Lundi, 26 octobre 2026-Le compte à rebours politique est lancé autour de Marie-Thérèse Sombo. Après les conclusions accablantes d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion des quotités du minerval et des frais connexes, la contestation prend une nouvelle ampleur. À l’Assemblée nationale, les élus réclament son départ du gouvernement. Au sein de l’ESU, des agents saluent la démarche parlementaire et célèbrent déjà ce qu’ils considèrent comme la fin imminente de son règne à la tête du ministère.
Selon le député national André Mushongo Mashara, initiateur de la motion de défiance, 89 signatures avaient déjà été récoltées. Mais le dossier a depuis franchi un nouveau cap : le lundi 26 octobre 2026, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité des recommandations demandant à la Première ministre Judith Suminwa de mettre fin aux fonctions de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations (ESU-RSI).
La transmission officielle des résolutions à la cheffe du gouvernement était annoncée pour le mardi 27 octobre.
Le message politique est désormais sans ambiguïté : les députés veulent le départ de Marie-Thérèse Sombo. Reste à savoir quelle suite l’exécutif réservera à cette demande.
À l’ESU, des agents saluent la démarche des députés et anticipent l’après-Sombo
La contestation ne se limite plus aux couloirs du Palais du peuple. Au sein même du secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire, des agents accueillent favorablement l’initiative des élus nationaux et expriment leur satisfaction face à la perspective d’un changement à la tête du ministère.
Joint au téléphone par OKAPINEWS.NET, des élus nationaux estiment que la dynamique enclenchée est irréversible et que rien ne pourrait, selon eux, empêcher la fin du règne de Marie-Thérèse Sombo au ministère de l’ESU.
Cette détermination traduit la fermeté affichée par les parlementaires après l’examen des conclusions de la commission d’enquête. Elle reflète également le climat de tension qui entoure désormais la gestion du ministère.
Pour les agents qui saluent cette démarche, l’enjeu dépasse la seule personne de la ministre : il touche à la gouvernance administrative, à la transparence financière et au fonctionnement des différents services de l’ESU.
Toutefois, si le départ de la ministre est ouvertement réclamé par les députés, sa révocation effective reste subordonnée à la décision des autorités compétentes. Les déclarations des élus traduisent leur conviction politique, mais ne constituent pas en elles-mêmes un acte officiel de cessation de fonctions.
Le compte unique, principal point de rupture
Au cœur du dossier se trouve la centralisation des quotités du minerval et des frais connexes sur un compte bancaire unique géré par le cabinet ministériel.
Selon les éléments rapportés par la presse à partir du rapport parlementaire, ce mécanisme aurait bouleversé le circuit habituel de perception et de redistribution des recettes. Plusieurs structures bénéficiaires ont dénoncé des versements insuffisants, des retards ou l’absence de justificatifs permettant de retracer les montants collectés et reversés.
Le problème soulevé par les députés est fondamental : comment garantir que les sommes payées par les étudiants arrivent effectivement à leurs destinataires légitimes lorsque le circuit de redistribution est contesté ?
La commission recommande la suppression du compte unique et le paiement direct des quotités sur les comptes de chaque bénéficiaire. Elle insiste également sur le respect des attributions du secrétariat général, des conseils d’administration, des services spécialisés et des directions du ministère.
Ces recommandations visent à rétablir une chaîne de responsabilité financière dans laquelle chaque recette, chaque transfert et chaque bénéficiaire peuvent être identifiés et contrôlés.
Numérisation : le rôle de l’entourage ministériel questionné
Autre volet sensible : la gestion de la quotité destinée à la numérisation.
Selon le compte rendu de l’audition parlementaire, Marie-Thérèse Sombo aurait déclaré que ces frais avaient été gérés auparavant par sa fille, présentée comme membre de son cabinet, avant que leur gestion ne soit confiée au service compétent. La ministre aurait également reconnu avoir été induite en erreur par son cabinet au sujet de la mise en place du compte unique.
Ces éléments soulèvent des questions sur les responsabilités exercées au sein du cabinet, les procédures de contrôle et les conditions dans lesquelles les recettes ont été administrées.
