ressort.

Cette affaire remet au centre du débat la question des rapports entre enseignants et étudiantes, notamment lorsque les premiers disposent d’un pouvoir d’évaluation susceptible d’influencer le parcours académique des secondes.

Un assistant sanctionné pour omission de dénonciation

Le deuxième membre concerné est un assistant qui exerçait les fonctions de secrétaire du jury. Il lui est reproché de ne pas avoir signalé à la haute hiérarchie de l’ISC/Matadi les agissements présumés du chef de travaux suspendu.

Selon la décision disciplinaire, cette omission lui aurait valu la privation des cours et de la prime locale. Sa charge horaire lui aurait également été retirée pour l’ensemble du premier semestre de l’année académique 2026-2027.

En outre, il lui serait interdit de siéger dans un bureau de jury pendant deux années académiques consécutives.

Cette mesure met en évidence l’importance du devoir de vigilance et de signalement au sein des institutions universitaires, particulièrement lorsque des comportements susceptibles de porter atteinte à la dignité des étudiantes sont portés à la connaissance de membres du personnel.

Un blâme sévère pour le troisième membre

Le troisième membre du personnel scientifique concerné, qui faisait également partie du jury, aurait écopé d’un blâme sévère.

Il lui est reproché de n’avoir pas fait preuve de vigilance face au comportement attribué au président du jury, notamment en ce qui concerne la manipulation présumée des cotes.

Cette sanction soulève la question de la responsabilité des autres membres d’un jury dans la préservation de l’intégrité des délibérations et dans le respect des règles de déontologie universitaire.

À Matadi, plusieurs observateurs auraient accueilli favorablement les mesures disciplinaires prises par la Direction générale de l’ISC/Matadi. Ils y verraient un signal en faveur du respect de l’éthique professionnelle et de la lutte contre les abus en milieu universitaire.

Au-delà de ce dossier particulier, les faits rapportés relancent le débat sur le harcèlement sexuel dans les établissements d’enseignement supérieur et universitaire en RDC, ainsi que sur les mécanismes de prévention, de dénonciation et de sanction de ces pratiques.

Le phénomène des « points sexuellement transmissibles », expression couramment employée pour dénoncer les situations dans lesquelles l’octroi d’avantages académiques serait conditionné à des faveurs sexuelles, constitue une atteinte grave à l’équité, au mérite et à la dignité des étudiantes lorsqu’il est établi.

De telles pratiques, lorsqu’elles sont avérées, compromettent la confiance dans les institutions universitaires et portent préjudice aux étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études dans un environnement fondé sur le travail, la compétence et l’intégrité.

Elles soulèvent également des interrogations sur la qualité de la formation dispensée et sur la crédibilité des diplômes délivrés, même si ces questions doivent être examinées sur la base de faits vérifiables et d’évaluations objectives.

La nécessité de renforcer les mécanismes de protection

La lutte contre le harcèlement sexuel en milieu universitaire ne peut reposer uniquement sur des sanctions prononcées après la survenance des faits. Elle nécessite également des mesures préventives, notamment des mécanismes de signalement accessibles et confidentiels, la protection des personnes qui dénoncent les abus, des enquêtes impartiales et l’application effective des règles disciplinaires.

Les autorités de tutelle et les responsables des établissements d’enseignement supérieur ont, à cet égard, un rôle essentiel à jouer pour garantir un environnement académique sûr, respectueux de la dignité humaine et propice à la réussite des étudiants.

Il importe également que toute personne mise en cause bénéficie du respect de ses droits et des procédures prévues par les textes en vigueur, tandis que les faits dénoncés font l’objet d’un examen rigoureux.

L’affaire de l’ISC/Matadi constitue ainsi une occasion de remettre en lumière les exigences d’éthique, de responsabilité et de transparence qui doivent guider le fonctionnement des institutions universitaires en République démocratique du Congo.

L’objectif ultime reste de garantir aux étudiantes et aux étudiants un enseignement de qualité, dans un environnement où les résultats académiques reposent sur le mérite et où aucun abus de pouvoir ne saurait être toléré.

Dieudonné Muaka DIMBI

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