Le lien familial ne suffit pas à établir une faute. En revanche, la gestion de fonds issus des paiements des étudiants exige des mandats clairement définis, des opérations documentées et des mécanismes de contrôle indépendants.
Les relevés bancaires, les pièces comptables et les preuves de rétrocession devront permettre de déterminer si les procédures ont été respectées et d’établir les responsabilités éventuelles.
Des bénéficiaires qui attendent toujours des explications
Le rapport parlementaire fait état de griefs concernant les rétrocessions destinées au secrétariat général, aux conseils d’administration des établissements, à l’Intendance générale et à d’autres services.
Le Fonds de promotion de l’éducation et de la formation (FPEF) figure également parmi les structures ayant exprimé des préoccupations au sujet de ses recettes et de son autonomie de gestion. Les conclusions rapportées par la presse font état de contestations relatives à la baisse de ses revenus et à la légalité du mécanisme de centralisation.
Les questions sont précises : quels montants ont été collectés ? Quelles sommes ont été reversées ? Quels bénéficiaires n’auraient pas perçu leurs quotités ? Quels documents permettent de justifier les opérations réalisées ?
Tant que ces interrogations ne reçoivent pas de réponses étayées, la controverse continuera d’alimenter les tensions entre le cabinet ministériel et les structures concernées.
Quatre quotités dans le viseur de la commission
Dans ses recommandations générales, la commission demande notamment la suppression de quatre catégories de quotités :
les quotités liées à la supervision de la commission des réformes ;
les quotités destinées à la numérisation ;
les quotités de suivi des réformes ;
les quotités liées à la division provinciale.
Elle préconise également le respect strict de la clé de répartition des quotités du minerval et des frais connexes, le renforcement du contrôle des effectifs des enseignants et des étudiants ainsi que la régularisation de la situation administrative du personnel.
Ces recommandations montrent que les députés entendent s’attaquer aux mécanismes de gestion contestés, au-delà du seul sort de la ministre.
Avec l’adoption unanime des recommandations demandant le départ de Marie-Thérèse Sombo, la Première ministre Judith Suminwa se retrouve désormais face à une demande politique formelle de l’Assemblée nationale.
Les députés ont exprimé leur position. Les agents qui saluent leur démarche attendent, eux aussi, une issue à cette crise. Les prochains actes de l’exécutif seront donc déterminants pour savoir si cette offensive parlementaire débouchera sur un changement effectif à la tête du ministère.
Le rapport parlementaire réclame par ailleurs des poursuites judiciaires contre les responsables présumés des irrégularités relevées. Là encore, les responsabilités individuelles devront être établies par les instances compétentes, sur la base des preuves disponibles.
La fin d’un règne annoncée, mais pas encore officiellement actée
À l’ESU, certains agents célèbrent déjà le départ qu’ils espèrent voir se concrétiser. Au Parlement, des élus affirment que la dynamique enclenchée ne peut plus être arrêtée.
Entre les recommandations adoptées, les interrogations sur la gestion des quotités et les attentes du personnel, la pression politique sur Marie-Thérèse Sombo a atteint un nouveau sommet.
Mais entre un départ réclamé et un départ officiellement acté, une étape institutionnelle demeure. La décision finale appartient aux autorités compétentes.
Une chose est certaine : la controverse autour des quotités a placé la gouvernance financière de l’ESU au centre du débat national. Le gouvernement est désormais attendu sur des réponses concrètes : clarification du circuit financier, justification des opérations contestées, rétablissement des mécanismes de contrôle et établissement des responsabilités éventuelles.
Pour les étudiants et les établissements, l’enjeu est de garantir que chaque somme payée soit traçable et affectée conformément aux règles applicables. Pour la ministre, c’est désormais une épreuve politique majeure. Pour la Première ministre, c’est un dossier qui appelle une réponse institutionnelle.
À l’ESU, le départ de Marie-Thérèse Sombo est déjà célébré par certains agents et présenté comme inéluctable par des élus joints au téléphone par OKAPINEWS.NET. Il reste maintenant à savoir quand et comment cette revendication politique se traduira, ou non, en décision officielle.
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